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Comme tous les après-midi
Zoyâ Pirzâd
- Roman (broché). Paru en 01/2007
- Expédié sous 4 à 8 jours
Alieh, Rowshanak ou Raeheleh sont souvent à leur fenêtre. Entre le riz pilaf aux lentilles et les pétunias, le voile et une paire de bas, le mari, les enfants, les aïeuls ou les voisines, elles guettent ce qui va venir conforter ou bousculer leurs habitudes.
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L'écriture de ce recueil de nouvelles est d'une finesse et d'une sensibilité magistrales. Une invitation au cœur d'un univers flamboyant du quotidien de ces iraniennes
Le Mot de l'éditeur : Comme tous les après-midi
Alieh, Rowshanak ou Raeheleh sont souvent à leur fenêtre. Entre le riz pilaf aux lentilles et les pétunias, le voile et une paire de bas, le mari, les enfants, les aïeuls ou les voisines, elles guettent ce qui va venir conforter ou bousculer leurs habitudes.
Au fil des saisons et des générations de femmes, flotte sur Comme tous les après-midi un parfum de mystère étrange et pénétrant. Par touches légères, prégnantes, se dessine en filigrane, parfois à la lisière du fantastique, un portrait discret mais audacieux de la femme iranienne.
Par la simplicité et la sobriété de son style, Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare la fuite du temps et déjoue d'un regard incisif les pièges de la vie quotidienne.
Zoyâ Pirzâd est née à Abadan en 1952 de père Russe et de mère Arménienne. Mariée, mère de deux garçons, elle a d'abord publié trois recueils de nouvelles dont Comme tous les après-midi, en 1991. Trois recueils repris aux éditions Markaz à Téhéran en un seul volume. En 2001, elle a publié un roman, C'est moi qui éteins les lumières, salué par de nombreux prix, et un deuxième, On s'y fera, en 2004.
Zoyâ Pirzâd est aussi traductrice d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carol et de poèmes japonais. Elle fait partie des auteurs iraniens qui font sortir l'écriture persane de ses frontières et l'ouvrent sur le monde. Sa langue est un persan simple et quotidien, une langue très équilibrée. La leçon ultime de Zoyâ Pirzâd est humaniste.
Extrait du livre :
Je ne connais pas la voisine d'en face bien que de ma fenêtre je l'aperçoive chaque jour dans sa cuisine ou dans sa cour. Tous les matins, elle y porte son linge pour l'étendre sur une corde tendue entre deux vieux platanes. Puis, elle retourne à sa cuisine où elle prépare le déjeuner. Moi aussi, au même moment, je suis en train de faire le déjeuner dans ma propre cuisine. Je fais exactement les mêmes choses au même moment. Seules une ruelle étroite et une petite cour séparent nos activités identiques.
À midi, son mari rentre du bureau et leur fils de l'école. Ma voisine met le couvert dans sa cuisine pour le déjeuner pendant que son mari joue avec l'enfant. Elle sert le repas ; l'enfant repousse son assiette, il refuse de manger. Sa mère le fait manger pendant que son mari s'amuse des grimaces de l'enfant. Après le déjeuner, le mari joue au ballon avec lui, sa femme débarrasse le couvert.
L'après-midi, je m'installe dans la cuisine avec la planche à repasser et ma boîte à couture. La cuisine est la pièce la plus lumineuse et la plus chaude. C'est un endroit où je me sens plus en sécurité. La voisine passe l'après-midi avec l'enfant, elle l'aide à faire ses devoirs, parfois elle joue avec lui, parfois aussi elle le gronde et le frappe. L'enfant se met à pleurer. La mère pleure à son tour. Puis l'enfant se calme et la voisine s'asseoit à la table de la cuisine, les coudes sur la table, la tête plongée dans les mains. Quelquefois, elle allume une cigarette, le regard perdu dans le vague. Et tout à coup, elle se lève, sort dans la cour avec sa corbeille vide, ramasse son linge, le plie et le range dans la corbeille.
