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Adios Shéhérazade
Donald E. Westlake
- Roman (poche). Paru en 06/2007
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EDWIN TOPLISS ÉCRIT DES ROMANS PORNOS EN SÉRIE. MAIS UN JOUR, IL TOMBE EN PANNE DE FANTASMES. SES QUINZE PAGES QUOTIDIENNES ET BESOGNEUSES SE TRANSFORMENT EN RÈGLEMENT DE COMPTES AVEC LUI-MÊME ET SA VIE MINABLE...
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Le Mot de l'éditeur : Adios Shéhérazade
EDWIN TOPLISS ÉCRIT DES ROMANS PORNOS EN SÉRIE. MAIS UN JOUR, IL TOMBE EN PANNE DE FANTASMES. SES QUINZE PAGES QUOTIDIENNES ET BESOGNEUSES SE TRANSFORMENT EN RÈGLEMENT DE COMPTES AVEC LUI-MÊME ET SA VIE MINABLE...
«QUAND L'ÉPOQUE DU GRAND POLAR CLASSIQUE EST PASSÉE, ET QUAND CEPENDANT ON AIME LE POLAR ET L'ON A ENVIE D'EN ÉCRIRE, ASSURÉMENT LA SOLUTION DE WESTLAKE EST LA PLUS ÉLÉGANTE. IRONIE, OUTRANCE, RIGOLADE RÉFÉRENTIELLE. CONNAISSANCE DU FAIT QUE LE "DRAME" DE L'ÉCRIVAIN EST UNE DE CES FAMEUSES SITUATIONS DÉSESPÉRÉES MAIS NON SÉRIEUSES, OÙ LUI-MÊME PLONGE EN RIANT DE SES PERSONNAGES. DRAME MENU, QUI NE MÉRITE PAS QU'ON ÉCRIVE DES TARTINES UNIVERSITAIRES SUR LE "MÉTALANGAGE" ET MÉRITE PLUTÔT QU'ON ÉCRIVE LE FORMIDABLE ADIOS SCHÉHÉRAZADE, HILARANTE TRAGÉDIE D'UN AUTEUR DE PORNOS À LA CHAÎNE, FRAPPÉ PAR UNE CRISE DE CRÉATIVITÉ...
ADIOS SCHÉHÉRAZADE EST UN ROMAN FÉTICHE POUR FÉTICHISTES.»
JEAN-PATRICK MANCHETTE, CHRONIQUES
TRADUIT DE L'ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR MARCEL DUHAMEL ET LAURETTE BRUNIUS
Extrait du livre :
Je n'arrive pas à trouver un titre.
Ça fait une demi-heure que je suis assis devant cette feuille de papier (elle va ressortir de la machine tout ondulée) et que je me dis : Ed, ce qu'il te faut, c'est un titre. Trouve un titre, vois auquel de tes quatre scénarios de base ce titre peut s'appliquer, et puis cherche un nom dans l'annuaire posé par terre à côté de ton bureau, un nom pris au hasard, pour ton personnage principal, et pour l'amour de Dieu, vas-y, écris.
Mais je ne trouve pas de titre.
Je sais ce que j'ai : le blocage des écrivains. La crampe intellectuelle. J'en ai entendu parler. Ça frappe comme ça au hasard n'importe quel professionnel, Untel, Machin-chouette... Et tout le monde est d'accord pour dire que la seule chose à faire pour s'en guérir, c'est d'écrire à tout prix. N'importe quoi. S'asseoir devant sa machine et taper des noms de fromages, un discours politique, ce qui vous passe par la tête. Ça réamorce la pompe, et on peut se remettre ensuite à écrire ce qu'on doit écrire. Dans mon cas, un livre cochon.
Bon. Je tape. Qu'est-ce que je vais dire ? Je m'appelle Edwin George Topliss, j'ai vingt-cinq ans, je suis né le 7 août 1942 sur le porte-avions USS Glenn Miller. Ma mère s'appelait Mabel Swing et chantait dans un quatuor de dames, les Melogals. Une des Melogals, Laverne La Roche, est devenue grande vedette vers 1946, pour sombrer dans l'oubli vers 1950. Je ne crois pas qu'elle ait figuré sur une liste noire ni rien de ce genre, mais simplement elle avait fait son temps. Elle était vedette du disque, d'autres ont pris la relève et elle s'est retrouvée au musée. Ma mère en avait, des disques de Laverne La Roche, et les paroles de ses chansons avec sa photo dessus. Une grande bringue au sourire chevalin. Des cheveux châtain terne qui bouffaient sur le dessus de sa tête, pendaient raides sur les côtés et re-bouffaient dans le cou. Des épaules rembourrées en couvercle de cercueil. My Saturday love était un de ses grands succès. Vous vous rappelez, les gars ? «Da di da, di da da, my Saturday love...» Jamais pu encaisser ce truc. Surtout quand ma mère se mettait à chanter en même temps que le disque, ce qui faisait encore plus affreux : une moitié des Melogals, un quart retransmis, un quart en direct.
