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Paris l'après-midi Philippe Vilain
- Roman (broché). Paru en 08/2006
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Philippe Vilain a un joli nom décrivain, qui peut lui permettre décrire de belles choses sans que celles-ci soient nécessairement gentilles. Dans
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En résumé : Paris l'après-midi
Un élégant et subtil récit sur une relation adultère entre un écrivain trentenaire et une femme mariée…
Avis de la Fnac : Paris l'après-midi
Philippe Vilain a un joli nom décrivain, qui peut lui permettre décrire de belles choses sans que celles-ci soient nécessairement gentilles. Dans Défense de Narcisse (2005), lauteur faisait lapologie de lécriture sur soi et de « lautofiction », source constante de découverte et dexploration. Dans Paris laprès-midi, le romancier sempare dun vieux thème littéraire, ladultère, et le revisite à sa manière, en disant « je »
à la place dun écrivain dune trentaine dannées « dallure étudiante ». Toutes ressemblances avec lauteur seraient-elles fortuites ? Difficile à dire, dautant que le livre, au seuil de ce quil a à nous raconter, est dédié à une certaine Princesse, qui nest personne dautre que lhéroïne de la fiction à venir.
Cette héroïne, qui sappelle en réalité Flore, et qui vient du Nord de lEurope, dun pays de marins et dune ville de poètes, est une belle fleur vénéneuse qui trompe son mari par ennui et qui va aider le narrateur à entrer dans sa post-histoire. Cest plutôt pratique car ça donne du recul sur soi et rend possibles analyses et bons mots, jetés comme si de rien nétait à la manière des moralistes français du XVIIe siècle. Exemple ? « Le problème du bonheur, cest quil faut le partager ». Narcisse, encore Alors autant demeurer un errant, autant promener un regard lucide sur cette éducation sentimentale avec une jolie femme rencontrée par hasard place du Châtelet, qui aime le luxe, le champagne et les voyages.
Un après-midi à Paris. Tout est permis, dans le désuvrement de lété.
Extrait du livre :
Pour elle, je modifiais mes habitudes, comme d'écrire tôt le matin ou de conserver mon téléphone portable ouvert pour me rendre disponible ; cela sans me préoccuper du désagrément que causait auprès des gens mon impolitesse, ni des jugements dont on m'accablait sûrement lorsque j'interrompais une discussion pour lui répondre. Je me disais que cette situation serait provisoire et que nous nous passerions bientôt de ces obligations. Mais je fais là semblant de me plaindre de fantaisies qui dérangeaient surtout mon entourage et animaient trop ma vie pour la contraindre encore. Sans rien justifier, mon bonheur me paraissait tout excuser. Elle partit en vacances pour Ibiza. De tous les mois d'août de ma vie, celui-ci me parut le plus ennuyeux. L'été, Paris semble une ville de province. Les quartiers déserts se figent sous le soleil. Il faut traverser les jardins publics ou aimer l'exotisme de Paris-plage pour trouver un peu d'animation. Les parfums oxydés, les palmiers importés, les silhouettes de bimbos près de la Seine verdâtre : la ville se perd dans un rêve absurde de vacances. Il y eut bien des catastrophes aériennes, la canicule, des incendies forestiers pour me faire croire à un été ordinaire, en vain : je pensais tout le temps à elle. L'amour n'est peut-être qu'une distraction au malheur des hommes. Ne faisant pas partie de son monde, j'essayais d'y entrer en lisant des auteurs de son pays et en écoutant ses chansons favorites. Mon occupation principale était de lui envoyer des textos et d'attendre ses réponses. Je passais de longues minutes à les interpréter, à me demander pourquoi elle avait mis trois points de suspension au lieu d'un point, pourquoi elle avait employé tel mot à la place d'un autre, pensant qu'elle-même n'aurait pas toujours su me l'expliquer. M'amusaient surtout ses questionnaires imitant ceux des magazines féminins («Aurai-je envie de te revoir en septembre ? A : Un peu ; B : Beaucoup ; C : Pas du tout». Il lui arrivait de répondre «C»), ses formules énigmatiques pareilles aux messages codés qu'un soldat prisonnier adresse à ses alliés en temps de guerre («Ibiza s'ennuie de Paris», «Même quand il pleut il fait beau !»). Je me disais parfois que nous nous étions rencontrés pour sortir ensemble de l'enfance.
