Avis de la Fnac :
Correspondance
Claude Debussy partage
avec Hector Berlioz le
privilège d’avoir fi guré sur
un billet de banque. Ces
deux génies de la musique
(Berlioz a inventé
l’orchestre moderne
au XIXe, Debussy a
révolutionné l’harmonie
au XXe) sont aussi
d’authentiques écrivains.
Si Berlioz écrit large,
épique, emphatique,
Debussy, lui, a le mot
économe. Grâce au travail
de fourmi du spécialiste
français de Debussy,
François Lesure, l’on sait à
quel point son oeuvre
épistolaire est écrite au
pistolet. Aidé de Denis
Herlin, Lesure compile
aujourd’hui toute sa
correspondance. Si l’on y
découvre des merveilles
de causticité – à propos de
Maeterlinck : « Il a eu des
allures de jeune fi lle à qui
on présente un futur
mari » –, le compositeur s’y
révèle secret, pensif et
délicat. Un Debussy intime
sous la plume duquel
renaît le Paris cosmopolite,
riche et brillant du début
du XXe siècle.
Epok, l'Hebdo de la Fnac.
Le Mot de l'éditeur :
Correspondance
Rares les compositeurs qui sont aussi des épistoliers. Avec Berlioz et Chabrier, Debussy, parmi les Français, est de ceux-là. Primesautier, volontiers caustique, il déploie, au fil de sa correspondance, comme dans son oeuvre musicale, une liberté que ne cessent d'affiner lectures et rencontres. Comme l'a souligné son ami Louis Laloy, Debussy a le sens des "expressions frappantes, cette surprise d'images justes, surtout ce sentiment profond de la musique, avoué en si peu de mots, mais si émus". Ce volume comprend plus de trois mille lettres et contrats, dont un peu plus de deux mille cinq cents lettres du compositeur. Parmi ses nombreux correspondants se détachent des musiciens, bien sûr - Ysaÿe, Messager, Caplet, Chausson, Dukas, Stravinsky, Varèse-, mais aussi des écrivains - Louÿs, Toulet, Segalen, D'Annunzio -, avec lesquels il entretint un commerce amical. On le découvre sous de multiples facettes : un musicien exigeant, un lecteur curieux et attentif, un ami fidèle et drôle, un père affectueux. Même s'il ne faut pas noircir une existence qui connut maints succès et satisfactions, l'intransigeante solitude de l'artiste apparaît aussi avec un relief accusé. Cette correspondance forme donc une attachante autobiographie en même temps qu'un tableau très personnel de la vie musicale parisienne autour de 1900, depuis les années symbolistes jusqu'à l'époque des Ballets russes.