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Multitude Michael Hardt, Antonio Negri
- Essai (poche). Paru en 10/2006
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«La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société...
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Le Mot de l'éditeur : Multitude
«La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société démocratique globale, ouverte et inclusive : il se donne les moyens de réaliser ce désir.» La possibilité de la démocratie est aujourd'hui assombrie et menacée par un état de guerre permanent et généralisé : la mondialisation offre le visage de l'«Empire» qui étend à l'échelle planétaire son réseau de hiérarchies et de divisions. Mais elle présente un autre visage : celui de la multitude, une multiplicité de mouvements et de sujets engagés dans un processus d'émancipation et de collaboration. Multitude est un ouvrage de philosophie politique. Son but principal, à la suite d'Empire, est d'élaborer les fondements théoriques sur lesquels un nouveau projet de démocratie peut se construire.
Michael Hardt est professeur associé de littérature à l'Université de Duke aux Etats-Unis. Antonio Negri, philosophe italien reconnu pour ses travaux sur Marx et Spinoza, est l'auteur de L'Anomalie sauvage : puissance et pouvoir chez Spinoza (PUF, 1982) et Le pouvoir constituant : essai sur les alternatives de la modernité (PUF, 1997).
Extrait du livre :
Ce livre fait suite à notre ouvrage précédent, Empire, qui portait sur la forme globale de la souveraineté contemporaine. Il s'agissait d'interpréter la tendance de l'ordre politique global en cours de formation, c'est-à-dire d'identifier à travers un vaste ensemble de processus contemporains l'émergence d'une nouvelle forme d'ordre global que nous appelons Empire. Notre point de départ consistait à reconnaître qu'on ne pouvait comprendre cet ordre en termes d'impérialisme, si l'on entend par là l'impérialisme tel qu'il était pratiqué par les puissances modernes, c'est-à-dire fondé essentiellement sur l'extension de la souveraineté de l'État-nation à un territoire étranger. La nouvelle forme de souveraineté qui s'affirme aujourd'hui se présente au contraire comme un «pouvoir en réseau», dont les éléments premiers ou les points nodaux sont les États-nations dominants, les institutions supranationales, ou encore les grandes entreprises capitalistes. Nous disons que ce pouvoir en réseau est «impérial» et non «impérialiste». Bien évidemment, les éléments qui constituent le réseau de l'Empire n'ont pas tous la même importance - au contraire, certains États-nations disposent d'un pouvoir gigantesque tandis que d'autres en sont pratiquement démunis, et cela reste vrai des multinationales ou des autres institutions qui forment ce réseau - mais, malgré ces inégalités, ils doivent coopérer afin de produire et de préserver l'ordre global avec toutes ses divisions et ses hiérarchies internes.
Le concept d'Empire s'inscrit ainsi en faux contre les débats qui font de l'unilatéralisme et du multilatéralisme, du proaméricanisme ou de l'antiaméricanisme les seules alternatives politiques globales. D'un côté, nous affirmions qu'aucun État-nation, pas même le plus puissant, pas même les États-Unis, n'était en mesure de «jouer perso» et d'assurer le maintien de l'ordre global sans la collaboration des autres principaux pouvoirs au sein du réseau de l'Empire. Mais par ailleurs, nous disions aussi que cet ordre contemporain ne repose pas sur une participation égale de tous, ou même d'une élite d'États-nations, comme dans le modèle de contrôle multilatéral placé sous l'autorité des Nations unies. L'ordre global qui est le nôtre se définit plutôt par des divisions profondes et des hiérarchies rigides, qu'elles soient régionales, nationales ou locales.
Extrait de l'introduction
Michael Hardt est professeur associé de littérature à l'Université de Duke aux Etats-Unis. Antonio Negri, philosophe italien reconnu pour ses travaux sur Marx et Spinoza, est l'auteur de L'Anomalie sauvage : puissance et pouvoir chez Spinoza (PUF, 1982) et Le pouvoir constituant : essai sur les alternatives de la modernité (PUF, 1997).
Extrait du livre :
Ce livre fait suite à notre ouvrage précédent, Empire, qui portait sur la forme globale de la souveraineté contemporaine. Il s'agissait d'interpréter la tendance de l'ordre politique global en cours de formation, c'est-à-dire d'identifier à travers un vaste ensemble de processus contemporains l'émergence d'une nouvelle forme d'ordre global que nous appelons Empire. Notre point de départ consistait à reconnaître qu'on ne pouvait comprendre cet ordre en termes d'impérialisme, si l'on entend par là l'impérialisme tel qu'il était pratiqué par les puissances modernes, c'est-à-dire fondé essentiellement sur l'extension de la souveraineté de l'État-nation à un territoire étranger. La nouvelle forme de souveraineté qui s'affirme aujourd'hui se présente au contraire comme un «pouvoir en réseau», dont les éléments premiers ou les points nodaux sont les États-nations dominants, les institutions supranationales, ou encore les grandes entreprises capitalistes. Nous disons que ce pouvoir en réseau est «impérial» et non «impérialiste». Bien évidemment, les éléments qui constituent le réseau de l'Empire n'ont pas tous la même importance - au contraire, certains États-nations disposent d'un pouvoir gigantesque tandis que d'autres en sont pratiquement démunis, et cela reste vrai des multinationales ou des autres institutions qui forment ce réseau - mais, malgré ces inégalités, ils doivent coopérer afin de produire et de préserver l'ordre global avec toutes ses divisions et ses hiérarchies internes.
Le concept d'Empire s'inscrit ainsi en faux contre les débats qui font de l'unilatéralisme et du multilatéralisme, du proaméricanisme ou de l'antiaméricanisme les seules alternatives politiques globales. D'un côté, nous affirmions qu'aucun État-nation, pas même le plus puissant, pas même les États-Unis, n'était en mesure de «jouer perso» et d'assurer le maintien de l'ordre global sans la collaboration des autres principaux pouvoirs au sein du réseau de l'Empire. Mais par ailleurs, nous disions aussi que cet ordre contemporain ne repose pas sur une participation égale de tous, ou même d'une élite d'États-nations, comme dans le modèle de contrôle multilatéral placé sous l'autorité des Nations unies. L'ordre global qui est le nôtre se définit plutôt par des divisions profondes et des hiérarchies rigides, qu'elles soient régionales, nationales ou locales.
Extrait de l'introduction
Fiche détaillée : Multitude
| Auteur | Michael Hardt, Antonio Negri |
|---|---|
| Editeur | 10/18 |
| Date de parution | octobre 2006 |
| Collection | 10/18 Faits Et Causes, numéro 3952 |
| Format | 11 cm x 18 cm |
| ISBN | 2264039558 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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