Cette héroïne, qui sappelle en réalité Flore, et qui vient du Nord de lEurope, dun pays de marins et dune ville de poètes, est une belle fleur vénéneuse qui trompe son mari par ennui et qui va aider le narrateur à entrer dans sa post-histoire. Cest plutôt pratique car ça donne du recul sur soi et rend possibles analyses et bons mots, jetés comme si de rien nétait à la manière des moralistes français du XVIIe siècle. Exemple ? « Le problème du bonheur, cest quil faut le partager ». Narcisse, encore Alors autant demeurer un errant, autant promener un regard lucide sur cette éducation sentimentale avec une jolie femme rencontrée par hasard place du Châtelet, qui aime le luxe, le champagne et les voyages.
Un après-midi à Paris. Tout est permis, dans le désuvrement de lété.
Extrait du livre :
Pour elle, je modifiais mes habitudes, comme d'écrire tôt le matin ou de conserver mon téléphone portable ouvert pour me rendre disponible ; cela sans me préoccuper du désagrément que causait auprès des gens mon impolitesse, ni des jugements dont on m'accablait sûrement lorsque j'interrompais une discussion pour lui répondre. Je me disais que cette situation serait provisoire et que nous nous passerions bientôt de ces obligations. Mais je fais là semblant de me plaindre de fantaisies qui dérangeaient surtout mon entourage et animaient trop ma vie pour la contraindre encore. Sans rien justifier, mon bonheur me paraissait tout excuser. Elle partit en vacances pour Ibiza. De tous les mois d'août de ma vie, celui-ci me parut le plus ennuyeux. L'été, Paris semble une ville de province. Les quartiers déserts se figent sous le soleil. Il faut traverser les jardins publics ou aimer l'exotisme de Paris-plage pour trouver un peu d'animation. Les parfums oxydés, les palmiers importés, les silhouettes de bimbos près de la Seine verdâtre : la ville se perd dans un rêve absurde de vacances. Il y eut bien des catastrophes aériennes, la canicule, des incendies forestiers pour me faire croire à un été ordinaire, en vain : je pensais tout le temps à elle. L'amour n'est peut-être qu'une distraction au malheur des hommes. Ne faisant pas partie de son monde, j'essayais d'y entrer en lisant des auteurs de son pays et en écoutant ses chansons favorites. Mon occupation principale était de lui envoyer des textos et d'attendre ses réponses. Je passais de longues minutes à les interpréter, à me demander pourquoi elle avait mis trois points de suspension au lieu d'un point, pourquoi elle avait employé tel mot à la place d'un autre, pensant qu'elle-même n'aurait pas toujours su me l'expliquer. M'amusaient surtout ses questionnaires imitant ceux des magazines féminins («Aurai-je envie de te revoir en septembre ? A : Un peu ; B : Beaucoup ; C : Pas du tout». Il lui arrivait de répondre «C»), ses formules énigmatiques pareilles aux messages codés qu'un soldat prisonnier adresse à ses alliés en temps de guerre («Ibiza s'ennuie de Paris», «Même quand il pleut il fait beau !»). Je me disais parfois que nous nous étions rencontrés pour sortir ensemble de l'enfance.
Le Mot de l'éditeur : Paris l'après-midi
Paris, place du Châtelet, un après-midi d'été. Un homme aborde une femme, grande, mince, des lunettes de soleil dans les cheveux. Elle rayonne. Sa beauté s'impose comme une évidence. Ils deviennent amants, par jeu, sans bien savoir s'ils s'aiment. Pourtant, Flore Jensen est mariée, apparemment heureuse dans son couple. Avec cet amant-là, ce n'est plus son mari qu'elle trompe, c'est l'ennui. Ou une blessure plus profonde encore...
Paris l'après-midi a le charme d'un film de Truffaut et la finesse d'une maxime de Chamfort. Le roman d'un moraliste amoureux.
Philippe Vilain, trente-six ans, est l'auteur de plusieurs romans (dont L'Etreinte et L'Été à Dresde, Gallimard) et d'un essai (Défense de Narcisse, Grasset).
Extrait du livre :
Pour elle, je modifiais mes habitudes, comme d'écrire tôt le matin ou de conserver mon téléphone portable ouvert pour me rendre disponible ; cela sans me préoccuper du désagrément que causait auprès des gens mon impolitesse, ni des jugements dont on m'accablait sûrement lorsque j'interrompais une discussion pour lui répondre. Je me disais que cette situation serait provisoire et que nous nous passerions bientôt de ces obligations. Mais je fais là semblant de me plaindre de fantaisies qui dérangeaient surtout mon entourage et animaient trop ma vie pour la contraindre encore. Sans rien justifier, mon bonheur me paraissait tout excuser.
