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C'est fini Lydia Davis, François Rosso (Traduction)
- Roman (broché). Paru en 03/2007
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Le Mot de l'éditeur : C'est fini
D'une histoire apparemment banale à pleurer, Lydia Davis fait un chant d'amour. Elle analyse avec une exigence exemplaire et une sensibilité à fleur de peau les raisons d'une séparation. Deux questions reviennent comme un leitmotiv : Que sait-on de l'autre ? Que sait-on de soi ? Ses mots sont simples mais tranchants, et son regard se révèle d'une exceptionnelle acuité.
Lydia Davis est née en 1947 à Northampton (Massachussets). Elle est aux Etats-Unis la traductrice de Maurice Blanchot, Michel Leiris et Marcel Proust. Elle a publié six recueils de nouvelles dont Ce qu'elle savait (Phébus, 2006). Elle a été nommée chevalier des Arts et des Lettres par le gouvernement français. C'est fini est son unique roman à ce jour.
Extrait du livre :
Sortis du désert, nos relations redevinrent plus aisées, et tandis qu'il conduisait je lui lisais à haute voix des passages d'un livre sur Christophe Colomb; mais plus nous avancions vers la ville, plus j'étais soucieuse. Je cessai de lire et regardai par la fenêtre, mais mon attention ne parvenait à se fixer que sur des fragments de ce que je voyais à mesure que nous approchions de la côte : une ravine plantée d'eucalyptus qui descendait vers la mer ; un cormoran noir perché sur un monolithe de calcaire grêlé, sculpté par l'érosion en forme de sablier; une jetée avec des montagnes russes; une maison à coupole dominant une petite ville et, près d'elle, un palmier géant ; un pont par-dessus des voies ferrées sinuant devant et derrière nous. Quand nous prîmes la direction du nord, vers le centre-ville, nous côtoyâmes ces rails, tantôt d'assez près pour les voir, tantôt nous en éloignant lorsqu ils rentraient dans les terres et que notre route continuait tout droit, le long de la falaise surplombant la mer.
Le lendemain après-midi, je sortis seule et achetai un plan de la ville. Je l'étudiai assise sur un muret, que je trouvai froid sous ma peau malgré la chaleur du soleil. Un inconnu me déclara que la rue que je cherchais était trop loin pour s'y rendre à pied, mais je ne l'écoutai pas et me mis en marche. Chaque fois que je parvenais en haut d'une côte, je m'arrêtais pour regarder vers la mer et je voyais des ponts et des voiliers. Chaque fois que je redescendais, de nouveau les maisons blanches se resserraient autour de moi. Je n'avais pas prévu qu'à mesure que je marcherais la ville m'apparaîtrait si grande, ni que j'aurais les jambes si fatiguées. Je n'avais pas prévu qu'au bout d'un temps la réverbération du soleil sur les maisons blanches en viendrait à m'éblouir, que tout au long de l'après-midi il frapperait si fort les façades qu'elles deviendraient de plus en plus blanches, et puis moins blanches cependant que l'heure tournait et que les yeux commençaient à me brûler. Je pris un autobus, roulai un moment, puis descendis et repris ma marche. Le soleil avait brillé toute la journée, mais quand vint la fin de l'après-midi l'ombre était froide. Je laissai derrière moi quelques hôtels. Je ne savais pas exactement où je me trouvais, mais quand j'eus quitté ce quartier je finis par comprendre par où j'étais passée.
Fiche détaillée : C'est fini
| Auteur | Lydia Davis |
|---|---|
| Traduction | François Rosso |
| Editeur | Phebus |
| Date de parution | mars 2007 |
| Collection | D'aujourd'hui Etranger |
| Format | 14cm x 20cm |
| ISBN | 2752902492 |
| EAN | 978-2752902498 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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