Les Houwelandt John von Düffel, Nicole Casanova (Traduction)

  • Roman (broché). Paru en 08/2006
  • Expédié sous 4 à 8 jours
Dans la famille Houwelandt il y a le père, et le père et puis encore le père. Jorge de Houwelandt, le patriarche a écrasé de sa froideur et de son autorité toute sa famille, son fils aîné Thomas, son petit-fils, Christian sans parler de ses filles qui sont quantité négligeable, tout comme Esther,...
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Avis de la Fnac : Les Houwelandt

Dans la famille Houwelandt il y a le père, et le père et puis encore le père. Jorge de Houwelandt, le patriarche a écrasé de sa froideur et de son autorité toute sa famille, son fils aîné Thomas, son petit-fils, Christian sans parler de ses filles qui sont quantité négligeable, tout comme Esther, son épouse dévouée. C'est pourtant elle, Esther qui va prendre une initiative spectaculaire : organiser une grande fête familiale pour célébrer les quatre-vingts ans de son mari. Jorge et Esther vivent en Espagne depuis plusieurs années, ayant confié le domaine familial plus ou moins décrépit dans le nord de l'Allemagne à Thomas, le fils aîné qui l'administre sans faire trop de zèle. C'est là dans la maison de famille que doit se tenir la fête et Esther pour vaquer aux divers préparatifs doit entreprendre seule un voyage en Allemagne. Le plus délicat est bien sûr de convaincre chaque Houwelandt de la nécessité d'une fête qui ne réjouit personne et à laquelle il n'est même pas certain que le vieil autocrate daigne en fin de compte participer.
Pourquoi Esther s'est-elle lancée dans une telle aventure ? Pour faire preuve, une fois dans sa vie, d'un peu d'autorité ? Pour tenter d'insuffler à la tribu des Houwelandt un semblant d'esprit de famille ? Elle arrivera du moins à mettre au jour des années de malentendus et de silence, tous les non-dits qu'une famille est capable d'élaborer au fil des générations et que l'auteur dissèque avec une profondeur psychologique confondante.

Né en 1966 à Göttingen, John von Düffel a grandi en Irlande, au Sud Dakota et dans diverses villes allemandes. Dramaturge et romancier, il a remporté un grand succès avec son premier roman "De l'eau" (Albin Michel 2001).
_________________________

Réunions de famille ? Quelquefois, il vaudrait mieux éviter. Esther voudrait fêter les 80 ans de son despotique mari. Avec cette célébration, elle rêve de resserrer des liens familiaux à jamais distendus à cause de la terrible austérité de Jorge. "Houwelandt" ne supporte plus rien. Sauf la mer, peut-être. Quittant les Baléares où le couple vit dans une étrange parenthèse bleue, Esther retrouve l’Allemagne (grise), lieu choisi pour les festivités. Elle y rejoint ses enfants aussi, qui tentent, bon an mal an, de survivre à leur draconienne éducation. Règlements de comptes en perspective. Avec une écriture qui allie une sobriété rare et une grande puissance d’évocation, Düffel joue avec les tensions et parle étonnamment de la difficulté de vivre. Réunions de famille ? Il était une fois un être détestable qui aurait pu se révéler simplement admirable.
Epok, l'Hebdo de la Fnac.

Le Mot de l'éditeur : Les Houwelandt

«Elle était là, elle le portait, le soulevait et l'enlevait hors du monde», Jorge ne supporte guère que la mer. A ses côtés, depuis soixante ans, Esther est compréhension, amour et dévouement, au point d'avoir accepté de quitter la demeure familiale du nord de l'Allemagne, enfants et petits-enfants, pour une «île de grès» du sud de l'Espagne. En lançant les préparatifs de la fête qu'elle veut donner pour les quatre-vingts ans de son mari, ce sont toutes les autres douleurs nées de la douleur physique et existentielle de Jorge qu'elle va réveiller en chaîne...

