Hôtel de dream Edmund White, André Zavriew (Traduction)

  • Roman (broché). Paru en 08/2007
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En 1900, à vingt-huit ans à peine, le grand écrivain américain Stephen Crâne se meurt de la tuberculose au fin fond de la campagne anglaise. Sa compagne, Cora, ancienne prostituée et tenancière du bordel appelé «Hôtel de Dream», en Floride, remue ciel et terre pour trouver l'argent qui permettra de...
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En résumé : Hôtel de dream

En 1900, dans le Sussex, le jeune écrivain Stephen Crane meurt à petit feu de la tuberculose. Cora, sa compagne, une ancienne prostituée qui tenait en Floride un bordel appelé l'Hotel de Dream, organise un voyage pour tenter de le guérir.

Le Mot de l'éditeur : Hôtel de dream

En 1900, à vingt-huit ans à peine, le grand écrivain américain Stephen Crâne se meurt de la tuberculose au fin fond de la campagne anglaise. Sa compagne, Cora, ancienne prostituée et tenancière du bordel appelé «Hôtel de Dream», en Floride, remue ciel et terre pour trouver l'argent qui permettra de conduire Crâne jusqu'à la clinique, au coeur de la Forêt-Noire, où elle pense qu'il pourra être guéri. Au cours de ce long et pénible exode vers l'Allemagne ponctué par les visites de Joseph Conrad et Henry James, Crâne lui dicte son nouveau roman, chapitre par chapitre.
Intitulé Le Garçon maquillé, ce «roman dans le roman» raconte l'histoire d'un adolescent, Elliott, rencontré par Crâne autrefois dans les rues de New York et vivant de la prostitution. Un banquier marié et petit-bourgeois, foudroyé par sa beauté, est saisi d'une passion dévorante pour le jeune homme. Mais la ruine, le désastre et la tragédie guettent à la fois le garçon et le banquier...

Edmund White réussit ici un remarquable tour de force littéraire. Un texte qui explore la vie sordide du New York de la fin du XIXe siècle tout en proposant l'admirable portrait d'une femme amoureuse d'un écrivain de génie. Un roman surprenant, humain et subtil.

Edmund White s'est fait connaître du public français en 1984 avec Un jeune Américain, roman retraçant une difficile adolescence gay dans une province américaine. Enseignant à l'université de Princeton, il est l'auteur de très nombreux ouvrages, parmi lesquels La Tendresse sur la peau (Bourgois, 1988), La Symphonie des adieux (Plon, 1998), L'Homme marié (Plon, 2000), ainsi qu'une biographie de Jean Genêt (Gallimard, 1993) et son autobiographie, Mes vies (Plon, 2006).

Extrait du livre :
Il se réveille maintenant. Pendant quelques instants il est toujours dans l'atmosphère lumineuse de son rêve : New York par une belle journée ensoleillée, une activité intense, à chaque coin de rue un immeuble s'élève ; dans un fracas métallique, des marteaux enfoncent des pou­trelles; les rames du métro aérien rugissent au-dessus des têtes, des chariots en bois à larges roues roulent, dangereusement proches les uns des autres, au rythme saccadé et creux des sabots de leurs chevaux. Un tramway jaune, les vitres éblouissantes de soleil, le dépasse. Les plumes de leurs chapeaux agitées par la brise, des femmes avancent d'un pas pressé; elles relèvent leurs jupes d'une main experte quand elles descendent du trottoir pour éviter de les salir contre la bordure boueuse. Tout ce monde parle à la fois, les vendeurs s'égosillent devant leurs charrettes à bras. Dans le rêve de Stephen, c'est une journée exceptionnellement chaude : hommes et femmes ont l'air de cuire, de fumer dans d'épais vêtements de laine. Ce qui est curieux, c'est que dans ce rêve il n'y a pas d'enfants. Puis soudain, à ses côtés et lui souriant, il y a Elliott, un Elliott qui est à la fois une personne distincte et comme une partie de lui-même, qui partagerait avec lui un organe essentiel - la colonne vertébrale ou le poumon, par exemple.
Après la rencontre d'Elliott devant Everett House, ils étaient restés si longtemps attablés qu'ils avaient vu apparaître la table roulante des rôtis avec ses plateaux d'argent : le rôti de boeuf, le gigot d'agneau avec sa sauce à la menthe, l'oie avec sa sauce à la pomme, le boeuf bouilli aux carottes et aux choux, le gigot de mouton bouilli.

Elliott a failli avoir un haut-le-coeur en voyant la table, mais j'ai commandé pour lui du blanc de poulet sans sauce et de la purée sans beurre. Il était si faible que j'ai dû le nourrir moi-même.
«Etes-vous malade, Elliott ? lui ai-je demandé.
- Oui, monsieur.
- Ne m'appelez pas monsieur. Dites Stevie.»
Les yeux d'Elliot se sont noyés dans un océan de blancheur. Il ne comprenait pas. Ce monsieur au chapeau coquet, aux chaussures usées, au grand manteau marron, voulait qu'il l'appelle Stevie ! Elliott a murmuré mon prénom; on aurait dit qu'il s'exerçait à blasphémer.
«Dites-moi, Elliott, qu'est-ce qui ne va pas ? Pensez-vous être atteint de consomption ?»
Ses yeux ont vacillé. «Pardon ?
- De phtisie ? De tuberculose ?» Les yeux continuent à danser.
Huneker est intervenu. «Voyons, mon garçon, as-tu les poumons malades ? Es-tu poitrinaire ?»
Elliott a répondu d'une petite voix : «Je ne crois pas, monsieur.»
Moi : «Avez-vous de la fièvre dans l'après-midi, une toux persistante, avez-vous perdu brutalement du poids, y a-t-il du sang dans vos crachats ?»

Fiche détaillée : Hôtel de dream

Auteur Edmund White
Traduction André Zavriew
Editeur Plon
Date de parution 27/08/2007
Collection Feux Croises
Format 14cm x 23cm
ISBN 2259206522
EAN 978-2259206525
Illustration Pas d'illustrations

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