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Clémentine Autain, la jeunesse au pouvoir Anne Delabre
- Biographie (broché). Paru en 11/2006
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«Je mesure mes handicaps : je suis jeune, je suis une femme et je suis blonde»
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Le Mot de l'éditeur : Clémentine Autain, la jeunesse au pouvoir
«Je mesure mes handicaps : je suis jeune, je suis une femme et je suis blonde»
CLEMENTINE AUTAIN
«Si j'étais un écrivain intéressé par la psychologie humaine, sa biographie serait très intéressante. Tout en étant extrêmement murée, elle se livre assez facilement, involontairement. Comme une muraille de froideur, pleine de brèches pas très apparentes, mais profondes. Dotée d'une détermination farouche, elle est très désintéressée, très «au service de». Avec une foi qui peut apparaître comme du fanatisme, très pur et assez irritant. Mais le mouvement du coeur est volontiers corrigé par celui de la raison.»
PHILIPPE TESSON
Elle incarne la relève dans un monde politique de plus en plus coupé des réalités. A 33 ans, Clémentine Autain, l'adjointe à la Jeunesse du maire de Paris, Bertrand Delanoë, est la porte-parole d'une jeunesse en révolte. Féministe, militante des droits des homosexuels et citoyenne engagée, elle est l'une des figures de proue de la gauche française.
Mais qui est vraiment Clémentine Autain ? Derrière une image de «bobo» au visage angélique, on découvre pour la première fois une personnalité complexe, dont l'enfance et la jeunesse ont été jalonnés de drames, qu'elle évoque pour la première fois dans ce livre.
À 33 ans, Clémentine Autain est la nouvelle figure montante du paysage politique français. Adjointe à la jeunesse à la Mairie de Paris, apparentée PC, elle est la porte-parole d'une jeunesse en révolte. Personnalité médiatique, engagée pour le «Non» au référendum sur la Constitution européenne, commentatrice avisée des émeutes de banlieue, elle comprend mieux que personne le décalage qui existe entre les élus et la jeunesse.
Au-delà de ses idées, Clémentine Autain incarne une nouvelle génération engagée en politique : celle des trentenaires. Que signifie pour eux l'engagement politique ? Quels sont leurs idéaux ? Comment les concilier avec une gestion politique au quotidien ? Clémentine Autain répond sans fard à ces questions en revisitant son parcours personnel. Elle parle de son enfance et des drames qui l'ont jalonnée et l'ont poussée à agir. Elle se dévoile comme jamais elle ne l'a fait auparavant.
Extrait du livre :
C'est le 26 mai 1973 que Clémentine naît dans une clinique de Saint-Cloud, près de Paris. Son père assiste à l'accouchement. Il est fou de joie, tout comme sa maman. Lui s'appelle Yvan Autain. Il a 27 ans. Elle, c'est Dominique Laffin. Elle va avoir 21 ans. Yvan est une figure déjà connue du monde du spectacle, Dominique pas encore. Car, chose rare dans le monde politique, Clémentine Autain n'est pas la fille d'un ministre, ni d'un député, ni d'un militaire, ni même d'un haut fonctionnaire. Elle grandit dans un foyer d'artistes, à la bohème encore marquée par la grande récréation de Mai 1968. Yvan et Dominique se sont rencontrés en musique. A l'été 1971, leurs regards se croisent du côté de Saint-Germain. A la Galerie 55, haut lieu du cabaret parisien de l'époque, qui a vu débuter Jean Yanne. Yvan, cheveux longs qui couvrent les épaules, guitare en bandoulière, pousse la chansonnette. Son expérience est encore balbutiante. Deux ans auparavant, tout en effectuant son service militaire, il a remporté un prix au Relais de la chanson française, un concours organisé par le quotidien L'Humanité, avec une chanson plutôt rigolote, "La Méduse". Il a également à son actif deux "super-45 tours", enregistrés sous son nom de scène, Yvan Dautin. Il a ajouté un "D" à son patronyme à la demande de sa maison de disques. Parce que ça sonnait mieux. Mais il a refusé de troquer son prénom pour celui de Yves !
