Rugby professionnel , Confession d'un mercenaire kiwi J. Daniell

  • Récit (broché). Paru en 10/2007
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John Daniell a joué pendant neuf ans dans le championnat de France de rugby de première division. Ce Néo-Zélandais qui, jeune homme, rêvait d'enfiler la tunique noire des All Blacks, dresse un portrait du rugby français et de ses moeurs pas toujours conformes à l'idée que l'on se fait de ce sport :...
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John Daniell a joué pendant neuf ans dans le championnat de France de rugby de première division. Ce Néo-Zélandais qui, jeune homme, rêvait d'enfiler la tunique noire des All Blacks, dresse un portrait du rugby français et de ses moeurs pas toujours conformes à l'idée que l'on se fait de ce sport : argent, relations avec les dirigeants, surentraînement, violence, il ne cache rien. Venu en France «pour de l'argent et par amour du jeu, mais surtout pour de l'argent», il se qualifie lui-même de mercenaire. Mais John Daniell éprouve toujours une certaine nostalgie en voyant évoluer, sous la pression des intérêts économiques, les valeurs incomparables du rugby. Il nous raconte, avec beaucoup d'humour, son quotidien doux-amer de rugbyman, et comment le passage au professionnalisme a peu à peu dénaturé le sport de sa jeunesse. Ex-joueur de Wellington, ancien étudiant à Oxford, cet Anglo-Saxon porte un regard ironique et nouveau sur la France du rugby en général, sur son professionnalisme en particulier. Un jugement sans concession, mais qui n'occulte pas son amour pour le ballon ovale.

Riche en anecdotes et en informations sur les rouages de ce sport, cet ouvrage constitue une référence pour tous ceux qui veulent comprendre le rugby de l'intérieur.

John Daniell est né en Nouvelle-Zélande. Joueur «espoirs» des Ail Blacks, il porte les couleurs de la province de Wellington pendant deux ans (1994-1996). Il devient professionnel en intégrant le Racing-Club de France (1997-2000), puis rejoint Perpignan (2000-2003), où il fait partie de l'équipe qui amène l'USAP en finale de la Coupe d'Europe en 2003, puis termine sa carrière à Montpellier. Père d'une petite fille, Chloé, il vit aujourd'hui avec Marion, sa compagne. Il travaille comme journaliste pour la presse anglo-saxonne et française (L'Équipe, Le Monde et le Times).

Extrait du livre :
Bayonne : histoire et culture

Cinquième match de la saison et déjà le couteau sous la gorge ! Avec un tout petit point récolté lors de nos quatre dernières sorties, nous sommes avant-derniers ex aequo avec Toulon, précédant Pau de 1 point. Bayonne, avec 7 points, est confortablement installé devant nous après sa victoire à domicile contre Pau et un match nul à Brive. En cas de défaite, nous irions au-devant de pas mal d'ennuis, parce que Bayonne, au contraire de Castres et Toulouse, est une petite équipe. Si on est incapables de la battre à Montpellier, on peut d'ores et déjà préparer nos valises pour le voyage en Pro D2.
Bayonne nous ressemble à bien des égards, avec un jeu qui tourne autour d'un paquet solide. Mais un jeu qu'ils ont du mal à exporter. L'Aviron est monté en première division l'an dernier, et s'y maintenir fut une belle «perf». Il cherche maintenant à y affermir sa présence. C'est un vieux club, fondé voilà un siècle par un groupe de rameurs (d'où son nom) à la recherche d'une activité hivernale énergique. En 1913, Bayonne était champion de France. Le Montpellier Rugby-Club a, lui, célébré son vingtième anniversaire en 2006. Dans la lutte pour éviter la relégation, l'Aviron est un de nos adversaires directs.
Une fois encore sur le banc, j'entre au bout d'un quart d'heure après la blessure de Michel Macurdy et alors que nous avons déjà 10 points d'avance. Mes genoux, toujours solidement bandés -c'est mon premier match depuis un mois -, tiennent bon. À 10 minutes de la mi-temps, leur troisième ligne, Lamour, prend un carton jaune. Mais même en surnombre, nous ne parvenons pas à capitaliser et commençons à paniquer. Que l'Aviron marque, et il reviendrait dans la partie et pourrait nous plonger dans le doute, avec tout ce que cela suppose : discussions entre joueurs, engueulades, énervement. Sous la pression, tout pourrait alors retomber comme un malheureux soufflé.

Les rugbymen français -je ne me souviens pas d'avoir joué dans une équipe anglo-saxonne qui ait fait autre chose que s'encourager mutuellement - ont la fâcheuse habitude de se prendre pour des profs de CM1. Il n'est rien de plus irritant, sur un terrain de rugby, que d'entendre vos coéquipiers vous dire que vous avez foiré, surtout si vous en avez bien conscience. Lorsque je jouais pour Perpignan, j'ai raté un plaquage qui a amené un essai. Mon capitaine m'a dit : «Tu devais le plaquer. Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? Ils ont marqué à cause de ça !» Selon les individus, il y a différentes façons de composer avec ce comportement : exploser, rejeter la faute sur un autre, bouder ou faire un petit cocktail des trois. On sait qu'on devrait la fermer et accepter la critique, car c'est en effet de notre faute. Mais au fond, une rage noire nous envahit et on se dit : «Putain, je sais qu'ils ont marqué l'essai parce que j'ai manqué un plaquage, tu crois que je l'ai fait exprès ? Tu me prends pour un con ou quoi ? Qu'est-ce qui te donne le droit de me dire que je suis une merde ? Quoi, tu n'as jamais raté un plaquage de ta vie ?» Pas très «Un pour tous, tous pour un»...

