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La préhistoire du capital , Le devenir-monde du capitalisme Alain Bihr

  • Essai (broché). Paru en 10/2006
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Selon une légende tenace, inventée et mise en forme par le libéralisme dès le XVIIIe siècle, le capitalisme serait né de la seule extension des rapports marchands et monétaires, tenus eux-mêmes comme le prolongement de «l'économie naturelle». Légende colportée, sciemment ou à leur insu, par des...
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Le Mot de l'éditeur : La préhistoire du capital

Selon une légende tenace, inventée et mise en forme par le libéralisme dès le XVIIIe siècle, le capitalisme serait né de la seule extension des rapports marchands et monétaires, tenus eux-mêmes comme le prolongement de «l'économie naturelle». Légende colportée, sciemment ou à leur insu, par des générations d'économistes, d'historiens et de sociologues.
Alain Bihr sape cette légende, en revenant sur le long et tortueux cheminement à travers lequel s'est formé le capital, ce rapport de production si singulier qui donne naissance au capitalisme. En prenant appui sur l'esquisse par Marx d'une triple lignée historique - distinguant les sociétés «asiatiques», les sociétés antiques méditerranéennes et les sociétés européennes médiévales - l'auteur cherche à comprendre pourquoi ce n'est qu'au sein du féodalisme, européen mais aussi japonais, que ce rapport de production a pu voir le jour et entamer son développement, jusqu'à se mettre en état de partir à la conquête du restant du monde. Cela conduit Alain Bihr à souligner la part décisive qu'y ont pris les processus politiques, au premier rang desquels figurent évidemment les luttes de classes, mais aussi l'édification des embryons d'Etats modernes.
A l'heure où le capitalisme semble triompher mondialement, où il a en tout cas achevé sa course historique en s'emparant de la planète entière, ressaisir l'ensemble de sa trajectoire, ses grandes étapes et ses grandes pulsations, réévaluer aussi le prix payé par l'ensemble des sociétés humaines à ce devenir-monde du capitalisme, n'est pas un luxe inutile. C'est un détour nécessaire pour qui veut comprendre le monde actuel, ses fractures et ses contradictions, les menaces mais aussi les possibilités qu'il recèle. Cela dans le but de le transformer dans le sens de l'émancipation de l'humanité des fers capitalistes qui l'asservissent et l'avilissent.

Alain BIHR est professeur de sociologie à l'Université de Franche-Comté. Il a notamment publié, aux Editions Page deux, L'actualité d'un archaïsme (1998), Le crépuscule des Etats-nations (2000) et La reproduction du capital (2001).

Extrait du livre :
La mondialisation ne date pas d'hier

Le premier de ces trois présupposés, qui est aussi le plus naïf, n'en constitue pas moins le plus répandu. Il se retrouve non seulement dans les innombrables articles de périodiques et essais grand public consacrés à «la mondialisation», mais encore dans bon nombre d'analyses (économiques, politiques, sociologiques) de nature plus académique. Il tient dans l'affirmation que «la mondialisation» daterait des années 1970, au mieux des années 1960; alors qu'en fait, ce qu'on nomme habituellement mondialisation n'est jamais que la dernière phase en date d'un processus déjà vieux de cinq bons siècles.
Certes, il n'est pas question de nier le tournant qui s'est amorcé au cours de ces deux décennies. Ce fut tout d'abord, pendant les années 1960, l'émergence des fameuses 'firmes multinationales, entreprises géantes capables d'opérer sur le marché mondial et d'y déployer des stratégies cohérentes de mise en valeur de leurs capitaux, localisant leurs filiales dans les différents Etats en fonction de leurs objectifs de conquête des marchés ou des opportunités d'exploitation de forces de travail qu'ils offraient. Purs produits d'un fordisme triomphant mais éprouvant déjà certaines de ses limites, tant du côté du procès de production que du côté du procès de circulation, ces firmes multinationales vont accentuer leur internationalisation lorsque, dans le fil des années 1970, la crise du fordisme devient manifeste et officielle, de manière à minorer autant que possible ses effets en ce qui les concerne du moins. Leur concentration croissante, doublée d'un vigoureux mouvement de centralisation (par fusion ou absorption), devait ainsi aboutir à reconstituer au niveau mondial, dans la plupart des branches industrielles, les structures oligopolistiques qui avaient déjà caractérisé le développement capitaliste dans ses formes fordistes au niveau national à partir des années 1930.
L'ensemble de ce processus de redéploiement des capitaux industriels concentrés et centralisés sur le plan mondial s'est aussi trouvé favorisé par les politiques de libéralisation des mouvements de capitaux dans lesquelles, à la suite de Thatcher au Royaume-Uni et de Reagan aux Etats-Unis, la totalité des gouvernements des Etats capitalistes centraux vont se lancer à partir du début des années 1980. Tandis que, de leur côté, le FMI et la Banque mondiale allaient imposer ces mêmes politiques néo-libérales à un nombre sans cesse croissant d'Etats semi-périphériques ou périphériques, au fur et à mesure où leur endettement les plaçait sous leur tutelle ou les contraignaient à faire appel à eux, pour leur malheur.

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Anonyme
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France, 23/08/2007
Très bonne analyse, totalement à contre courant !
Une analyse précise, détaillée et argumentée permettant d'envisager de façon beaucoup plus libre les évolutions sociales à venir !
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Fiche détaillée : La préhistoire du capital

Auteur Alain Bihr
Editeur Page 2
Date de parution octobre 2006
Format 15cm x 24cm
ISBN 2940189366
EAN 978-2940189366
Illustration Pas d'illustrations
Nombre de pages 460

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