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Le Bénarès-Kyoto Olivier Germain-Thomas
- Récit (broché). Paru en 09/2007
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Aventure unique : une traversée de l'Asie par voie terrestre et maritime. De l'imprévu, des rencontres, des trains fantaisistes, des jeteurs de sorts... et de l'érudition, mais avec cette éjouissance chère à Montaigne, un des compagnons du voyageur qui pratique la philosophie par la marche et l...
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- Prix Renaudot Essais
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En résumé : Le Bénarès-Kyoto
Prix Renaudot Essais 2007
Le Mot de l'éditeur : Le Bénarès-Kyoto
Aventure unique : une traversée de l'Asie par voie terrestre et maritime. De l'imprévu, des rencontres, des trains fantaisistes, des jeteurs de sorts... et de l'érudition, mais avec cette éjouissance chère à Montaigne, un des compagnons du voyageur qui pratique la philosophie par la marche et l'ironie d'un regard perçant.
Voici l'Inde avec cette union si troublante de l'éros et du divin. La Thaïlande et une femme prête à sauter d'une falaise au-dessus du Mékong. Le Tonkin avec un combattant de Diên Bien Phu qui aimait la France. Le dévoilement d'une Chine méconnue, le Tao et le Bouddha, une audience pleine d'humour avec l'empereur. Le Japon, une marche rituelle dans les montagnes habitées par les Esprits, les miroirs secrets dans les sanctuaires...
On en ressort avec l'intelligence nourrie par d'autres manières de concevoir la vie.
Ecrivain voyageur et romancier, Olivier Germain-Thomas a notamment publié En chemin vers le Bouddha (Albin Michel Poche), Le Voyage des Indes (Imprimerie nationale), avec des photographies de R. et S. Michaud, La Traversée de la Chine à la vitesse du printemps (Le Rocher), Mosaïque du feu (Le Rocher) et en 2005, Un matin à Byblos (Le Rocher).
Grand Prix de littérature décerné pour l'ensemble de son oeuvre par l'Académie française (Prix Henri Gal, Institut de France).
Extrait du livre :
«Que faites-vous ici ?» est une question convenue à laquelle elle donne du relief par une réponse en idiome international : «Je voyage pour éviter de me jeter sous un train.» Je regarde avec plus d'attention la sylphide qui vient de m'aider pour l'envoi d'un paquet dans la poste de Khong Chiam, un village situé au-dessus du Mékong, à l'extrémité orientale de la Thaïlande. Elle sort du bureau de poste. Il me reste à payer. Je ne la reverrai pas, me dis-je. Je ne suis pas sur la route pour retrouver les névroses de l'Occident. Elle fume assise à l'ombre. Elle a de longs cheveux blonds, des yeux bleus, et s'exprime en anglais avec un accent. Je l'entraîne vers une gargote. Elle commande un Pepsi-Cola glacé. Je lui fais remarquer que la glace fabriquée avec une eau douteuse est à éviter. Elle hausse les épaules en suçant un glaçon. Elle est autrichienne, erre en Thaïlande depuis deux mois, a attrapé la langue aussi vite que les blondes attrapent des coups de soleil. Elle fait sortir le glaçon de sa bouche puis l'aspire. Je lui parle de l'Inde que j'ai quittée il y a une quinzaine de jours. Elle n'y est jamais allée. Je lui dis qu'elle pourrait y rencontrer un maître susceptible de l'aider.
- M'aider à quoi ?
- C'est comme la chimie. Il s'agit de changer la nature d'un état. Transformer un poison en boisson vivifiante.
Elle joue à nouveau à faire entrer et sortir le glaçon entre ses lèvres. Elle le projette dans son verre, rit d'être éclaboussée. Je blablate sur les capacités des sages indiens à voir en nous notre part inconnue. Elle se lève, allume une cigarette, dit : «Vous ne pouvez pas comprendre» et disparaît en laissant une odeur de patchouli.
J'ai installé dehors ma table de travail. Il fait 36,7° à l'ombre, ce qui donne du mou au cerveau. De la terrasse qui jouxte la chambre que j'ai louée dans ce village perdu où je suis arrivé par hasard ( ?), j'apprends quelques idéogrammes chinois avant de traverser ce pays que je ne connais pas, alors que je suis déjà venu en Thaïlande et au Laos. Xing, voyager, est formé d'un pas en avant avec le pied gauche, d'un autre avec le pied droit. Une petite Thaïe s'est cachée pour m'observer. Quand je la regarde, elle s'échappe vers la maison de mes propriétaires. Elle dépose dans l'air un souvenir si léger que le soleil aussitôt le brûle. Je trace le mot planète. À gauche voyager, à droite étoile. Le signe arbre, mu, est d'une facilité adaptée à la chaleur. Si l'on ajoute l'idéogramme enfant sous celui d'arbre, on obtient prunier car, dit-on, le prunier est l'arbre des enfants à cause de l'abondance de ses fruits et de leur goût agréable. Les enfants, zi, ont été des maîtres dans ma vie. Tous les systèmes de pensée sont contestables, pas les enfants. Leur égoïsme ne porte jamais le masque du contraire par quoi l'adulte croit tromper, alors qu'il est surtout ridicule, et ne trompe que soi. Je trace quian, épuisé, formé de ren, l'homme, et de deux traits qui expriment un souffle difficile.