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Le Mot de l'éditeur : Rugby professionnel

John Daniell a joué pendant neuf ans dans le championnat de France de rugby de première division. Ce Néo-Zélandais qui, jeune homme, rêvait d'enfiler la tunique noire des All Blacks, dresse un portrait du rugby français et de ses moeurs pas toujours conformes à l'idée que l'on se fait de ce sport : argent, relations avec les dirigeants, surentraînement, violence, il ne cache rien. Venu en France «pour de l'argent et par amour du jeu, mais surtout pour de l'argent», il se qualifie lui-même de mercenaire. Mais John Daniell éprouve toujours une certaine nostalgie en voyant évoluer, sous la pression des intérêts économiques, les valeurs incomparables du rugby. Il nous raconte, avec beaucoup d'humour, son quotidien doux-amer de rugbyman, et comment le passage au professionnalisme a peu à peu dénaturé le sport de sa jeunesse. Ex-joueur de Wellington, ancien étudiant à Oxford, cet Anglo-Saxon porte un regard ironique et nouveau sur la France du rugby en général, sur son professionnalisme en particulier. Un jugement sans concession, mais qui n'occulte pas son amour pour le ballon ovale.

Riche en anecdotes et en informations sur les rouages de ce sport, cet ouvrage constitue une référence pour tous ceux qui veulent comprendre le rugby de l'intérieur.

John Daniell est né en Nouvelle-Zélande. Joueur «espoirs» des Ail Blacks, il porte les couleurs de la province de Wellington pendant deux ans (1994-1996). Il devient professionnel en intégrant le Racing-Club de France (1997-2000), puis rejoint Perpignan (2000-2003), où il fait partie de l'équipe qui amène l'USAP en finale de la Coupe d'Europe en 2003, puis termine sa carrière à Montpellier. Père d'une petite fille, Chloé, il vit aujourd'hui avec Marion, sa compagne. Il travaille comme journaliste pour la presse anglo-saxonne et française (L'Équipe, Le Monde et le Times).

Extrait du livre :
Bayonne : histoire et culture

Cinquième match de la saison et déjà le couteau sous la gorge ! Avec un tout petit point récolté lors de nos quatre dernières sorties, nous sommes avant-derniers ex aequo avec Toulon, précédant Pau de 1 point. Bayonne, avec 7 points, est confortablement installé devant nous après sa victoire à domicile contre Pau et un match nul à Brive. En cas de défaite, nous irions au-devant de pas mal d'ennuis, parce que Bayonne, au contraire de Castres et Toulouse, est une petite équipe. Si on est incapables de la battre à Montpellier, on peut d'ores et déjà préparer nos valises pour le voyage en Pro D2.
Bayonne nous ressemble à bien des égards, avec un jeu qui tourne autour d'un paquet solide. Mais un jeu qu'ils ont du mal à exporter. L'Aviron est monté en première division l'an dernier, et s'y maintenir fut une belle «perf». Il cherche maintenant à y affermir sa présence. C'est un vieux club, fondé voilà un siècle par un groupe de rameurs (d'où son nom) à la recherche d'une activité hivernale énergique. En 1913, Bayonne était champion de France. Le Montpellier Rugby-Club a, lui, célébré son vingtième anniversaire en 2006. Dans la lutte pour éviter la relégation, l'Aviron est un de nos adversaires directs.
Une fois encore sur le banc, j'entre au bout d'un quart d'heure après la blessure de Michel Macurdy et alors que nous avons déjà 10 points d'avance. Mes genoux, toujours solidement bandés -c'est mon premier match depuis un mois -, tiennent bon. À 10 minutes de la mi-temps, leur troisième ligne, Lamour, prend un carton jaune. Mais même en surnombre, nous ne parvenons pas à capitaliser et commençons à paniquer. Que l'Aviron marque, et il reviendrait dans la partie et pourrait nous plonger dans le doute, avec tout ce que cela suppose : discussions entre joueurs, engueulades, énervement. Sous la pression, tout pourrait alors retomber comme un malheureux soufflé.

Les rugbymen français -je ne me souviens pas d'avoir joué dans une équipe anglo-saxonne qui ait fait autre chose que s'encourager mutuellement - ont la fâcheuse habitude de se prendre pour des profs de CM1. Il n'est rien de plus irritant, sur un terrain de rugby, que d'entendre vos coéquipiers vous dire que vous avez foiré, surtout si vous en avez bien conscience. Lorsque je jouais pour Perpignan, j'ai raté un plaquage qui a amené un essai. Mon capitaine m'a dit : «Tu devais le plaquer. Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? Ils ont marqué à cause de ça !» Selon les individus, il y a différentes façons de composer avec ce comportement : exploser, rejeter la faute sur un autre, bouder ou faire un petit cocktail des trois. On sait qu'on devrait la fermer et accepter la critique, car c'est en effet de notre faute. Mais au fond, une rage noire nous envahit et on se dit : «Putain, je sais qu'ils ont marqué l'essai parce que j'ai manqué un plaquage, tu crois que je l'ai fait exprès ? Tu me prends pour un con ou quoi ? Qu'est-ce qui te donne le droit de me dire que je suis une merde ? Quoi, tu n'as jamais raté un plaquage de ta vie ?» Pas très «Un pour tous, tous pour un»...

Fiche détaillée : Rugby professionnel

Auteur J. Daniell
Editeur Privat
Date de parution octobre 2007
Collection Le Rugby
ISBN 2708928236
Illustration Illustrations couleur

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