Ce soir de l'été 1971 est important. Yvan enregistre son premier disque en public, qui sortira en octobre sous le titre Je n'suis pas sorti de la cuisse de Jupiter. Un copain de régiment vient assister au concert avec son frère, lui-même en compagnie d'une jolie môme, tout juste bachelière.
«Quand elle m'a vu, elle m'a dit : "Vous devriez faire du théâtre", alors que je venais de chanter pendant une heure !», se souvient Yvan. Entre eux, c'est le coup de foudre. Il la trouve «fraîche et joyeuse, avec un petit côté Marilyn». S'ensuivent trois années de bohème, entrecoupées par la naissance d'une fille qui, si elle n'est pas du tout attendue - sa mère pensait être stérile -, est immédiatement désirée. «Nous étions comme les amoureux de Peynet, raconte l'ex-jeune papa. Dominique, enceinte, faisait de l'auto-stop pour me rejoindre quand j'étais en tournée».
L'univers musical d'Yvan ? Influencé par Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Brel ou encore Bobby Lapointe. Yvan est un habile manieur de mots, en apparence léger, mais souvent très mordant. Il enchaîne les galas un peu partout en France, quand il ne chante pas dans des cabarets parisiens comme La Tête de l'Art près du Palais-Royal - où il assure la première partie de Barbara avec Pierre Vassiliu en 1972 - ou encore L'Ecluse à Saint-Michel, dont il fait la fermeture en 1974. De son côté, Dominique, qui n'a passé que quelques jours à la faculté, enchaîne les petits boulots : jeune fille au pair, fleuriste ou encore vendeuse de lunettes sur les terrasses des cafés... Mais au bout d'un moment, n'être que "la femme de l'artiste" ne lui convient plus. Elle aussi a besoin de se réaliser et elle entend bien brûler les planches. Elle veut être comédienne. Yvan ne le supporte pas. C'est la rupture. Dominique part en emmenant Clémentine, âgée seulement d'un an et demi.
CLEMENTINE AUTAIN
«Si j'étais un écrivain intéressé par la psychologie humaine, sa biographie serait très intéressante. Tout en étant extrêmement murée, elle se livre assez facilement, involontairement. Comme une muraille de froideur, pleine de brèches pas très apparentes, mais profondes. Dotée d'une détermination farouche, elle est très désintéressée, très «au service de». Avec une foi qui peut apparaître comme du fanatisme, très pur et assez irritant. Mais le mouvement du coeur est volontiers corrigé par celui de la raison.»
PHILIPPE TESSON
Elle incarne la relève dans un monde politique de plus en plus coupé des réalités. A 33 ans, Clémentine Autain, l'adjointe à la Jeunesse du maire de Paris, Bertrand Delanoë, est la porte-parole d'une jeunesse en révolte. Féministe, militante des droits des homosexuels et citoyenne engagée, elle est l'une des figures de proue de la gauche française.
Mais qui est vraiment Clémentine Autain ? Derrière une image de «bobo» au visage angélique, on découvre pour la première fois une personnalité complexe, dont l'enfance et la jeunesse ont été jalonnés de drames, qu'elle évoque pour la première fois dans ce livre.
À 33 ans, Clémentine Autain est la nouvelle figure montante du paysage politique français. Adjointe à la jeunesse à la Mairie de Paris, apparentée PC, elle est la porte-parole d'une jeunesse en révolte. Personnalité médiatique, engagée pour le «Non» au référendum sur la Constitution européenne, commentatrice avisée des émeutes de banlieue, elle comprend mieux que personne le décalage qui existe entre les élus et la jeunesse.
Au-delà de ses idées, Clémentine Autain incarne une nouvelle génération engagée en politique : celle des trentenaires. Que signifie pour eux l'engagement politique ? Quels sont leurs idéaux ? Comment les concilier avec une gestion politique au quotidien ? Clémentine Autain répond sans fard à ces questions en revisitant son parcours personnel. Elle parle de son enfance et des drames qui l'ont jalonnée et l'ont poussée à agir. Elle se dévoile comme jamais elle ne l'a fait auparavant.
