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Tête-à-tête, un pacte d'amour , Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre H. Rowley
- Essai (broché). Paru en 09/2006
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On ne naît pas Simone de Beauvoir et Jean-Pau ! Sartre : on le devient.
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Le Mot de l'éditeur : Tête-à-tête, un pacte d'amour
On ne naît pas Simone de Beauvoir et Jean-Pau ! Sartre : on le devient.
Et si l'on croyait tout savoir sur eux, c'était mal les connaître...
Ils avaient la passion de la vérité, en politique, en littérature, en amour. Ils s'étaient juré de tout se dire et de ne jamais rien voiler au public. Et pourtant. Ils ont encore bien des secrets à nous livrer... De la Sorbonne au Flore, des lycées de province aux Temps modernes, du Paris des années zazou aux nuits blanches de Saint-Pétersbourg, du Chicago de Nelson Algren aux villégiatures romaines - sans oublier la ronde enivrante des amours «contingentes» - cette radiographie intime d'un couple de légende nous fait vivre, au jour le jour, un «pacte» singulier. Hazel Rowley dépoussière les images figées de la postérité et, nombreux témoignages et documents inédits à l'appui, révèle ces deux personnages exceptionnels comme on ne les avait jamais vus : un Sartre farceur et retors, complexe et plus séducteur que jamais. Et une Beauvoir non moins séductrice, émouvante et fragile, aussi belle et romantique que farouchement indépendante. Et si leur aventure intellectuelle n'avait été, d'abord, qu'une grande aventure amoureuse...
Née à Londres, Nazel Rowley a longtemps vécu et enseigné en Australie. Installée aujourd'hui à New York, elle est l'auteur de deux biographies (sur Christina Stead et Richard Wright) gui lui ont valu de nombreuses récompenses dont le National Book Award australien.
Extrait du livre :
MILLE NEUF CENT VINGT-NEUF
Jean-Paul Sartre s'intéressait à elle depuis plusieurs mois. A vingt et un ans, elle était la plus jeune étudiante de la Sorbonne cette année-là à préparer l'agrégation de philosophie. Elle avait fait un exposé en classe sur Leibniz, et Sartre avait été frappé par sa beauté et son intelligence, sa voix rauque et son débit saccadé.
René Maheu, un ami de Sartre, la courtisait depuis le printemps. Il était marié, mais lui et Simone de Beauvoir semblaient très épris l'un de l'autre. Ils allaient tous deux à la Bibliothèque nationale réviser pour le concours, travaillaient côte à côte et déjeunaient souvent ensemble. Sartre espérait que Maheu ferait les présentations, mais ce dernier la tenait sous bonne garde. Un après-midi, alors qu'ils se promenaient dans le jardin du Luxembourg, les deux jeunes gens aperçurent Mlle de Beauvoir de l'autre côté du bassin. Elle était seule; elle les avait manifestement vus, mais Maheu préféra l'ignorer plutôt que de la présenter à Sartre.
Au début du mois de mai, elle disparut. Une semaine plus tard environ, Sartre et Maheu étaient assis sur un rebord de fenêtre devant le grand amphithéâtre, dans l'un de ces longs couloirs labyrinthiques de la Sorbonne, lorsqu'elle apparut, vêtue d'une robe noire et coiffée d'un petit chapeau noir entouré de crêpe. Maheu se leva pour la rejoindre, lui prit la main avec ardeur et lui demanda pourquoi elle était en deuil, mais il ne la présenta pas à son ami.
Sartre prit alors l'initiative. Pendant les cours magistraux à périr d'ennui, lui et ses amis s'amusaient à dessiner des croquis humoristiques, lesquels faisaient état, sans grande délicatesse, de ce qu'ils pensaient de certains philosophes et de leur philosophie. Il en choisit un parmi les plus irrévérencieux, l'annota : «A Mlle Simone de Beauvoir, en souvenir d'une explication de Leibniz», et Maheu, sur l'insistance de son ami, passa le petit mot à la jeune fille.
Et si l'on croyait tout savoir sur eux, c'était mal les connaître...
Ils avaient la passion de la vérité, en politique, en littérature, en amour. Ils s'étaient juré de tout se dire et de ne jamais rien voiler au public. Et pourtant. Ils ont encore bien des secrets à nous livrer... De la Sorbonne au Flore, des lycées de province aux Temps modernes, du Paris des années zazou aux nuits blanches de Saint-Pétersbourg, du Chicago de Nelson Algren aux villégiatures romaines - sans oublier la ronde enivrante des amours «contingentes» - cette radiographie intime d'un couple de légende nous fait vivre, au jour le jour, un «pacte» singulier. Hazel Rowley dépoussière les images figées de la postérité et, nombreux témoignages et documents inédits à l'appui, révèle ces deux personnages exceptionnels comme on ne les avait jamais vus : un Sartre farceur et retors, complexe et plus séducteur que jamais. Et une Beauvoir non moins séductrice, émouvante et fragile, aussi belle et romantique que farouchement indépendante. Et si leur aventure intellectuelle n'avait été, d'abord, qu'une grande aventure amoureuse...
Née à Londres, Nazel Rowley a longtemps vécu et enseigné en Australie. Installée aujourd'hui à New York, elle est l'auteur de deux biographies (sur Christina Stead et Richard Wright) gui lui ont valu de nombreuses récompenses dont le National Book Award australien.
Extrait du livre :
MILLE NEUF CENT VINGT-NEUF
Jean-Paul Sartre s'intéressait à elle depuis plusieurs mois. A vingt et un ans, elle était la plus jeune étudiante de la Sorbonne cette année-là à préparer l'agrégation de philosophie. Elle avait fait un exposé en classe sur Leibniz, et Sartre avait été frappé par sa beauté et son intelligence, sa voix rauque et son débit saccadé.
René Maheu, un ami de Sartre, la courtisait depuis le printemps. Il était marié, mais lui et Simone de Beauvoir semblaient très épris l'un de l'autre. Ils allaient tous deux à la Bibliothèque nationale réviser pour le concours, travaillaient côte à côte et déjeunaient souvent ensemble. Sartre espérait que Maheu ferait les présentations, mais ce dernier la tenait sous bonne garde. Un après-midi, alors qu'ils se promenaient dans le jardin du Luxembourg, les deux jeunes gens aperçurent Mlle de Beauvoir de l'autre côté du bassin. Elle était seule; elle les avait manifestement vus, mais Maheu préféra l'ignorer plutôt que de la présenter à Sartre.
Au début du mois de mai, elle disparut. Une semaine plus tard environ, Sartre et Maheu étaient assis sur un rebord de fenêtre devant le grand amphithéâtre, dans l'un de ces longs couloirs labyrinthiques de la Sorbonne, lorsqu'elle apparut, vêtue d'une robe noire et coiffée d'un petit chapeau noir entouré de crêpe. Maheu se leva pour la rejoindre, lui prit la main avec ardeur et lui demanda pourquoi elle était en deuil, mais il ne la présenta pas à son ami.
Sartre prit alors l'initiative. Pendant les cours magistraux à périr d'ennui, lui et ses amis s'amusaient à dessiner des croquis humoristiques, lesquels faisaient état, sans grande délicatesse, de ce qu'ils pensaient de certains philosophes et de leur philosophie. Il en choisit un parmi les plus irrévérencieux, l'annota : «A Mlle Simone de Beauvoir, en souvenir d'une explication de Leibniz», et Maheu, sur l'insistance de son ami, passa le petit mot à la jeune fille.