Voici l'Inde avec cette union si troublante de l'éros et du divin. La Thaïlande et une femme prête à sauter d'une falaise au-dessus du Mékong. Le Tonkin avec un combattant de Diên Bien Phu qui aimait la France. Le dévoilement d'une Chine méconnue, le Tao et le Bouddha, une audience pleine d'humour avec l'empereur. Le Japon, une marche rituelle dans les montagnes habitées par les Esprits, les miroirs secrets dans les sanctuaires...
On en ressort avec l'intelligence nourrie par d'autres manières de concevoir la vie.
Ecrivain voyageur et romancier, Olivier Germain-Thomas a notamment publié En chemin vers le Bouddha (Albin Michel Poche), Le Voyage des Indes (Imprimerie nationale), avec des photographies de R. et S. Michaud, La Traversée de la Chine à la vitesse du printemps (Le Rocher), Mosaïque du feu (Le Rocher) et en 2005, Un matin à Byblos (Le Rocher).
Grand Prix de littérature décerné pour l'ensemble de son oeuvre par l'Académie française (Prix Henri Gal, Institut de France).
Extrait du livre :
«Que faites-vous ici ?» est une question convenue à laquelle elle donne du relief par une réponse en idiome international : «Je voyage pour éviter de me jeter sous un train.» Je regarde avec plus d'attention la sylphide qui vient de m'aider pour l'envoi d'un paquet dans la poste de Khong Chiam, un village situé au-dessus du Mékong, à l'extrémité orientale de la Thaïlande. Elle sort du bureau de poste. Il me reste à payer. Je ne la reverrai pas, me dis-je. Je ne suis pas sur la route pour retrouver les névroses de l'Occident. Elle fume assise à l'ombre. Elle a de longs cheveux blonds, des yeux bleus, et s'exprime en anglais avec un accent. Je l'entraîne vers une gargote. Elle commande un Pepsi-Cola glacé. Je lui fais remarquer que la glace fabriquée avec une eau douteuse est à éviter. Elle hausse les épaules en suçant un glaçon. Elle est autrichienne, erre en Thaïlande depuis deux mois, a attrapé la langue aussi vite que les blondes attrapent des coups de soleil. Elle fait sortir le glaçon de sa bouche puis l'aspire. Je lui parle de l'Inde que j'ai quittée il y a une quinzaine de jours. Elle n'y est jamais allée. Je lui dis qu'elle pourrait y rencontrer un maître susceptible de l'aider.
- M'aider à quoi ?
- C'est comme la chimie. Il s'agit de changer la nature d'un état. Transformer un poison en boisson vivifiante.
Elle joue à nouveau à faire entrer et sortir le glaçon entre ses lèvres. Elle le projette dans son verre, rit d'être éclaboussée. Je blablate sur les capacités des sages indiens à voir en nous notre part inconnue. Elle se lève, allume une cigarette, dit : «Vous ne pouvez pas comprendre» et disparaît en laissant une odeur de patchouli.
J'ai installé dehors ma table de travail. Il fait 36,7° à l'ombre, ce qui donne du mou au cerveau. De la terrasse qui jouxte la chambre que j'ai louée dans ce village perdu où je suis arrivé par hasard ( ?), j'apprends quelques idéogrammes chinois avant de traverser ce pays que je ne connais pas, alors que je suis déjà venu en Thaïlande et au Laos. Xing, voyager, est formé d'un pas en avant avec le pied gauche, d'un autre avec le pied droit. Une petite Thaïe s'est cachée pour m'observer. Quand je la regarde, elle s'échappe vers la maison de mes propriétaires. Elle dépose dans l'air un souvenir si léger que le soleil aussitôt le brûle. Je trace le mot planète. À gauche voyager, à droite étoile. Le signe arbre, mu, est d'une facilité adaptée à la chaleur. Si l'on ajoute l'idéogramme enfant sous celui d'arbre, on obtient prunier car, dit-on, le prunier est l'arbre des enfants à cause de l'abondance de ses fruits et de leur goût agréable. Les enfants, zi, ont été des maîtres dans ma vie. Tous les systèmes de pensée sont contestables, pas les enfants. Leur égoïsme ne porte jamais le masque du contraire par quoi l'adulte croit tromper, alors qu'il est surtout ridicule, et ne trompe que soi. Je trace quian, épuisé, formé de ren, l'homme, et de deux traits qui expriment un souffle difficile.
Fiche détaillée : Le Bénarès-Kyoto
| Auteur | Olivier Germain-Thomas |
|---|---|
| Editeur | Rocher Eds Du |
| Date de parution | septembre 2007 |
| Collection | Fantaisie Du Voyageur |
| ISBN | 2268062899 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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