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Marcel Duchamp J. Housez
- Biographie (broché). Paru en 01/2007
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Que sait-on, au juste, du très étrange Marcel Duchamp ? Et quels furent la vie et le projet de cet homme dont l'ombre facétieuse plane sur toute l'histoire de l'art contemporain ? De l'" Anartiste " qui inventa le " ready-made ", qui signa une pissotière en 1917, ou qui ajouta moustache et barbiche...
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| BORDEAUX
"Marcel Duchamp est considéré aujourd'hui comme l'un des ""créateurs"" de l'art contemporain, notamment grâce à l'invention des ready-made. Cette biographie retrace le parcours de ce génie des arts du XXe siècle"
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| MONTPARNASSE
Biographie remarquable de Marcel Duchamp, l'inventeur de notre modernité. L'existence romanesque et libertine d'un homme qui est devenu la figure majeure de l'art contemporain
Le Mot de l'éditeur : Marcel Duchamp
Que sait-on, au juste, du très étrange Marcel Duchamp ? Et quels furent la vie et le projet de cet homme dont l'ombre facétieuse plane sur toute l'histoire de l'art contemporain ? De l'" Anartiste " qui inventa le " ready-made ", qui signa une pissotière en 1917, ou qui ajouta moustache et barbiche à la Joconde, André Breton affirmait qu'il était " l'homme le plus intelligent du vingtième siècle ".
Phare du surréalisme, correspondant du dadaïsme à New York, Duchamp exerça également son influence décisive sur Picabia et Man Ray. Ajoutons, enfin, que des artistes aussi différents que Jasper Johns, Robert Rauschenberg, John Cage ou surtout Andy Warhol, le tinrent pour leur maître absolu... Pourtant, l'oeuvre de Marcel Duchamp demeure énigmatique. Plus cérébrale que virtuelle, située " au-delà " du goût ou de la délectation esthétique, propice par nature au scandale et au malentendu, elle demeure la manifestation la plus radicale d'un esprit en liberté.
Et, entre la France et l'Amérique, la liberté de Marcel Duchamp tissa des liens dont l'entrelacs restait, à ce jour, inexploré. Avec cette première biographie d'envergure - la première publiée en français - le mythe Duchamp est enfin disséqué avec minutie. Et sa biographe défriche allègrement l'existence romanesque, " nietzschéenne " et libertine d'un homme, né en 1887, qui connut sa gloire américaine à l'âge de 28 ans, et qui inventa rien de moins que notre modernité.
Stratégies, hasards, ruses, anecdotes, rencontres, succès, provocations - voici la vraie vie de l'" Anartiste ". Et le fascinant destin de celui qui est devenu, contre vents et marées, la figure tutélaire de l'art contemporain.
Judith Housez est née en 1970. Cette biographie est son premier livre.
Extrait du livre :
Le moment était venu pour Marcel d'éprouver son premier choc affectif. Si Suzanne peignait aussi, ses parents ne l'avaient pas laissée rejoindre Paris après son baccalauréat. Dans cette famille bourgeoise, il n'était pas question qu'une fille vive seule avant son mariage, ou qu'elle puisse être exposée à la bohème de Montmartre. Elle avait été brillamment admise aux Beaux-Arts de Rouen : ses ambitions avaient été plus modestes que celles de Marcel, mais elle avait réussi. Ses aquarelles commençaient à se vendre. Alors qu'elle vivait à Rouen en famille, elle s'éprit du pharmacien de la rue des Carmes, Charles Desmares, dont les parents étaient amis avec les siens. On sait très peu de choses de lui. Suzanne l'épousa à Rouen, en l'église Saint-Jean-Baptiste, au mois d'août 1911. Sa pharmacie, avec sa vitrine remplie de gros flacons de liquides colorés, fut bombardée en 1944. Marcel «l'antisocial», comme il se définira lui-même à propos de cette période, fut peut-être déçu par la décision de sa soeur. A quoi bon ces discussions qu'il avait eues avec elle, parfois en présence de leur tante Julia, sur la liberté de l'artiste, sur le refus de l'embourgeoisement ? Le rite du passage, des changements de statut, jamais facile à assumer pour les membres d'une famille, fut une épreuve particulièrement difficile pour lui, et il prit conscience, à l'occasion de cet événement, que rien n'était définitif, que les liens entre les personnes n'étaient jamais figés. Avec le mariage de sa soeur, Marcel crut perdre son alter ego, mais il gagna une mariée, pour toujours. «A toi ma chère Suzanne.» En cadeau, il offrit à sa soeur - et à elle seulement, ce qui n'est pas une marque de sympathie à l'égard de son beau-frère - la petite version de Jeune homme et jeune fille dans le printemps, deux figures très étirées et un peu androgynes qui tendent leurs bras vers les fruits d'un arbre, dont on peut penser qu'elles furent inspirées par une oeuvre surprenante de Rodin, que Marcel connaissait sans doute, L'Eternel Printemps, une sculpture de deux amoureux aux corps également étirés, qui se rejoignent dans la joie. Le jardin d'Eden n'était pas loin. Le Symbolisme non plus, et comme dans les tableaux du gothique international, il y avait là un petit récit, dont les temps différents coexistaient : au loin, dans un cercle noir un petit enfant dansait, et les lobes d'un coeur traversaient la toile. Cette oeuvre exprimait un bonheur particulier.