Extrait du livre :
C'est le 26 mai 1973 que Clémentine naît dans une clinique de Saint-Cloud, près de Paris. Son père assiste à l'accouchement. Il est fou de joie, tout comme sa maman. Lui s'appelle Yvan Autain. Il a 27 ans. Elle, c'est Dominique Laffin. Elle va avoir 21 ans. Yvan est une figure déjà connue du monde du spectacle, Dominique pas encore. Car, chose rare dans le monde politique, Clémentine Autain n'est pas la fille d'un ministre, ni d'un député, ni d'un militaire, ni même d'un haut fonctionnaire. Elle grandit dans un foyer d'artistes, à la bohème encore marquée par la grande récréation de Mai 1968. Yvan et Dominique se sont rencontrés en musique. A l'été 1971, leurs regards se croisent du côté de Saint-Germain. A la Galerie 55, haut lieu du cabaret parisien de l'époque, qui a vu débuter Jean Yanne. Yvan, cheveux longs qui couvrent les épaules, guitare en bandoulière, pousse la chansonnette. Son expérience est encore balbutiante. Deux ans auparavant, tout en effectuant son service militaire, il a remporté un prix au Relais de la chanson française, un concours organisé par le quotidien L'Humanité, avec une chanson plutôt rigolote, "La Méduse". Il a également à son actif deux "super-45 tours", enregistrés sous son nom de scène, Yvan Dautin. Il a ajouté un "D" à son patronyme à la demande de sa maison de disques. Parce que ça sonnait mieux. Mais il a refusé de troquer son prénom pour celui de Yves !
Ce soir de l'été 1971 est important. Yvan enregistre son premier disque en public, qui sortira en octobre sous le titre Je n'suis pas sorti de la cuisse de Jupiter. Un copain de régiment vient assister au concert avec son frère, lui-même en compagnie d'une jolie môme, tout juste bachelière.
«Quand elle m'a vu, elle m'a dit : "Vous devriez faire du théâtre", alors que je venais de chanter pendant une heure !», se souvient Yvan. Entre eux, c'est le coup de foudre. Il la trouve «fraîche et joyeuse, avec un petit côté Marilyn». S'ensuivent trois années de bohème, entrecoupées par la naissance d'une fille qui, si elle n'est pas du tout attendue - sa mère pensait être stérile -, est immédiatement désirée. «Nous étions comme les amoureux de Peynet, raconte l'ex-jeune papa. Dominique, enceinte, faisait de l'auto-stop pour me rejoindre quand j'étais en tournée».
L'univers musical d'Yvan ? Influencé par Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Brel ou encore Bobby Lapointe. Yvan est un habile manieur de mots, en apparence léger, mais souvent très mordant. Il enchaîne les galas un peu partout en France, quand il ne chante pas dans des cabarets parisiens comme La Tête de l'Art près du Palais-Royal - où il assure la première partie de Barbara avec Pierre Vassiliu en 1972 - ou encore L'Ecluse à Saint-Michel, dont il fait la fermeture en 1974. De son côté, Dominique, qui n'a passé que quelques jours à la faculté, enchaîne les petits boulots : jeune fille au pair, fleuriste ou encore vendeuse de lunettes sur les terrasses des cafés... Mais au bout d'un moment, n'être que "la femme de l'artiste" ne lui convient plus. Elle aussi a besoin de se réaliser et elle entend bien brûler les planches. Elle veut être comédienne. Yvan ne le supporte pas. C'est la rupture. Dominique part en emmenant Clémentine, âgée seulement d'un an et demi.
Fiche détaillée : Clémentine Autain, la jeunesse au pouvoir
| Auteur | Anne Delabre |
|---|---|
| Editeur | Danger Public |
| Date de parution | 02/11/2006 |
| Collection | Vies Rebelles |
| ISBN | 235123118X |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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