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La tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives
Philippe Delerm
- Roman (broché). Paru en 01/2007
- En Stock
Il y a ces petits bouts de souvenirs qui remontent soudainement à la surface... ces plaisirs fugaces qu'on croyait envolés... La nostalgie au bout de la ligne, mais aussi le présent des mouvements, l'arabesque du dribble, la grâce du patineur, l'élégance de la phrase...
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Le Mot de l'éditeur : La tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives
Il y a ces petits bouts de souvenirs qui remontent soudainement à la surface... ces plaisirs fugaces qu'on croyait envolés... La nostalgie au bout de la ligne, mais aussi le présent des mouvements, l'arabesque du dribble, la grâce du patineur, l'élégance de la phrase...
Il y a le sourire radieux de Colette Besson, la main de Platini dans celle de Battiston, le casque d'or de Jean-Pierre Rives, les estocades de Zidane...
Philippe Delerm saisit au vol tous ces gestes qui sont le sport, comme des évidences de joie et de souffrance entremêlées.
Ces voluptés sportives, madeleines éparpillées aux quatre coins des stades qui nous font vivre, revivre ces instants d'émotion.
Extrait du livre :
LÉGENDE AUX TUILERIES
(...) D'autres aspects de sa vie intervenaient sur la fin du récit : sa participation à la guerre, dans l'aviation je crois, et aussi toute une vie mondaine, qui m'étonnait : on le voyait au côté de Douglas Fairbanks ou de Charlie Chaplin. Les succès féminins n'étaient pas évoqués, mais on les devinait sans peine. Carpentier était beau, d'une beauté d'époque, la raie pas tout à fait au milieu, les cheveux soigneusement lissés. Il portait le smoking avec un naturel étonnant pour un enfant du peuple ; bref, il avait changé de monde, et dans le second, il semblait une sorte de chouchou. Je l'imaginais dansant le charleston avec une star de cinéma très fine, au long collier, à la coiffure un rien garçonne.
Et puis en 1970 un jour je l'ai revu, aux Tuileries.
Pas difficile de le reconnaître : on le voyait souvent dans les journaux, parfois à la télé. Un vieux monsieur tout seul en pardessus, mains dans les poches, qui en fin d'après-midi fait sa petite promenade hygiénique. Je l'ai suivi. Il a traversé la rue de Rivoli, s'est engagé dans la rue du Marché Saint-Honoré. Je suis revenu aux Tuileries plusieurs soirs à la même heure, et presque à chaque fois j'ai retrouvé la même silhouette très droite. La même distinction. La même solitude. La rumeur de Paris me semblait comme un vertigineux silence, si loin de la foule de Carpentier-Dempsey. En France, à l'époque, tout le monde avait attendu le résultat du match. Personne en apparence n'attendait plus le vieux monsieur qui empruntait à petits pas la rue du Marché Saint-Honoré. Je restais à distance. Surtout ne pas effaroucher l'écho d'une légende. Je n'ai pas retrouvé mon livre vert.
Il y a le sourire radieux de Colette Besson, la main de Platini dans celle de Battiston, le casque d'or de Jean-Pierre Rives, les estocades de Zidane...
Philippe Delerm saisit au vol tous ces gestes qui sont le sport, comme des évidences de joie et de souffrance entremêlées.
Ces voluptés sportives, madeleines éparpillées aux quatre coins des stades qui nous font vivre, revivre ces instants d'émotion.
Extrait du livre :
LÉGENDE AUX TUILERIES
(...) D'autres aspects de sa vie intervenaient sur la fin du récit : sa participation à la guerre, dans l'aviation je crois, et aussi toute une vie mondaine, qui m'étonnait : on le voyait au côté de Douglas Fairbanks ou de Charlie Chaplin. Les succès féminins n'étaient pas évoqués, mais on les devinait sans peine. Carpentier était beau, d'une beauté d'époque, la raie pas tout à fait au milieu, les cheveux soigneusement lissés. Il portait le smoking avec un naturel étonnant pour un enfant du peuple ; bref, il avait changé de monde, et dans le second, il semblait une sorte de chouchou. Je l'imaginais dansant le charleston avec une star de cinéma très fine, au long collier, à la coiffure un rien garçonne.
Et puis en 1970 un jour je l'ai revu, aux Tuileries.
Pas difficile de le reconnaître : on le voyait souvent dans les journaux, parfois à la télé. Un vieux monsieur tout seul en pardessus, mains dans les poches, qui en fin d'après-midi fait sa petite promenade hygiénique. Je l'ai suivi. Il a traversé la rue de Rivoli, s'est engagé dans la rue du Marché Saint-Honoré. Je suis revenu aux Tuileries plusieurs soirs à la même heure, et presque à chaque fois j'ai retrouvé la même silhouette très droite. La même distinction. La même solitude. La rumeur de Paris me semblait comme un vertigineux silence, si loin de la foule de Carpentier-Dempsey. En France, à l'époque, tout le monde avait attendu le résultat du match. Personne en apparence n'attendait plus le vieux monsieur qui empruntait à petits pas la rue du Marché Saint-Honoré. Je restais à distance. Surtout ne pas effaroucher l'écho d'une légende. Je n'ai pas retrouvé mon livre vert.
Fiche détaillée : La tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives
| Auteur | Philippe Delerm |
|---|---|
| Editeur | Du Panama |
| Date de parution | janvier 2007 |
| Collection | Littérature Francaise |
| ISBN | 275570215X |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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