- » Livre
- »Sophia Petrovna
Sophia Petrovna , La maison déserte Lidia Korneevna Tchoukovskaïa
- Roman (broché). Paru en 03/2007
- Expédié sous 4 à 8 jours
Un classique de la littérature russe du XXe siècle épuisé depuis des années
Lire la suite
Lire la suite
Plus d'offres en stock
-
Vendu par
QUARTIERLATIN
14,95 € Neuf
+ Frais de port : 2.99 € -
En Stock
Les internautes ayant acheté Sophia Petrovna ont également acheté :
Le Mot de l'éditeur : Sophia Petrovna
Un classique de la littérature russe du XXe siècle épuisé depuis des années
Sophia Pétrovna est une femme sans histoires. Elle élève seule son fils, un garçon sérieux et travailleur, et ne s'intéresse absolument pas à la politique. Mais en Russie, dans les années 30 du XXème siècle, personne n'est à l'abri de l'arbitraire de l'État, même ceux qui n'ont rien à se reprocher...
Ce récit paru en français en 1975 sous le titre La Maison déserte aux éditions Calmann-Lévy et devenu introuvable depuis des années, est l'un des premiers textes sur la Terreur et les répressions staliniennes écrits sur le vif.
Il raconte, dans un style sobre et pudique, la vie quotidienne d'une Soviétique ordinaire brusquement confrontée à l'arrestation de son fils, et sa descente progressive dans ce qu'Oleg Volkov a appelé «les ténèbres», cette longue nuit dans laquelle ont été plongés tant de Russes au cours du XXe siècle.
A côté des récits sur les camps soviétiques comme ceux de Chalamov, à côté des études historiques, ce texte simple et poignant éclaire l'autre côté des barbelés, le monde de ceux et surtout de celles qui attendaient désespérément des nouvelles de leurs proches arrêtés et condamnés sans raison ni explication - celles-là mêmes auxquelles Akhmatova a rendu hommage dans son Requiem. Il décrit leurs doutes, leur désarroi et leurs angoisses.
Ecrit à la fin des années 30, à la même époque et dans le même contexte que le recueil d'Anna Akhmatova (La Maison déserte, titre sous lequel il est paru en Occident dans les années 60, est d'ailleurs tiré d'un des poèmes du Requiem), ce récit méritait d'être de nouveau accessible au public français, sous le titre et avec les corrections que souhaitait l'auteur.
L'auteur
Fille du célèbre critique et traducteur Korneï Tchoukovski, Lydia Tchoukovskaïa, une femme d'une grande culture et une personnalité hors du commun, est surtout connue en France comme l'auteur des Entretiens avec Anna Akhmatova (Albin Michel). 2007 sera l'année du centenaire de sa naissance.
Extrait du livre :
Dans sa jeunesse, lorsqu'il lui arrivait de s'ennuyer, les jours où Fiodor Ivanovitch s'absentait longtemps pour ses visites, elle s'imaginait qu'elle avait un atelier de couture à elle. Dans une grande pièce claire, de charmantes jeunes filles se penchaient sur des cascades de soie, elle leur montrait des modèles et, pendant les essayages, distrayait les dames élégantes en leur faisant la conversation. Eh bien, un bureau de dactylographie, c était même encore mieux, cela avait quelque chose de plus sérieux. A présent, il lui arrivait souvent d'être la première à lire, à l'état de manuscrit, une nouvelle oeuvre de la littérature soviétique, un récit ou un roman, et même si elle trouvait les récits et les romans soviétiques ennuyeux car il y était beaucoup question de batailles, de tracteurs, d'ateliers d'usine, et très peu d'amour, elle était quand même flattée.
Elle se mit à friser ses cheveux précocement gris et, quand elle les lavait, elle ajoutait un peu de bleu à l'eau pour qu'ils ne jaunissent pas. Vêtue d'une blouse noire toute simple (mais dont le col était en véritable dentelle ancienne), avec son crayon bien taillé dans la poche du haut, elle se sentait active, sérieuse et en même temps distinguée. Les dactylos la craignaient un peu et, dans son dos, l'appelaient «la pionne». Mais elles lui obéissaient. Et elle voulait être sévère tout en étant juste. Pendant les pauses, elle s'entretenait aimablement avec celles qui écrivaient avec soin et sans fautes - elle parlait du mal que l'on avait à déchiffrer l'écriture du directeur, et du fait que le rouge à lèvres ne va pas à tout le monde. Mais celles qui écrivaient «répétission» et «colectif», elle les traitait de haut. L'une de ces demoiselles, Erna Sémionovna, l'agaçait prodigieusement : elle faisait des fautes d'orthographe presque à chaque mot, fumait d'un air effronté et bavardait pendant le travail. Elle lui rappelait vaguement une bonne impudente qui avait travaillé chez eux autrefois, dans l'ancien temps. Cette bonne s'appelait Fania, elle se montrait insolente avec Sophia Pétrovna et flirtait avec Fiodor Ivanovitch... Mais pourquoi gardait-on des gens pareils ?
Celle qui lui plaisait le plus, dans le bureau, était Natacha Frolenko, une jeune fille discrète et laide au teint d'un gris verdâtre. Elle ne faisait jamais la moindre faute d'orthographe, ses marges et ses alinéas étaient incroyablement élégants. En voyant son travail, on avait même l'impression qu'il avait été tapé sur un papier spécial et que sa machine devait être meilleure était en train de préparer les examens de sa dernière année de lycée et passait toutes ses soirées chez son camarade préféré, Alik Finkelstein, ils travaillaient ensemble. Sophia Pétrovna rangea deux ou trois choses dans la pièce, puis alla dans la cuisine allumer son réchaud.