Phare du surréalisme, correspondant du dadaïsme à New York, Duchamp exerça également son influence décisive sur Picabia et Man Ray. Ajoutons, enfin, que des artistes aussi différents que Jasper Johns, Robert Rauschenberg, John Cage ou surtout Andy Warhol, le tinrent pour leur maître absolu... Pourtant, l'oeuvre de Marcel Duchamp demeure énigmatique. Plus cérébrale que virtuelle, située " au-delà " du goût ou de la délectation esthétique, propice par nature au scandale et au malentendu, elle demeure la manifestation la plus radicale d'un esprit en liberté.
Et, entre la France et l'Amérique, la liberté de Marcel Duchamp tissa des liens dont l'entrelacs restait, à ce jour, inexploré. Avec cette première biographie d'envergure - la première publiée en français - le mythe Duchamp est enfin disséqué avec minutie. Et sa biographe défriche allègrement l'existence romanesque, " nietzschéenne " et libertine d'un homme, né en 1887, qui connut sa gloire américaine à l'âge de 28 ans, et qui inventa rien de moins que notre modernité.
Stratégies, hasards, ruses, anecdotes, rencontres, succès, provocations - voici la vraie vie de l'" Anartiste ". Et le fascinant destin de celui qui est devenu, contre vents et marées, la figure tutélaire de l'art contemporain.
Judith Housez est née en 1970. Cette biographie est son premier livre.
Extrait du livre :
Le moment était venu pour Marcel d'éprouver son premier choc affectif. Si Suzanne peignait aussi, ses parents ne l'avaient pas laissée rejoindre Paris après son baccalauréat. Dans cette famille bourgeoise, il n'était pas question qu'une fille vive seule avant son mariage, ou qu'elle puisse être exposée à la bohème de Montmartre. Elle avait été brillamment admise aux Beaux-Arts de Rouen : ses ambitions avaient été plus modestes que celles de Marcel, mais elle avait réussi. Ses aquarelles commençaient à se vendre. Alors qu'elle vivait à Rouen en famille, elle s'éprit du pharmacien de la rue des Carmes, Charles Desmares, dont les parents étaient amis avec les siens. On sait très peu de choses de lui. Suzanne l'épousa à Rouen, en l'église Saint-Jean-Baptiste, au mois d'août 1911. Sa pharmacie, avec sa vitrine remplie de gros flacons de liquides colorés, fut bombardée en 1944. Marcel «l'antisocial», comme il se définira lui-même à propos de cette période, fut peut-être déçu par la décision de sa soeur. A quoi bon ces discussions qu'il avait eues avec elle, parfois en présence de leur tante Julia, sur la liberté de l'artiste, sur le refus de l'embourgeoisement ? Le rite du passage, des changements de statut, jamais facile à assumer pour les membres d'une famille, fut une épreuve particulièrement difficile pour lui, et il prit conscience, à l'occasion de cet événement, que rien n'était définitif, que les liens entre les personnes n'étaient jamais figés. Avec le mariage de sa soeur, Marcel crut perdre son alter ego, mais il gagna une mariée, pour toujours. «A toi ma chère Suzanne.» En cadeau, il offrit à sa soeur - et à elle seulement, ce qui n'est pas une marque de sympathie à l'égard de son beau-frère - la petite version de Jeune homme et jeune fille dans le printemps, deux figures très étirées et un peu androgynes qui tendent leurs bras vers les fruits d'un arbre, dont on peut penser qu'elles furent inspirées par une oeuvre surprenante de Rodin, que Marcel connaissait sans doute, L'Eternel Printemps, une sculpture de deux amoureux aux corps également étirés, qui se rejoignent dans la joie. Le jardin d'Eden n'était pas loin. Le Symbolisme non plus, et comme dans les tableaux du gothique international, il y avait là un petit récit, dont les temps différents coexistaient : au loin, dans un cercle noir un petit enfant dansait, et les lobes d'un coeur traversaient la toile. Cette oeuvre exprimait un bonheur particulier.
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