La dette Liêm Hoang-Ngoc

  • Essai (broché). Paru en 09/2007
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Questions posées par Pierre-Luc Seguillon

1 - Pourquoi la dette publique a-t-elle explosé depuis 30 ans ?
2 - Sommes-nous les plus mauvais élèves de la classe mondiale ?
3 - À qui profite la dette publique ?
- L'État est-il trop ou mauvais dépensier ?
5 - Existe-t-il de...
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Le Mot de l'éditeur : La dette

Questions posées par Pierre-Luc Seguillon

1 - Pourquoi la dette publique a-t-elle explosé depuis 30 ans ?
2 - Sommes-nous les plus mauvais élèves de la classe mondiale ?
3 - À qui profite la dette publique ?
- L'État est-il trop ou mauvais dépensier ?
5 - Existe-t-il de bons et de mauvais déficits ?
6 - Les économistes sont-ils tous d'accord au sujet de la dette ?
7- Faut-il augmenter, stabiliser ou réduire les prélèvements obligatoires ?
8 - Faut-il réformer le financement de l'assurance-maladie et des retraites ?
9 - Faut-il durcir ou assouplir le pacte de stabilité ?
10 - Comment amener la France à tirer parti de l'économie de la connaissance pour améliorer sa compétitivité, produire et exporter davantage ?
+1- Quel est le débouché politique d'une pensée de gauche «décomplexée» ?
Liêm Hoang-Ngoc est maître de conférences en économie à l'université Paris I-Panthéon Sorbonne. Il a 42 ans. Initiateur de l'«appel des économistes pour sortir de la pensée unique» en 1996, il est membre du Parti socialiste et auteur notamment de Vive l'impôt (Grasset, 2007) et Refermons la parenthèse libérale (La Dispute, 2005).

Extrait du livre :
Sommes-nous les plus mauvais élèves de la classe mondiale ?

La France n'est pas la plus mauvaise élève. Sa dette publique reste inférieure au taux d'endettement moyen de la zone euro (72 % du PIB). Dans la classe mondiale, les États-Unis ont un taux d'endettement voisin du nôtre (65 %). Le Japon bat tous les records. Son taux d'endettement est de 169 % alors même que son taux de prélèvements obligatoires n'est que de 26% (en raison de l'absence de protection sociale collective obligatoire).
Dans la classe européenne, quatre pays sont moins bien lotis que la France : l'Allemagne avec un taux d'endettement de 66,4%, la Belgique avec un taux de 95,7%, l'Italie avec un taux de 106,5 % et la Grèce avec un taux de 109,3 %.
Parmi les pays qui sont adhérents à l'euro, formant le noyau dur* de l'Europe des douze, six ne respectent pas le pacte de stabilité (l'Autriche a un taux d'endettement de 64,3 %), le septième, le Portugal, longtemps au-dessus des 60%, est à la limite autorisée (59,4%). À l'exception de l'Espagne (47%), seuls les «petits pays» (grands comme le Poitou) sont dans les clous : les Pays-Bas (53,1 %), la Finlande (45,1 %), l'Irlande (29,8%) et le Luxembourg (6,6%).
Parmi les quinze, les trois pays n'ayant pas adhéré à l'euro ont des taux d'endettement relativement faibles : la Grande-Bretagne, la Suède et le Danemark. Est-ce étonnant ? Ces pays ne sont pas tenus de respecter le pacte de stabilité, disposent de leur politique monétaire et peuvent faire fluc­tuer le taux de change de leur monnaie sur un grand marché unique. Relation de cause à effet ? Le taux d'endettement britannique est passé de 48,6 à 41,5 % entre 1994 et 2004, alors que la part des dépenses publiques s'est accrue. Elle est passée entre 1999 et 2006 de 37,5 à 42,5% du PIB. La Grande-Bretagne n'hésite jamais à pratiquer le déficit budgétaire en période de récession et ses bonnes performances en matière d'emploi s'expliquent notamment par la création de 560000 emplois publics entre 2000 et 2005, dont 150000 dans l'éducation et 280000 dans la santé publique. Le Danemark et la Suède, malgré leur modèle interventionniste et leur record du monde en matière de prélèvements obligatoires (57% et 55%) ont respectivement des taux d'endettement de 51 % et de 43,2%... orientés à la baisse, alors qu'ils s'élevaient à 77,4 % et 73,9 % en 1994 !
Il est donc symptomatique que les pays moteurs de l'euro subissent les pires difficultés à appliquer le pacte de stabilité. L'Italie avait même dû créer un impôt spécifique pour réduire la dette publique afin de se qualifier pour l'euro. En vérité, l'Europe souffre d'une panne de croissance, en grande partie provoquée par le choix d'un pilotage néolibéral des politiques économiques. Cette situation de croissance ralentie réduit mécaniquement les recettes fiscales, par ailleurs amenuisées par les politiques fiscales menées. Pour que les déficits restent compatibles avec le pacte de stabilité, les baisses d'impôts nécessitent alors de nouvelles restrictions des dépenses publiques qui ne peuvent qu'entretenir le cercle vicieux récessionniste dans lequel la zone euro s'est engoncée.
Celle-ci souffre de surcroît de l'intégrisme monétaire de la BCE. Les hausses de taux d'intérêt alourdissent les charges de la dette et provoquent une surévaluation de l'euro face au dollar. Cette surévaluation pénalise nos industries exporta­trices et amplifie le mouvement des délocalisations extra­communautaires, permettant de bénéficier à la fois des bas coûts de la main-d'oeuvre asiatique et d'une monnaie sous-évaluée, alignée sur le dollar. Cet euro fort favorise donc les délocalisations vers les pays à bas coûts salariaux dont la monnaie est arrimée au dollar faible. Réimportés en Europe, les produits fabriqués dans ces contrées concurrencent à des prix imbattables les marchandises européennes, tout en permettant aux entreprises les moins patriotes de dégager des taux de marge supérieurs pour leurs actionnaires.

Fiche détaillée : La dette

Auteur Liêm Hoang-Ngoc
Editeur Michalon Eds
Date de parution septembre 2007
Collection 10 Questions + 1
ISBN 2841864154
EAN 978-2841864157
Illustration Pas d'illustrations
Nombre de pages 112

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