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La joueuse d'échecs Bertina Henrichs
- Roman (broché). Paru en 09/2006
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Un jeu peut-il faire basculer la vie d'une femme ? Difficile de le croire. Dans l'île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n'a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d'un échiquier, n'y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans...
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Voici un roman subtil sur la métamorphose et l'émancipation d'une femme toute simple dès lors que la passion du jeu guide ses pas
Le Mot de l'éditeur : La joueuse d'échecs
Un jeu peut-il faire basculer la vie d'une femme ? Difficile de le croire. Dans l'île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n'a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d'un échiquier, n'y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans aspérités et sans folie, le plus vieux jeu du monde sera le début d'une aventure qui la mènera jusqu'à l'émancipation.
Bertina Henrichs, née à Francfort, vit en France depuis près de vingt ans. Elle est scénariste de documentaires et de fictions. La Joueuse d'échecs, son premier roman, qu'elle a écrit directement en français, a rencontré un franc succès en librairie et a remporté de nombreux prix de lecteurs. Il est aujourd'hui traduit dans six pays.
Extrait du livre :
Elle possédait une sorte de sagesse instinctive, acquise dans les innombrables chambres auxquelles elle avait rendu leur virginité. Les traces de la vie sous toutes ses formes étaient pudiquement effacées par elle. Éclaboussures de sang, de sperme, de vin, d'urine disparaissaient par ses sobres soins. Elle ne mettait pas de mots sur les choses qu'elle voyait ainsi apparaître et disparaître. Elle ne croyait pas sérieusement au pouvoir magique de renonciation, de l'évocation et de la spéculation. Pour elle, les termes, aussi précis fussent-ils, n'avaient jamais rien changé à l'ordre immuable du monde. Elle les considérait comme un passe-temps, tout au plus. À Naxos, les mots allaient et venaient avec les voyageurs et la mer dans un flux incessant.
Tôt, Eleni s'était faite à l'idée que rien ne lui appartenait en propre, ni les objets ni les êtres. Même Panis, son mari, appartenait autant à elle qu'aux hommes qu'il rencontrait au café, au trictrac et aux femmes qu'il désirait par-ci par-là. C'était la loi secrète des choses. Seuls les fous s'aventuraient à lutter contre le ressac de la mer, avait-elle coutume de penser.
Depuis la veille, la chambre 17 était occupée par un couple de Français. Eleni les avait vus arriver: des trentenaires joyeux, portant des vêtements colorés et exubérants.
En entrant dans la chambre inondée de soleil, elle sourit. Les gens du Nord ravis par la clarté du jour ne pensaient jamais à fermer les volets. Ils n'entretenaient aucun rapport étroit et suivi avec la chaleur. Durant leur séjour sur l'île, ils s'en gavaient, ce qui les laissait haletants dans le hall de l'hôtel, écrevisses hébétées mais heureuses. Certains poussaient leur enivrante adoration jusqu'à en perdre connaissance, transe sauvage plus proche des cultes obscurs que du monde policé dont ils étaient issus.
Eleni avait appris dès son plus jeune âge que l'astre lumineux n'était pas un dieu plaisantin, mais bel et bien maître de vie et de mort, tels la mer et les récifs, le destin et la fatalité.
Après un rapide coup d'oeil destiné à évaluer la quantité de travail, elle se dirigea vers la salle de bains.
Bertina Henrichs, née à Francfort, vit en France depuis près de vingt ans. Elle est scénariste de documentaires et de fictions. La Joueuse d'échecs, son premier roman, qu'elle a écrit directement en français, a rencontré un franc succès en librairie et a remporté de nombreux prix de lecteurs. Il est aujourd'hui traduit dans six pays.
Extrait du livre :
Elle possédait une sorte de sagesse instinctive, acquise dans les innombrables chambres auxquelles elle avait rendu leur virginité. Les traces de la vie sous toutes ses formes étaient pudiquement effacées par elle. Éclaboussures de sang, de sperme, de vin, d'urine disparaissaient par ses sobres soins. Elle ne mettait pas de mots sur les choses qu'elle voyait ainsi apparaître et disparaître. Elle ne croyait pas sérieusement au pouvoir magique de renonciation, de l'évocation et de la spéculation. Pour elle, les termes, aussi précis fussent-ils, n'avaient jamais rien changé à l'ordre immuable du monde. Elle les considérait comme un passe-temps, tout au plus. À Naxos, les mots allaient et venaient avec les voyageurs et la mer dans un flux incessant.
Tôt, Eleni s'était faite à l'idée que rien ne lui appartenait en propre, ni les objets ni les êtres. Même Panis, son mari, appartenait autant à elle qu'aux hommes qu'il rencontrait au café, au trictrac et aux femmes qu'il désirait par-ci par-là. C'était la loi secrète des choses. Seuls les fous s'aventuraient à lutter contre le ressac de la mer, avait-elle coutume de penser.
Depuis la veille, la chambre 17 était occupée par un couple de Français. Eleni les avait vus arriver: des trentenaires joyeux, portant des vêtements colorés et exubérants.
En entrant dans la chambre inondée de soleil, elle sourit. Les gens du Nord ravis par la clarté du jour ne pensaient jamais à fermer les volets. Ils n'entretenaient aucun rapport étroit et suivi avec la chaleur. Durant leur séjour sur l'île, ils s'en gavaient, ce qui les laissait haletants dans le hall de l'hôtel, écrevisses hébétées mais heureuses. Certains poussaient leur enivrante adoration jusqu'à en perdre connaissance, transe sauvage plus proche des cultes obscurs que du monde policé dont ils étaient issus.
Eleni avait appris dès son plus jeune âge que l'astre lumineux n'était pas un dieu plaisantin, mais bel et bien maître de vie et de mort, tels la mer et les récifs, le destin et la fatalité.
Après un rapide coup d'oeil destiné à évaluer la quantité de travail, elle se dirigea vers la salle de bains.
Fiche détaillée : La joueuse d'échecs
| Auteur | Bertina Henrichs |
|---|---|
| Editeur | Liana Levi |
| Date de parution | 07/09/2006 |
| Collection | Piccolo |
| Format | 12 cm x 18 cm |
| ISBN | 2867464196 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 224 |
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