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Le bourreau Heloneida Studart, Paula Salnot (Traduction), Inô Riou (Traduction)
- Roman (broché). Paru en 04/2007
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Le Mot de l'éditeur : Le bourreau
HELONEIDA STUDART signe ici un roman saisissant et émotionnellement très fort, où elle décrypte avec précision les ramifications du mal, tout en rappelant les heures les plus sombres de la dictature brésilienne.
«Lorsque je vis Dorinha pour la première fois devant les archives de la bibliothèque publique de Fortaleza, je me demandai si je n'avais pas trouvé ma mère. Malgré mes trente-cinq ans, je me suis toujours représenté ma mère à l'âge d'être presque ma fille. Ces derniers mois, je rêvais d'elle ainsi : vêtue de blanc, les cheveux lourds et la peau claire comme un papier rangé. Pendant mon enfance, je croyais que ma mère était une blonde platinée aux gros seins, comme les héroïnes des bandes dessinées. Entre quinze et...»
Extrait du livre :
Marraine Conceiçâo disait souvent que les femmes sont les derniers animaux de la Création : «Les hommes font leur besoin en elles, comme dans un pot de chambre. C'est pour cela que j'ai préféré éviter leur contact.»
Je pensais à elle en entrant avec Valdir chez dona Mocinha, tous deux déjà à moitié ivres. La mère maquerelle utilisait la même marque de talc que la vieille fille. La teinture de ses cheveux rougissait aux racines et elle me tendit sa main fine, aux ongles longs.
- Les amis de Valdir sont ici chez eux. En quoi puis-je t'être utile, mon fils ?
Ses pieds, chaussés dans des chaussures fines, étaient délicats et jolis. À une époque lointaine, dans sa jeunesse, elle avait été belle et ne s'habillait alors qu'en soie et en dentelles de Valenciennes, ses chevilles prises dans des bracelets d'or.
Je parlai de la petite qui ressemblait à une tourterelle. Elle s'excusa. Elle était dans une des chambres avec le vieux juge Firmo Vieira. Tous les vieux ayant la mèche courte, il suffisait d'attendre un peu et la jeune fille serait bientôt libérée.
Valdir et moi nous attablâmes dans le salon et commandâmes une vodka-citron. Et pendant que nous mordions des moules à la vinaigrette, Valdir m'informa qu'il était un client régulier de dona Mocinha. Il aimait l'ambiance de cette maison : un certain alcaloïde érotique traînant dans l'air, le piaillement des voix des filles, le claquement des semelles des ruffians montant les marches. Et puis son épouse, dona Antônia, n'aimait pas les étreintes masculines. Dona Bêla avait élevé sa fille Antônia et les deux autres, Dondon et Neném, pour être ce qu'elle appelait «des vierges chrétiennes dans le monde». Elles avaient été dédiées à Notre-Dame le jour de leur première communion. Elles s'habillaient en blanc, portaient la médaille miraculeuse au cou, se confessaient tous les vendredis au maigre père Severino, qui leur enseignait : «Même au sein du sacrement du mariage, l'homme peut entraîner sa femme vers des pratiques pécheresses et l'attirer en enfer.»
À dix-neuf ans, Neném était entrée dans une congrégation religieuse, échappant ainsi définitivement à toute présence masculine. Les deux autres filles s'étaient mariées, mais le sexe était tabou et elles ne parlaient d'amour qu'en tordant le nez de nausée.
Fiche détaillée : Le bourreau
| Auteur | Heloneida Studart |
|---|---|
| Traduction | Paula Salnot, Inô Riou |
| Editeur | Allusifs Eds Les |
| Date de parution | avril 2007 |
| Format | 12cm x 20cm |
| ISBN | 2922868575 |
| EAN | 978-2922868579 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 140 |
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