Je prépare le dîner dans ma cuisine. La voisine en fait autant dans la sienne. Mes enfants sont rentrés de l'école, mon mari du bureau. Ils me parlent. Je les écoute. Ils me demandent : «Où sont les verres ? Où est mon crayon ? Et le savon ?» Je leur réponds : «Les verres sont dans l'armoire, les crayons sur le bureau.» Je pose un savon neuf sur le lavabo. Les enfants racontent ce qui s'est passé à l'école.
Au fil des saisons et des générations de femmes, flotte sur Comme tous les après-midi un parfum de mystère étrange et pénétrant. Par touches légères, prégnantes, se dessine en filigrane, parfois à la lisière du fantastique, un portrait discret mais audacieux de la femme iranienne.
Par la simplicité et la sobriété de son style, Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare la fuite du temps et déjoue d'un regard incisif les pièges de la vie quotidienne.
Zoyâ Pirzâd est née à Abadan en 1952 de père Russe et de mère Arménienne. Mariée, mère de deux garçons, elle a d'abord publié trois recueils de nouvelles dont Comme tous les après-midi, en 1991. Trois recueils repris aux éditions Markaz à Téhéran en un seul volume. En 2001, elle a publié un roman, C'est moi qui éteins les lumières, salué par de nombreux prix, et un deuxième, On s'y fera, en 2004.
Zoyâ Pirzâd est aussi traductrice d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carol et de poèmes japonais. Elle fait partie des auteurs iraniens qui font sortir l'écriture persane de ses frontières et l'ouvrent sur le monde. Sa langue est un persan simple et quotidien, une langue très équilibrée. La leçon ultime de Zoyâ Pirzâd est humaniste.
Extrait du livre :
Je ne connais pas la voisine d'en face bien que de ma fenêtre je l'aperçoive chaque jour dans sa cuisine ou dans sa cour. Tous les matins, elle y porte son linge pour l'étendre sur une corde tendue entre deux vieux platanes. Puis, elle retourne à sa cuisine où elle prépare le déjeuner. Moi aussi, au même moment, je suis en train de faire le déjeuner dans ma propre cuisine. Je fais exactement les mêmes choses au même moment. Seules une ruelle étroite et une petite cour séparent nos activités identiques.
À midi, son mari rentre du bureau et leur fils de l'école. Ma voisine met le couvert dans sa cuisine pour le déjeuner pendant que son mari joue avec l'enfant. Elle sert le repas ; l'enfant repousse son assiette, il refuse de manger. Sa mère le fait manger pendant que son mari s'amuse des grimaces de l'enfant. Après le déjeuner, le mari joue au ballon avec lui, sa femme débarrasse le couvert.
L'après-midi, je m'installe dans la cuisine avec la planche à repasser et ma boîte à couture. La cuisine est la pièce la plus lumineuse et la plus chaude. C'est un endroit où je me sens plus en sécurité. La voisine passe l'après-midi avec l'enfant, elle l'aide à faire ses devoirs, parfois elle joue avec lui, parfois aussi elle le gronde et le frappe. L'enfant se met à pleurer. La mère pleure à son tour. Puis l'enfant se calme et la voisine s'asseoit à la table de la cuisine, les coudes sur la table, la tête plongée dans les mains. Quelquefois, elle allume une cigarette, le regard perdu dans le vague. Et tout à coup, elle se lève, sort dans la cour avec sa corbeille vide, ramasse son linge, le plie et le range dans la corbeille.
Je prépare le dîner dans ma cuisine. La voisine en fait autant dans la sienne. Mes enfants sont rentrés de l'école, mon mari du bureau. Ils me parlent. Je les écoute. Ils me demandent : «Où sont les verres ? Où est mon crayon ? Et le savon ?» Je leur réponds : «Les verres sont dans l'armoire, les crayons sur le bureau.» Je pose un savon neuf sur le lavabo. Les enfants racontent ce qui s'est passé à l'école.
Fiche détaillée : Comme tous les après-midi
| Auteur | Zoyâ Pirzâd |
|---|---|
| Editeur | Zulma |
| Date de parution | 11/01/2007 |
| Collection | Litterature Etrangere |
| ISBN | 2843043913 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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