La narration progresse au rythme introspectif des quatre protagonistes principaux, Jorge, Esther, leur «premier-né», Thomas et le «premier-né du premier-né», Christian. La mère et la compagne de Christian, Beate et Ricarda, prendront aussi part à la tension dramatique qui embrasse tous les malentendus, les non-dits, les répétitions qui buttent sur les vieilles blessures jamais nettoyées, jamais cicatrisées. Le leitmotiv de cette dramaturgie se brode avec le discours que Thomas s'est engagé à écrire et à prononcer.

Telle Mrs Dalloway soignant chaque détail de sa fête, à défaut de trouver Une chambre à soi, Esther va renouer le fil de sa vie à elle, en laissant Jorge seul face à la mer et à son délire de maîtrise absolue, le temps d'un voyage au coeur de...son exercice maternel.

Sans céder à la complaisance des catastrophes annoncées, John von Düffel, en une écriture d'une qualité particulière, précise, sobre, d'une exceptionnelle solidité intérieure, fait triompher l'élan vital chez chacun des personnages, même chez Jorge qui trouvera in extremis la grâce d'aimer, la peur et le noir infini de l'eau enfin vaincus. Cette grâce a pour nom Dario et c'est la suite de l'histoire...


Né en 1966 à Göttingen, John von Düffel a grandi en Irlande, dans le Dakota du Sud et en Allemagne. Critique de théâtre et de cinéma, il est aujourd'hui traducteur et dramaturge. Il travaille actuellement en résidence au Thalia Theater de Hambourg. Son premier roman, De l'eau (Albin Michel, 2001) avait été couronné quand il est paru en Allemagne (1998) par plusieurs prix littéraires, dont le prestigieux prix Aspekte- Literatur et le Prix Mara-Cassens de Hambourg.

Extrait du livre :
JORGE.

La montagne n'était plus que soleil. La pente brillait plus vivement que le ciel, les sentiers devant Jorge n'étaient qu'un flamboiement, la lumière tremblait sous ses pas. Sans s'arrêter, il ôta le chapeau dont il s'était coiffé à cause de la chaleur de midi et il s'essuya le front de sa main nue. Il n'aimait pas les chapeaux, il ne voulait rien que du ciel libre au-dessus de sa tête, mais à deux heures et demie le soleil était encore tellement vertical que Jorge, bon gré mal gré, devait se résigner à mettre ce stupide morceau de raphia entre lui et Dieu.

Sans se laisser arrêter, il gravissait les sentiers poussiéreux et rocailleux, passant devant des murs à hauteur de hanches, en pierres sèches que cimentait seule l'ombre blottie dans leurs fissures. Depuis des années, plus aucun bétail ne paissait ici, pas même au printemps, quand l'eau de fonte des cimes imprégnait le sol calciné. La maigre verdure ne valait pas la peine de l'ascension. Comme courbés par la lumière, les rares arbres et buissons persévéraient et s'inclinaient dans leur ombre. Empruntant de croulantes terrasses à oliviers et des chemins tracés par les éboulis, Jorge escaladait un pays perdu, abandonné de l'homme, sans autre attrait que cette existence affirmée contre le sort contraire ; une terre qui, dans son aridité, semblait éternelle.

Aujourd'hui, il ne prit pas le chemin le plus court pour grimper vers la vieille finca avec la châsse entourée de murs, que dans le village on appelait seulement «la chapelle». Quelques centaines de mètres avant, il avait quitté le sentier pour remonter le lit du ruisseau enfoui entre des rochers éclatés et des failles du terrain. Jorge suivait d'aussi près que possible le cours de l'eau, même lorsque les gorges à travers lesquelles il serpentait devenaient si abruptes que son tracé disparaissait. Seuls, l'abondance de la végétation et le vert inhabituellement frais du feuillage permettaient de conclure, tout au fond, à la présence d'une veine d'eau.

Jorge voulait aller à la source.

Fiche détaillée : Les Houwelandt

Auteur John von Düffel
Traduction Nicole Casanova
Editeur Albin Michel
Date de parution 17/08/2006
Format 15cm x 23cm
ISBN 2226173390
EAN 978-2226173393
Illustration Pas d'illustrations
Nombre de pages 350

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