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Celle qui plante les arbres Wangari Maathai

  • Récit (broché). Paru en 10/2007
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«Je ne veux pas mourir avant d'avoir accompli ma mission.»
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En résumé : Celle qui plante les arbres

Prix des lectrices de "Elle" catégorie documents.

Le Mot de l'éditeur : Celle qui plante les arbres

«Je ne veux pas mourir avant d'avoir accompli ma mission.»

Ce livre retrace l'incroyable combat de Wangari Maathai. À la tête du Mouvement de la ceinture verte, le plus grand projet de reboisement d'Afrique, elle mène une lutte acharnée avec les femmes kenyanes contre la déforestation : quelque trente millions d'arbres sont plantés en trente ans. Mais son mouvement, outre les arbres, sème aussi des idées. Sa croisade écologique se heurte alors de plein fouet au régime. Elle est victime de brutalités policières, de harcèlements, et se retrouve à maintes reprises derrière les barreaux, mais en ardente militante, jamais elle ne cède.

À travers son histoire personnelle, Wangari, la petite paysanne des Hautes Terres devenue Prix Nobel, démontre que des gestes simples suffisent parfois à susciter de profonds bouleversements sociaux et politiques. Son témoignage sans concession est un message d'espoir autant qu'un plaidoyer pour l'action. Elle conclut d'ailleurs par un seul mot d'ordre : «Nous n'avons le droit ni de fatiguer ni de renoncer.»

Née en 1940 à Nyeri au Kenya, Wangari Muta Maathai est une militante féministe, pacifiste et écologiste. Biologiste, enseignante, elle devient en 2004 la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix».

Extrait du livre :
CULTURE DE LA TERRE ET CULTURE DE L'ESPRIT

Par un beau jour de la fin 1947, mon père me convoqua dans sa hutte et me fit asseoir en face de lui. L'événement était assez rare et solennel pour que je comprenne que l'heure était grave. «Tu vas retourner à Nyeri avec ta mère pour l'aider à s'occuper de ta petite soeur», m'annonça-t-il. Comment ai-je accueilli la nouvelle ? Je ne m'en souviens plus. En bonne petite fille obéissante, j'ai sans doute acquiescé, tout simplement. Je me serais sûrement montrée bien moins docile s'il m'avait dit que j'allais être séparée de ma mère. Mais puisque je restais avec elle, tout allait bien.
Mes deux grands frères vivaient déjà depuis quelques années chez mon oncle Kamunya à Nyeri, où ils allaient à l'école avec leurs cousins. Mon père tenait à ce que ses garçons soient scolarisés mais il n'existait aucun établissement sur les domaines des fermiers blancs - et les missionnaires n'envisageaient même pas d'empiéter sur leurs propriétés privées. Il est vrai que l'éducation des enfants africains n'était à l'époque pas le souci premier des colons. M. Neylan, qui était pourtant un homme de coeur, s'était d'ailleurs ému de la décision de mon père : qui allait ramasser son pyrèthre, désormais ? Mon père le rassura : il restait encore suffisamment d'enfants dans sa maisonnée !
Ce fut donc sans doute pour soulager l'oncle du fardeau de mes frères que ma mère, en accord avec mon père, décida de les rejoindre avec ses trois filles. Elle partirait avec moi et la benjamine, Wachatha, qui n'avait encore que deux ans. La cadette, Muringi, nous rejoindrait plus tard car elle s'était blessé une jambe en coupant du bois. Mon père espérait lui envoyer ensuite ses autres enfants, mais aucun ne put nous rejoindre car entre-temps la révolte des Mau-Mau éclaterait et, avec l'état d'urgence, les déplacements deviendraient très difficiles.
À vol d'oiseau, Nyeri n'est qu'à une centaine de kilomètres à l'est de Nakuru, mais pour s'y rendre, il faut contourner le massif des Aberdare par le nord. Le trajet ne prendrait aujourd'hui que trois heures en voiture, mais la route était à l'époque si longue et si mauvaise que notre périple en autocar dura une journée entière. Chaque détail en est resté gravé dans ma mémoire. L'aventure commença en réalité la veille : nos cousins nous avaient invitées à passer la nuit dans leur hôtel de Nakuru. Ce n'était pas du grand confort, et l'établissement valait sûrement mieux comme café que comme hôtel. Tout était nouveau dans cet environnement et, entre la chaleur écrasante, les lumières, le bruit des voitures qui passaient dans la rue, les gens qui bavardaient et travaillaient dans les cuisines, je ne fermai pratiquement pas l'oeil de la nuit. Mais qu'importe : dormir en ville était pour moi le comble du luxe !
Au petit matin, nous avons embarqué dans un autocar bondé de paysans, de commerçants et de villageois rentrant chez eux après une petite visite à la ville. Le chauffeur entassa les sacs, ballots et valises sur le toit, les arrima solidement et, quand tout son petit monde fut à bord, il démarra dans un panache de fumée, direction Nyeri. Jusque-là, j'avais toujours pensé que le monde se limitait à mon petit horizon, pris en étau entre les hauteurs bordant la vallée du Rift et le lac Nakuru. Lorsque la route franchit la première crête, je découvris avec stupéfaction qu'un autre monde s'étirait par-delà les montagnes, qu'il existait d'autres villages, d'autres villes même !

Avis des internautes : Celle qui plante les arbres

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Fiche détaillée : Celle qui plante les arbres

Auteur Wangari Maathai
Editeur Héloïse d'Ormesson
Date de parution octobre 2007
ISBN 235087057X
Illustration Pas d'illustrations

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