Je ne sais plus comment ça s'est passé au juste, je crois que ma mère a dû écrire à Laverne La Roche à l'époque où Laverne La Roche nageait dans les grandes eaux et que Laverne La Roche (ce nom !) n'a jamais répondu.
«QUAND L'ÉPOQUE DU GRAND POLAR CLASSIQUE EST PASSÉE, ET QUAND CEPENDANT ON AIME LE POLAR ET L'ON A ENVIE D'EN ÉCRIRE, ASSURÉMENT LA SOLUTION DE WESTLAKE EST LA PLUS ÉLÉGANTE. IRONIE, OUTRANCE, RIGOLADE RÉFÉRENTIELLE. CONNAISSANCE DU FAIT QUE LE "DRAME" DE L'ÉCRIVAIN EST UNE DE CES FAMEUSES SITUATIONS DÉSESPÉRÉES MAIS NON SÉRIEUSES, OÙ LUI-MÊME PLONGE EN RIANT DE SES PERSONNAGES. DRAME MENU, QUI NE MÉRITE PAS QU'ON ÉCRIVE DES TARTINES UNIVERSITAIRES SUR LE "MÉTALANGAGE" ET MÉRITE PLUTÔT QU'ON ÉCRIVE LE FORMIDABLE ADIOS SCHÉHÉRAZADE, HILARANTE TRAGÉDIE D'UN AUTEUR DE PORNOS À LA CHAÎNE, FRAPPÉ PAR UNE CRISE DE CRÉATIVITÉ...
ADIOS SCHÉHÉRAZADE EST UN ROMAN FÉTICHE POUR FÉTICHISTES.»
JEAN-PATRICK MANCHETTE, CHRONIQUES
TRADUIT DE L'ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR MARCEL DUHAMEL ET LAURETTE BRUNIUS
Extrait du livre :
Je n'arrive pas à trouver un titre.
Ça fait une demi-heure que je suis assis devant cette feuille de papier (elle va ressortir de la machine tout ondulée) et que je me dis : Ed, ce qu'il te faut, c'est un titre. Trouve un titre, vois auquel de tes quatre scénarios de base ce titre peut s'appliquer, et puis cherche un nom dans l'annuaire posé par terre à côté de ton bureau, un nom pris au hasard, pour ton personnage principal, et pour l'amour de Dieu, vas-y, écris.
Mais je ne trouve pas de titre.
Je sais ce que j'ai : le blocage des écrivains. La crampe intellectuelle. J'en ai entendu parler. Ça frappe comme ça au hasard n'importe quel professionnel, Untel, Machin-chouette... Et tout le monde est d'accord pour dire que la seule chose à faire pour s'en guérir, c'est d'écrire à tout prix. N'importe quoi. S'asseoir devant sa machine et taper des noms de fromages, un discours politique, ce qui vous passe par la tête. Ça réamorce la pompe, et on peut se remettre ensuite à écrire ce qu'on doit écrire. Dans mon cas, un livre cochon.
Bon. Je tape. Qu'est-ce que je vais dire ? Je m'appelle Edwin George Topliss, j'ai vingt-cinq ans, je suis né le 7 août 1942 sur le porte-avions USS Glenn Miller. Ma mère s'appelait Mabel Swing et chantait dans un quatuor de dames, les Melogals. Une des Melogals, Laverne La Roche, est devenue grande vedette vers 1946, pour sombrer dans l'oubli vers 1950. Je ne crois pas qu'elle ait figuré sur une liste noire ni rien de ce genre, mais simplement elle avait fait son temps. Elle était vedette du disque, d'autres ont pris la relève et elle s'est retrouvée au musée. Ma mère en avait, des disques de Laverne La Roche, et les paroles de ses chansons avec sa photo dessus. Une grande bringue au sourire chevalin. Des cheveux châtain terne qui bouffaient sur le dessus de sa tête, pendaient raides sur les côtés et re-bouffaient dans le cou. Des épaules rembourrées en couvercle de cercueil. My Saturday love était un de ses grands succès. Vous vous rappelez, les gars ? «Da di da, di da da, my Saturday love...» Jamais pu encaisser ce truc. Surtout quand ma mère se mettait à chanter en même temps que le disque, ce qui faisait encore plus affreux : une moitié des Melogals, un quart retransmis, un quart en direct.
Je ne sais plus comment ça s'est passé au juste, je crois que ma mère a dû écrire à Laverne La Roche à l'époque où Laverne La Roche nageait dans les grandes eaux et que Laverne La Roche (ce nom !) n'a jamais répondu.
Fiche détaillée : Adios Shéhérazade
| Auteur | Donald E. Westlake |
|---|---|
| Editeur | Rivages |
| Date de parution | 13/06/2007 |
| Collection | Rivages Noir, numéro 650 |
| Format | 11 cm x 18 cm |
| ISBN | 2743616938 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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