Sophia Pétrovna est une femme sans histoires. Elle élève seule son fils, un garçon sérieux et travailleur, et ne s'intéresse absolument pas à la politique. Mais en Russie, dans les années 30 du XXème siècle, personne n'est à l'abri de l'arbitraire de l'État, même ceux qui n'ont rien à se reprocher...
Ce récit paru en français en 1975 sous le titre La Maison déserte aux éditions Calmann-Lévy et devenu introuvable depuis des années, est l'un des premiers textes sur la Terreur et les répressions staliniennes écrits sur le vif.
Il raconte, dans un style sobre et pudique, la vie quotidienne d'une Soviétique ordinaire brusquement confrontée à l'arrestation de son fils, et sa descente progressive dans ce qu'Oleg Volkov a appelé «les ténèbres», cette longue nuit dans laquelle ont été plongés tant de Russes au cours du XXe siècle.
A côté des récits sur les camps soviétiques comme ceux de Chalamov, à côté des études historiques, ce texte simple et poignant éclaire l'autre côté des barbelés, le monde de ceux et surtout de celles qui attendaient désespérément des nouvelles de leurs proches arrêtés et condamnés sans raison ni explication - celles-là mêmes auxquelles Akhmatova a rendu hommage dans son Requiem. Il décrit leurs doutes, leur désarroi et leurs angoisses.
Ecrit à la fin des années 30, à la même époque et dans le même contexte que le recueil d'Anna Akhmatova (La Maison déserte, titre sous lequel il est paru en Occident dans les années 60, est d'ailleurs tiré d'un des poèmes du Requiem), ce récit méritait d'être de nouveau accessible au public français, sous le titre et avec les corrections que souhaitait l'auteur.
L'auteur
Fille du célèbre critique et traducteur Korneï Tchoukovski, Lydia Tchoukovskaïa, une femme d'une grande culture et une personnalité hors du commun, est surtout connue en France comme l'auteur des Entretiens avec Anna Akhmatova (Albin Michel). 2007 sera l'année du centenaire de sa naissance.
Extrait du livre :
Dans sa jeunesse, lorsqu'il lui arrivait de s'ennuyer, les jours où Fiodor Ivanovitch s'absentait longtemps pour ses visites, elle s'imaginait qu'elle avait un atelier de couture à elle. Dans une grande pièce claire, de charmantes jeunes filles se penchaient sur des cascades de soie, elle leur montrait des modèles et, pendant les essayages, distrayait les dames élégantes en leur faisant la conversation. Eh bien, un bureau de dactylographie, c était même encore mieux, cela avait quelque chose de plus sérieux. A présent, il lui arrivait souvent d'être la première à lire, à l'état de manuscrit, une nouvelle oeuvre de la littérature soviétique, un récit ou un roman, et même si elle trouvait les récits et les romans soviétiques ennuyeux car il y était beaucoup question de batailles, de tracteurs, d'ateliers d'usine, et très peu d'amour, elle était quand même flattée.
Elle se mit à friser ses cheveux précocement gris et, quand elle les lavait, elle ajoutait un peu de bleu à l'eau pour qu'ils ne jaunissent pas. Vêtue d'une blouse noire toute simple (mais dont le col était en véritable dentelle ancienne), avec son crayon bien taillé dans la poche du haut, elle se sentait active, sérieuse et en même temps distinguée. Les dactylos la craignaient un peu et, dans son dos, l'appelaient «la pionne». Mais elles lui obéissaient. Et elle voulait être sévère tout en étant juste. Pendant les pauses, elle s'entretenait aimablement avec celles qui écrivaient avec soin et sans fautes - elle parlait du mal que l'on avait à déchiffrer l'écriture du directeur, et du fait que le rouge à lèvres ne va pas à tout le monde. Mais celles qui écrivaient «répétission» et «colectif», elle les traitait de haut. L'une de ces demoiselles, Erna Sémionovna, l'agaçait prodigieusement : elle faisait des fautes d'orthographe presque à chaque mot, fumait d'un air effronté et bavardait pendant le travail. Elle lui rappelait vaguement une bonne impudente qui avait travaillé chez eux autrefois, dans l'ancien temps. Cette bonne s'appelait Fania, elle se montrait insolente avec Sophia Pétrovna et flirtait avec Fiodor Ivanovitch... Mais pourquoi gardait-on des gens pareils ?
Celle qui lui plaisait le plus, dans le bureau, était Natacha Frolenko, une jeune fille discrète et laide au teint d'un gris verdâtre. Elle ne faisait jamais la moindre faute d'orthographe, ses marges et ses alinéas étaient incroyablement élégants. En voyant son travail, on avait même l'impression qu'il avait été tapé sur un papier spécial et que sa machine devait être meilleure était en train de préparer les examens de sa dernière année de lycée et passait toutes ses soirées chez son camarade préféré, Alik Finkelstein, ils travaillaient ensemble. Sophia Pétrovna rangea deux ou trois choses dans la pièce, puis alla dans la cuisine allumer son réchaud.
Fiche détaillée : Sophia Petrovna
| Auteur | Lidia Korneevna Tchoukovskaïa |
|---|---|
| Editeur | Interferences Eds |
| Date de parution | mars 2007 |
| ISBN | 2909589145 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
Lidia Korneevna Tchoukovskaïa : Autres articles
-
-
-
- Entretiens avec...
- Anna Akhmatova,...
-











