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Ingres, je voudrais bien être ce révolutionnaire-là , En coédition avec le Louvre Stéphane Guégan
- Beau livre (poche). Paru en 02/2006
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Le Mot de l'éditeur : Ingres, je voudrais bien être ce révolutionnaire-là
Fin 1810, Ingres décide de ne pas rentrer: Paris continue à malmener ses envois au Salon – Œdipe et le Sphinx, Jupiter et Thétis –, alors que Rome est riche de perspectives plus heureuses: devenue française, elle accueille en nombre les compatriotes du peintre, fonctionnaires civils et militaires, où il va trouver plus d’un modèle. Dans ces portraits, Ingres affirme les principes qui régissent toute son œuvre: goût du détail et vérité expressive, mais aussi prééminence de la ligne et de l’arabesque, goût des déformations. En 1809, les Murat lui achètent sa Dormeuse, l’un de ses premiers nus où la volupté se livre sans frein ni pudeur. Mais Ingres a misé à tort sur le royaume de Naples. En 1815, Murat est fusillé, Napoléon muré à Sainte-Hélène. Prudemment, le peintre se tourne vers les Bourbons. Au Salon de 1814, son Henri IV reste cependant sans effet et les premières commandes royales tardent…
En 1824, le succès de son Vœu de Louis XIII l’encourage à regagner Paris. Nommé membre de l’Institut en 1825, Ingres prône la copie des antiques et le culte du dessin, se pose en défenseur de la tradition néoclassique. Mais son supposé triomphe parisien est bien fragile…
Face à la Mort de Sardanapale de Delacroix, l’une des œuvres les plus furieuses de la nouvelle école romantique qui enflamme le Salon de 1827, son Apothéose d’Homère n’en apparaît que plus dogmatique. Trop sage et froide pour les uns, suprêmement belle et orthodoxe pour les autres, la peinture d’Ingres est prise au piège d’un conflit qui la dépasse et fait oublier ce que ce classicisme a d’anormal et de corrosif. Avec sa nomination comme professeur à l’École des beaux-arts en 1829, Ingres sent cependant «l’heure de [son] indépendance enfin arrivée». On le redoute, on admire ses coups de gueule; il est devenu une autorité.
Mais, de nouveau critiqué pour son Martyre de saint Symphorien en 1834, il demande et obtient le poste de directeur de l’Académie de France à Rome. Rentré à Paris en 1841, il travaille pour Louis-Philippe et ses fils, devient le portraitiste de la gentry orléaniste… En 1848, Ingres assiste avec consternation à l’effondrement de la monarchie. À 68 ans, il aurait pu se retirer et jouir de sa gloire en solitaire… Mais la nouvelle République entendant réformer le monde des arts, comment rester à l’écart de l’histoire en cours?
Paradoxal gardien du temple, Ingres n’a cessé de lutter pour endiguer la boue des modernes, lui qui a contribué à cette révolution artistique, lui qu’on allait voir comme un modèle d’indiscipline, de Degas à Picasso, de Bacon à Cindy Sherman.
Fiche détaillée : Ingres, je voudrais bien être ce révolutionnaire-là
| Auteur | Stéphane Guégan |
|---|---|
| Editeur | Gallimard |
| Date de parution | 23/02/2006 |
| Collection | Decouvertes, numéro 485 |
| Format | 13cm x 18cm |
| ISBN | 2070308707 |
| EAN | 978-2070308705 |
| Illustration | Illustrations couleur |
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