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De Cicéron à Benjamin , Traducteurs, traductions, réflexions Michel Ballard
- Etude (broché). Paru en 06/2007
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Traducteurs, traductions, réflexions
Hommage à l'action des traducteurs à travers les siècles.
Nous prenons aujourd'hui conscience de l'importance de la traduction dans le monde que ce soit au travers de l'activité des traducteurs et interprètes dans les...
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Le Mot de l'éditeur : De Cicéron à Benjamin
Traducteurs, traductions, réflexions
Hommage à l'action des traducteurs à travers les siècles.
Nous prenons aujourd'hui conscience de l'importance de la traduction dans le monde que ce soit au travers de l'activité des traducteurs et interprètes dans les institutions européennes et internationales ou du doublage et du sous-titrage cinématographiques, pour ne citer que deux exemples significatifs. Ce qui est moins connu du public, c'est la place de la traduction dans l'histoire de la société, de la culture et des langues. Sous cet angle, De Cicéron à Benjamin, en réunissant de façon chronologique et ordonnée un ensemble de témoignages ou d'études épars, peut se lire comme une initiation à l'histoire de la traduction.
Mais il y a davantage ; ce que l'on constate, c'est que la traduction, par sa nature feuilletée (herméneutique, reformulation, quête d'équivalence, réécriture) génère des interrogations et donc des réflexions. Ce parcours de traduction, qui va de l'Antiquité à nos jours, est ponctué de prises de position théoriques sur la nature de la traduction et la manière de l'effectuer : saint Jérôme nous donne le premier traité de traductologie, le Moyen Âge recèle quelques textes et la Renaissance n'est pas en reste : Dolet et Du Bellay ne sont que des figures parmi d'autres ; le XVIIe siècle voit naître en France les premières études scientifiques sur corpus avec De Méziriac et Gaspar de Tende ; au XVIIIe siècle, l'Angleterre, avec le fameux traité de Tytler, n'a rien à leur envier.
Toutes ces productions, dont certaines émanent de praticiens, s'inscrivent dans des situations conflictuelles qui se sont perpétuées et affinées jusqu'à nos jours. On ne perçoit véritablement la portée des antagonismes actuels dans le domaine de la traductologie qu'à la lumière de ce cheminement passé ; cet ouvrage demeure sans équivalent aujourd'hui.
Michel Ballard est agrégé et docteur d'état, docteur honoris causa de l'Université de Genève.
Il enseigne la traduction et la traductologie à l'Université d'Artois où il anime un groupe de recherche en traductologie.
Il a publié plusieurs collectifs et ouvrages personnels sur la traduction, dont le dernier (Versus, en deux volumes aux éditions Ophrys) se présente comme une réflexion sur les opérations constitutives de la traduction.
Extrait du livre :
AUX SOURCES D'UNE OPPOSITION FONDAMENTALE
Les avis diffèrent sur les limites à assigner à l'Antiquité. Nous considérerons pour notre part la période qui s'étend de l'apparition de l'écriture (entre 4000 et 3000 av. J.-C.) à la déposition du dernier empereur d'Occident (476).
Sur le plan de l'ontogenèse comme sur celui de la phylogenèse, le langage existe d'abord sous forme orale avant d'être transcrit sous forme graphique à l'aide d'un système d'écriture. Chronologiquement donc, et par la force des choses, la traduction a dans un premier temps été limitée à ce que l'on appelle aujourd'hui «interprétation». La fonction d'interprète est celle qu'assume de façon naturelle l'individu bilingue pour le compte de deux communautés (ou individus) parlant des langues différentes. Exercée d'abord de façon épisodique ou accidentelle, cette fonction a dû, à un moment, s'officialiser. Le témoignage le plus ancien qu'on en possède est sans doute constitué par les inscriptions reportées sur les parois des tombes des princes d'Eléphantine, en Haute Egypte, et qui datent du troisième millénaire avant Jésus-Christ.
Ces tombes font partie d'une nécropole creusée dans une colline sur la rive ouest du Nil, en face de l'île Eléphantine au niveau d'Assouan.
Les Egyptiens comme plus tard les Grecs, considéraient les autres peuples et leurs langues comme «barbares». Cet ethno-centrisme culturel et linguistique ne les empêchait pas d'être obligés d'entretenir des relations commerciales et politiques avec les autres peuples. Les princes d'Eléphantine ont assuré pour les pharaons de la sixième dynastie (2423-2263 av. J.-C.) les relations avec la Nubie et le Soudan. Ingrid Kurz souligne le fait que la première cataracte constituait à l'époque une sorte de frontière naturelle avec la Nubie mais qu'en réalité la frontière ethnique se situait à près de quatre-vingt dix kilomètres au nord de Silsilèh; cela signifiait donc que la population de la région d'Assouan était bilingue. Gardiner estime même que les princes d'Eléphantine étaient des métis. Les inscriptions donnent leurs noms (Harkhuf, Sabni, Mechu), elles indiquent qu'ils avaient droit au titre de 'chef-interprète' mais elles ne contiennent aucune considération d'ordre théorique sur la traduction. En même temps que des interprètes, ces personnages étaient des diplomates, des chargés de missions, et ce sont les récits de celles-ci qui constituent l'essentiel des inscriptions. L'une des plus conséquentes raconte les quatre voyages du prince Harkhuf en Nubie et au Soudan. Leurs missions d'ailleurs ne se limitèrent pas aux pays du sud, certains d'entre eux furent envoyés à Byblos et dans le «pays des asiatiques».
Fiche détaillée : De Cicéron à Benjamin
| Auteur | Michel Ballard |
|---|---|
| Editeur | Presses Universitaires Du Septentrion |
| Date de parution | juin 2007 |
| Collection | Traductologie |
| ISBN | 2859399852 |
| EAN | 978-2859399856 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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