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Nullarbor
David Fauquemberg
- Récit (broché). Paru en 04/2007
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Collection Étonnants voyageurs dirigée par Michel Le Bris
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Le Mot de l'éditeur : Nullarbor
Collection Étonnants voyageurs dirigée par Michel Le Bris
À l'orée des années 2000, un jeune homme traverse, seul, le Grand Ouest australien. Une échappée, plus qu'un voyage, par-delà les confins désolés de la plaine de Nullarbor. Et la découverte pour le lecteur d'une Australie loin des clichés faciles, âpre, cruelle, où les êtres semblent se perdre, au sens strict se défaire, dans l'immensité du paysage. Une campagne de pêche hallucinante dans l'océan Indien, quand les hommes ne sont plus que machines à tuer, précipite la fuite en avant, toujours plus au nord. C'est en naufragé, éreinté, que le narrateur vient s'échouer à Broome, puis sur les terres aborigènes de Wreck Point. Une main se tend alors, la dernière. Celle d'Augustus, ancien de la tribu Bardi, qui lui ouvre les portes d'un ailleurs fantastique. Mais il est bien trop tard. Et la nature hostile resserre son étreinte. Récit singulier, sombre et sans fard, qui fait songer par son intensité au Fargo des frères Coen, d'un «monde sans prudence, où tout n'est que violence et ruine». Et la révélation d'un talent dans la lignée des plus grands écrivains voyageurs.
David Fauquemberg a 33 ans. En 1998, il enseigne la philosophie quelques inouï avant de prendre la tangente, direction l'Australie, où il séjourne plus de deux ans. Un périple tragique dans les confins occidentaux de l'île-continent lui a inspiré ce premier livre.
Extrait du livre :
Nullarbor
Fauché, la rage au ventre, j'avais quitté Melbourne, cette Europe en exil où je vivais reclus depuis bientôt deux ans. J'ai oublié pourquoi. Le temps pressait. Gagner l'ouest, le nord, les tropiques aborigènes. Nébuleux projet. Rallier Perth en stop, trouver de quoi me refaire, pour obliquer vers Broome et advienne que pourra. Tout semblait bien parti. Seize cents kilomètres en trois jours. La route, sa généreuse indifférence, agissait déjà comme un puissant remède. Aux portes de la Nullarbor, un camionneur exténué m'avait pris à son bord. Il ravitaillait une station-service, où il m'avait laissé. Quelques voitures étaient passées, à contresens pour la plupart. Les conducteurs emportaient l'essentiel de leurs biens, ils partaient s'installer ailleurs, en Terre promise. Un exode. Les rares voyageurs qui traversaient la Nullarbor dans le même sens que moi n'inspiraient vraiment pas confiance. Des paumés, des fous, des représentants au bout du rouleau. Cette route hallucinée charriait le tout-venant de la détresse humaine. Prudent, j'avais établi mon bivouac dans le bush, parmi les herbes sèches, les touffes de spinifex.
Ce matin-là, j'étais bien décidé à me remettre en marche. Dans le froid humide du petit jour, les premiers rayons du soleil caressaient une brume aux contours incertains. Au-dessus pointait la cime des arbres moribonds qui parsemaient la Nullarbor. «Plaine sans arbres.» Les cartographes n'avaient pas eu le loisir de vérifier sur place. Les galahs jacassaient du haut des branches nues. Le fracas d'une course est monté d'entre les broussailles. Presque aussitôt, j'ai aperçu le kangourou. Dans l'immobilité de son buste en équilibre, assis sur sa queue, il ressemblait au vieillard voûté, l'old man kangaroo des aborigènes. L'instant d'après, il avait disparu. J'ai tourné le dos à la plaine, et j'ai marché vers la station.
À l'orée des années 2000, un jeune homme traverse, seul, le Grand Ouest australien. Une échappée, plus qu'un voyage, par-delà les confins désolés de la plaine de Nullarbor. Et la découverte pour le lecteur d'une Australie loin des clichés faciles, âpre, cruelle, où les êtres semblent se perdre, au sens strict se défaire, dans l'immensité du paysage. Une campagne de pêche hallucinante dans l'océan Indien, quand les hommes ne sont plus que machines à tuer, précipite la fuite en avant, toujours plus au nord. C'est en naufragé, éreinté, que le narrateur vient s'échouer à Broome, puis sur les terres aborigènes de Wreck Point. Une main se tend alors, la dernière. Celle d'Augustus, ancien de la tribu Bardi, qui lui ouvre les portes d'un ailleurs fantastique. Mais il est bien trop tard. Et la nature hostile resserre son étreinte. Récit singulier, sombre et sans fard, qui fait songer par son intensité au Fargo des frères Coen, d'un «monde sans prudence, où tout n'est que violence et ruine». Et la révélation d'un talent dans la lignée des plus grands écrivains voyageurs.
David Fauquemberg a 33 ans. En 1998, il enseigne la philosophie quelques inouï avant de prendre la tangente, direction l'Australie, où il séjourne plus de deux ans. Un périple tragique dans les confins occidentaux de l'île-continent lui a inspiré ce premier livre.
Extrait du livre :
Nullarbor
Fauché, la rage au ventre, j'avais quitté Melbourne, cette Europe en exil où je vivais reclus depuis bientôt deux ans. J'ai oublié pourquoi. Le temps pressait. Gagner l'ouest, le nord, les tropiques aborigènes. Nébuleux projet. Rallier Perth en stop, trouver de quoi me refaire, pour obliquer vers Broome et advienne que pourra. Tout semblait bien parti. Seize cents kilomètres en trois jours. La route, sa généreuse indifférence, agissait déjà comme un puissant remède. Aux portes de la Nullarbor, un camionneur exténué m'avait pris à son bord. Il ravitaillait une station-service, où il m'avait laissé. Quelques voitures étaient passées, à contresens pour la plupart. Les conducteurs emportaient l'essentiel de leurs biens, ils partaient s'installer ailleurs, en Terre promise. Un exode. Les rares voyageurs qui traversaient la Nullarbor dans le même sens que moi n'inspiraient vraiment pas confiance. Des paumés, des fous, des représentants au bout du rouleau. Cette route hallucinée charriait le tout-venant de la détresse humaine. Prudent, j'avais établi mon bivouac dans le bush, parmi les herbes sèches, les touffes de spinifex.
Ce matin-là, j'étais bien décidé à me remettre en marche. Dans le froid humide du petit jour, les premiers rayons du soleil caressaient une brume aux contours incertains. Au-dessus pointait la cime des arbres moribonds qui parsemaient la Nullarbor. «Plaine sans arbres.» Les cartographes n'avaient pas eu le loisir de vérifier sur place. Les galahs jacassaient du haut des branches nues. Le fracas d'une course est monté d'entre les broussailles. Presque aussitôt, j'ai aperçu le kangourou. Dans l'immobilité de son buste en équilibre, assis sur sa queue, il ressemblait au vieillard voûté, l'old man kangaroo des aborigènes. L'instant d'après, il avait disparu. J'ai tourné le dos à la plaine, et j'ai marché vers la station.
Fiche détaillée : Nullarbor
| Auteur | David Fauquemberg |
|---|---|
| Editeur | Hoebeke |
| Date de parution | 13/04/2007 |
| Collection | Etonnants Voyageurs |
| ISBN | 2842302826 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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