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Tout ce que les chirurgiens ne peuvent pas vous dire Rémy Salmon
- Essai (broché). Paru en 02/2007
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En juin 2000, Rémy Salmon a été victime d'un accident de moto au cours duquel il a été temporairement paralysé des membres inférieurs. Il a suivi avec son regard de chirurgien les différentes étapes de son parcours d'accidenté : l'intervention du Samu, l'admission à l'hôpital, les opérations qu'il...
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Le Mot de l'éditeur : Tout ce que les chirurgiens ne peuvent pas vous dire
En juin 2000, Rémy Salmon a été victime d'un accident de moto au cours duquel il a été temporairement paralysé des membres inférieurs. Il a suivi avec son regard de chirurgien les différentes étapes de son parcours d'accidenté : l'intervention du Samu, l'admission à l'hôpital, les opérations qu'il a dû subir, l'hospitalisation - avec son cortège de maux grands et petits -, puis la période de rééducation et la récupération progressive de son activité professionnelle. S'il n'est pas un patient «comme les autres» par sa connaissance de l'hôpital en tant que praticien, son passage involontaire de l'autre côté du miroir lui a montré que sa profession ne le protégeait pas de ce qui arrive à ses propres patients. D'où sa réflexion sur les difficultés de communication entre soignants et soignés et, de façon plus générale, sur l'exercice de la médecine.
Un témoignage qui aborde, entre autres thèmes, la nécessité du second avis médical, certains dysfonctionnements des services hospitaliers, le risque de dépression... Le Dr Salmon explique aussi que le patient doit effectuer lui-même un travail de restructuration, que le médecin ne peut faire à sa place. Un livre qui nous concerne tous.
Le Dr Rémy Salmon dirige le département de chirurgie de l'Institut Curie, à Paris.
Il est spécialiste du cancer depuis plus de vingt-cinq ans.
Extrait du livre :
L'accident
Ce soir-là, à 19 h 22 très précisément, ma moto a heurté de front une voiture qui effectuait un demi-tour sur une grande artère parisienne en franchissant deux lignes continues. En une fraction de seconde, l'homme valide que j'étais s'est transformé en accidenté de la route.
Le processus habituel s'est enclenché aussitôt : embouteillage, cris, agitation, Police secours, Samu, transfert vers les urgences de l'hôpital de secteur voisin. Comme d'autres personnes accidentées l'ont déjà décrit, je ressentais à ce moment-là un dédoublement : j'étais à la fois celui qui subit l'événement et celui qui assiste en spectateur au ramassage du blessé sur la voie publique. La panique m'a saisi : mes deux membres inférieurs ne bougeaient plus. En un éclair, je me suis vu dans un fauteuil roulant, paraplégique pour le restant de ma vie, à la charge de ma femme et de ma fille. Pour compléter le tableau, je souffrais beaucoup de mes coudes et j'avais pris un coup sur la tête. Heureusement, après un temps qui m'a paru infiniment long, une fois installé dans l'ambulance, immobilisé, prêt à partir pour l'hôpital, j'ai pu bouger mes jambes et la sensibilité est revenue.
Mon soulagement était tel qu'immobilisé dans le matelas coquille dans lequel j'avais été allongé avec douceur par l'équipe de ramassage, lors des formalités administratives indispensables au transfert, j'ai pu goûter le caractère hautement cocasse de la question que me posait l'agent de police : «Quel est le nom de jeune fille de votre mère ? C'est pour la filiation», a-t-il précisé devant mon air ahuri. Je lui ai répliqué : «Que se passerait-il si je ne vous le disais pas ?» Que se passe-t-il d'ailleurs lorsqu'on est dans le coma ? N'aurait-il pas été plus urgent qu'on prenne ma tension artérielle ?
Je n'ai pas le souvenir que quelqu'un ait pris ma tension sur les lieux de l'accident. Ce ne sera fait que lorsqu'on m'installera sur la table d'opération, quelques heures plus tard. A la décharge de l'équipe de ramassage, je précise que les violentes douleurs que je ressentais dans les coudes ont probablement fait hésiter les médecins à m'imposer des souffrances supplémentaires.
Un témoignage qui aborde, entre autres thèmes, la nécessité du second avis médical, certains dysfonctionnements des services hospitaliers, le risque de dépression... Le Dr Salmon explique aussi que le patient doit effectuer lui-même un travail de restructuration, que le médecin ne peut faire à sa place. Un livre qui nous concerne tous.
Le Dr Rémy Salmon dirige le département de chirurgie de l'Institut Curie, à Paris.
Il est spécialiste du cancer depuis plus de vingt-cinq ans.
Extrait du livre :
L'accident
Ce soir-là, à 19 h 22 très précisément, ma moto a heurté de front une voiture qui effectuait un demi-tour sur une grande artère parisienne en franchissant deux lignes continues. En une fraction de seconde, l'homme valide que j'étais s'est transformé en accidenté de la route.
Le processus habituel s'est enclenché aussitôt : embouteillage, cris, agitation, Police secours, Samu, transfert vers les urgences de l'hôpital de secteur voisin. Comme d'autres personnes accidentées l'ont déjà décrit, je ressentais à ce moment-là un dédoublement : j'étais à la fois celui qui subit l'événement et celui qui assiste en spectateur au ramassage du blessé sur la voie publique. La panique m'a saisi : mes deux membres inférieurs ne bougeaient plus. En un éclair, je me suis vu dans un fauteuil roulant, paraplégique pour le restant de ma vie, à la charge de ma femme et de ma fille. Pour compléter le tableau, je souffrais beaucoup de mes coudes et j'avais pris un coup sur la tête. Heureusement, après un temps qui m'a paru infiniment long, une fois installé dans l'ambulance, immobilisé, prêt à partir pour l'hôpital, j'ai pu bouger mes jambes et la sensibilité est revenue.
Mon soulagement était tel qu'immobilisé dans le matelas coquille dans lequel j'avais été allongé avec douceur par l'équipe de ramassage, lors des formalités administratives indispensables au transfert, j'ai pu goûter le caractère hautement cocasse de la question que me posait l'agent de police : «Quel est le nom de jeune fille de votre mère ? C'est pour la filiation», a-t-il précisé devant mon air ahuri. Je lui ai répliqué : «Que se passerait-il si je ne vous le disais pas ?» Que se passe-t-il d'ailleurs lorsqu'on est dans le coma ? N'aurait-il pas été plus urgent qu'on prenne ma tension artérielle ?
Je n'ai pas le souvenir que quelqu'un ait pris ma tension sur les lieux de l'accident. Ce ne sera fait que lorsqu'on m'installera sur la table d'opération, quelques heures plus tard. A la décharge de l'équipe de ramassage, je précise que les violentes douleurs que je ressentais dans les coudes ont probablement fait hésiter les médecins à m'imposer des souffrances supplémentaires.
Fiche détaillée : Tout ce que les chirurgiens ne peuvent pas vous dire
| Auteur | Rémy Salmon |
|---|---|
| Editeur | Anne Carriere Eds |
| Date de parution | 07/02/2007 |
| Format | 14 cm x 21 cm |
| ISBN | 2843374340 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 250 |
