Elle partit en vacances pour Ibiza. De tous les mois d'août de ma vie, celui-ci me parut le plus ennuyeux. L'été, Paris semble une ville de province. Les quartiers déserts se figent sous le soleil. Il faut traverser les jardins publics ou aimer l'exotisme de Paris-plage pour trouver un peu d'animation. Les parfums oxydés, les palmiers importés, les silhouettes de bimbos près de la Seine verdâtre : la ville se perd dans un rêve absurde de vacances. Il y eut bien des catastrophes aériennes, la canicule, des incendies forestiers pour me faire croire à un été ordinaire, en vain : je pensais tout le temps à elle. L'amour n'est peut-être qu'une distraction au malheur des hommes.
Ne faisant pas partie de son monde, j'essayais d'y entrer en lisant des auteurs de son pays et en écoutant ses chansons favorites. Mon occupation principale était de lui envoyer des textos et d'attendre ses réponses. Je passais de longues minutes à les interpréter, à me demander pourquoi elle avait mis trois points de suspension au lieu d'un point, pourquoi elle avait employé tel mot à la place d'un autre, pensant qu'elle-même n'aurait pas toujours su me l'expliquer. M'amusaient surtout ses questionnaires imitant ceux des magazines féminins («Aurai-je envie de te revoir en septembre ? A : Un peu ; B : Beaucoup ; C : Pas du tout». Il lui arrivait de répondre «C»), ses formules énigmatiques pareilles aux messages codés qu'un soldat prisonnier adresse à ses alliés en temps de guerre («Ibiza s'ennuie de Paris», «Même quand il pleut il fait beau !»). Je me disais parfois que nous nous étions rencontrés pour sortir ensemble de l'enfance.
Paris l'après-midi a le charme d'un film de Truffaut et la finesse d'une maxime de Chamfort. Le roman d'un moraliste amoureux.
Philippe Vilain, trente-six ans, est l'auteur de plusieurs romans (dont L'Etreinte et L'Été à Dresde, Gallimard) et d'un essai (Défense de Narcisse, Grasset).
Extrait du livre :
Pour elle, je modifiais mes habitudes, comme d'écrire tôt le matin ou de conserver mon téléphone portable ouvert pour me rendre disponible ; cela sans me préoccuper du désagrément que causait auprès des gens mon impolitesse, ni des jugements dont on m'accablait sûrement lorsque j'interrompais une discussion pour lui répondre. Je me disais que cette situation serait provisoire et que nous nous passerions bientôt de ces obligations. Mais je fais là semblant de me plaindre de fantaisies qui dérangeaient surtout mon entourage et animaient trop ma vie pour la contraindre encore. Sans rien justifier, mon bonheur me paraissait tout excuser.
Elle partit en vacances pour Ibiza. De tous les mois d'août de ma vie, celui-ci me parut le plus ennuyeux. L'été, Paris semble une ville de province. Les quartiers déserts se figent sous le soleil. Il faut traverser les jardins publics ou aimer l'exotisme de Paris-plage pour trouver un peu d'animation. Les parfums oxydés, les palmiers importés, les silhouettes de bimbos près de la Seine verdâtre : la ville se perd dans un rêve absurde de vacances. Il y eut bien des catastrophes aériennes, la canicule, des incendies forestiers pour me faire croire à un été ordinaire, en vain : je pensais tout le temps à elle. L'amour n'est peut-être qu'une distraction au malheur des hommes.
Ne faisant pas partie de son monde, j'essayais d'y entrer en lisant des auteurs de son pays et en écoutant ses chansons favorites. Mon occupation principale était de lui envoyer des textos et d'attendre ses réponses. Je passais de longues minutes à les interpréter, à me demander pourquoi elle avait mis trois points de suspension au lieu d'un point, pourquoi elle avait employé tel mot à la place d'un autre, pensant qu'elle-même n'aurait pas toujours su me l'expliquer. M'amusaient surtout ses questionnaires imitant ceux des magazines féminins («Aurai-je envie de te revoir en septembre ? A : Un peu ; B : Beaucoup ; C : Pas du tout». Il lui arrivait de répondre «C»), ses formules énigmatiques pareilles aux messages codés qu'un soldat prisonnier adresse à ses alliés en temps de guerre («Ibiza s'ennuie de Paris», «Même quand il pleut il fait beau !»). Je me disais parfois que nous nous étions rencontrés pour sortir ensemble de l'enfance.
Fiche détaillée : Paris l'après-midi
| Auteur | Philippe Vilain |
|---|---|
| Editeur | Grasset |
| Date de parution | 24/08/2006 |
| Format | 13 cm x 21 cm |
| ISBN | 2246672813 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 162 |
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