Le paradis d'en face Paul M. Marchand

  • Roman (broché). Paru en 01/2007
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«Au début, je n 'y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j'ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée et a demandé d'une voix forte : "Nicolas, c'est toi ? " J'ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j...
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En résumé : Le paradis d'en face

« Au début, je n y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s est penchée à moitié et a demandé d une voix forte : « Nicolas, c est toi ? » J ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j étais seul sur le bord de cette rue, pas même une ébauche de profil. » Chaque jour, quand Thomas rentre chez lui, la même scène se produit : au bruit du moteur, une voix féminine, surgie de l immeuble voisin, l appelle, avec un mélange de surprise, d excitation et de soulagement : « Nicolas, c est toi ? ». Un soir, intrigué, attendri peut-être, Thomas finit par répondre à cette inconnue qui le prend pour un autre. Il pénètre alors dans la vie d une vieille femme solitaire, et découvre très vite qu elle a, dix ans auparavant, perdu son fils unique, Nicolas, victime d un accident de moto. Ce jour-là, le temps s est brutalement arrêté ; il n a, depuis, jamais repris son cours. Pour Marguerite, dont l existence n est plus que dans l illusion d un souvenir vivant, Thomas accepte de devenir Nicolas. Entre le jeune homme et la petite dame, Harold et Maud d aujourd hui, débute ainsi une singulière histoire d amour, née d un malentendu dont, au fond, ni l un ni l autre n est dupe : il suffit juste d y croire Lyrique et malicieux, tendre et cru, Paul Marchand fait le portrait émouvant de la vieillesse solitaire. A travers le roman d une complicité singulière, dans le style inventif qu on lui connaît, il donne aussi des mots au drame qui, dans notre langue, n en a pas : la perte d un enfant. Après l inceste qui faisait l objet de son précédent roman, c est encore, d une autre manière, sur nos douleurs et nos tabous qu il se penche.

Le Mot de l'éditeur : Le paradis d'en face

«Au début, je n 'y ai pas vraiment prêté attention. La première fois que j'ai garé la moto près du numéro huit de la rue Girardon, elle a ouvert sa fenêtre, au cinquième étage, s'est penchée et a demandé d'une voix forte : "Nicolas, c'est toi ? " J'ai levé la tête et regardé tout autour de moi, j'étais seul sur le bord de cette rue, pas même une ébauche de profil.»
Un soir, Thomas répond à cette inconnue qui le prend pour un autre : il découvre qu'elle a perdu son fils unique, Nicolas, dix ans auparavant ; ce jour-là, le temps s'est brutalement arrêté.
Pour Marguerite, Thomas accepte de devenir Nicolas. Entre le jeune homme trop sensible et la petite dame malicieuse commence ainsi une singulière histoire, née d'un malentendu dont, au fond, ni l'un ni l'autre n'est dupe : il suffit juste d'y croire...

Paul M. Marchand est l'auteur de trois romans : Sympathie pour le diable (Florent Massot, 1998), Ceux qui vont mourir (Grasset, 2001), J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger (Grasset, 2003).

Extrait du livre :
Je venais d'arriver à Paris. Je découvrais que cette grande ville était peuplée de provinciaux en exil. Autour de moi, tout le monde venait de quelque part, moi j'arrivais de Genève, c'était ailleurs et plus loin, pas vraiment hexagonal, une frontière à traverser pour un même fuseau horaire. Dans les petites annonces, un appartement était à louer rue Girardon, à Montmartre. Céline y avait vécu. Cela devait être une bonne adresse. J'ai bien cherché une plaque au numéro quatre, ausculté son ancien immeuble, rien. Pas d'indice, aucune mémoire. Le silence et la désaffection. J'habitais au numéro huit de cette rue. Les touristes y étaient peu nombreux, quelques littéraires parfois qui levaient le nez vers le toit pour tenter d'apercevoir le coin de ciel où oeuvrait le génial auteur. Lorsque je croisais un de ces érudits sentimentaux, je lui disais que l'amnésie était collective et très sélective, un peu comme une vertu esthétique, qu'il n'y avait rien à voir mais tout à deviner et que ce n'était pas plus mal ainsi; Céline était bien trop grand pour tenir sur une plaque de marbre.
Je collectionnais les complications, les correspondances et la promiscuité, alors de piéton je me suis transformé en moto­risé et rapide, furtif entre les voitures, sans éclat et toujours dans le raisonnable, soucieux des convenances et du code. Une cylindrée moyenne de couleur rouge. Une occasion révisée et abordable. Le port du casque était désagréable à cause de ma coupe en brosse, mais ma notion du temps se trouvait abrégée. Je parcourais la ville sans encombrer les sous-sols. Sur la moto, en trajectoires directes ou en bifurcations, défilait toute l'histoire de France : les bâtiments, les magnificences, les figures illustres, les obscurs et les oubliés, c'était distrayant, forcément instructif. Ce fut grâce, ou à cause de cette moto, que je me prénommai Nicolas pendant près d'un an, moi dont l'état civil certifie pourtant que je m'appelle Thomas.

Fiche détaillée : Le paradis d'en face

Auteur Paul M. Marchand
Editeur Grasset
Date de parution 31/01/2007
Format 13cm x 18cm
ISBN 224663931X
EAN 978-2246639312
Illustration Pas d'illustrations
Nombre de pages 180

Droits numériques : Le paradis d'en face

FormatePub
EditeurGrasset
Date de parution31/01/2007
Type de DRMAdobe DRM
Droit d'impressionNon autorisé
Droit de Copier/CollerNon autorisé

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