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Ma mère toute bue Valérie Meynadier
- Roman (broché). Paru en 06/2007
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" J'ai peur de ma mère comme du haut d'une tour. Peur qu'elle ne me fasse tomber dans une chute irréversible. J'ai déjà commencé de tomber. "
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Le Mot de l'éditeur : Ma mère toute bue
" J'ai peur de ma mère comme du haut d'une tour. Peur qu'elle ne me fasse tomber dans une chute irréversible. J'ai déjà commencé de tomber. "
C'est l'histoire d'une chute. Lente et irréversible. La déchéance d'un être en proie à ses démons.
C'est aussi l'histoire d'un amour éperdu. Celui d'une fille pour sa mère. Une adolescente qui, page à page, nous fait partager sa révolte, son désespoir et ses colères.
Une écriture coup de poing, haletante, percutante et si forte qu'on ne peut sortir indemne de la lecture de ce texte.
Valéry Meynadier est née à Paris et vit actuellement à Montpellier où elle anime des ateliers d'écriture dans les collèges, IUFM, maisons d'arrêt et chez elle. Elle est également co-scénariste et comédienne. L'écriture lui est moins qu'une passion et plus qu'une nécessité : c'est sa vie.
Extrait du livre :
Allô monsieur le directeur, excusez-moi pour hier, mais ma fille Gabrielle, la pauvre chérie, elle a encore fait une crise, c'est pour ça que j'ai pas pu venir ! Oui, je sais la deuxième fois en un mois, excusez-moi monsieur le directeur.
N'es-tu pas née pour ta fille ? Ne vas-tu pas mourir pour ta fille ? Tout pour ta fille ! Ne chies-tu pas pour ta fille ? Suffit ! Pardon, je sais, moi je n'ai que l'imagination marquée au fer rouge, toi c'est le corps en entier. Depuis l'aveu de la forêt, je sais ta honte, ma mie.
Allo, bonjour monsieur le directeur, si j'étais malade hier, oui les nerfs... Comment ? Pardon ! Ma mère, boire ? vous voulez rire ! Comme tout le monde.
J'ai honte moi des directeurs et des hôpitaux et des médecins, honte de toute la gent médicale qui n'a pas honte, elle, de bouter hors de ses murs cette espèce de désespérés gonflés de honte comme d'orgueil, ces déjà noyés, que rien ne retient dans leur désespérance et qui croupissent dans les caniveaux.
Comment, qu'est ce que j'ai dit ? Oh rien monsieur le directeur. Rien...
En même temps que moi naissait «quelque chose d'horrible».
Tu me l'as révélé une nuit ce bâtard, affaissée sur le canapé, tu m'as craché le morceau. Sans moi, ce «quelque chose d'horrible» n'avait pas de chance de survie. Sur ta fille, l'horrible a fait son lard. Horrible greffe opérée par grand-mère Raca. Ta mère t'a demandé «quelque chose d'horrible», de traduisible seulement par : «quelque chose d'horrible» et de continuer :
«Les larmes folles éclataient.
Me cacher.
La souffrance est un secret, ils ne devaient pas savoir mais tous déjà savaient et gloussaient dans l'ombre, spectacle réjouissant que mes larmes. Me planquer, vite ! Où ?
Dehors, dans la voiture de papa, dans le garage, vite... La souffrance a une mission secrète, Gab d'amour, que personne ne l'apprenne, sinon elle échouera.»
Depuis en rupture de voix, plus jamais piper mot de ce bâtard, mon frère, alors moi, je parle pour deux, je soliloque, je divague à tout bout de champ. Pauvre mie, j'enfreins ta loi du silence. C'est un trait de mon caractère, incurable, avec moi, la souffrance échoue ipso facto.
C'est l'histoire d'une chute. Lente et irréversible. La déchéance d'un être en proie à ses démons.
C'est aussi l'histoire d'un amour éperdu. Celui d'une fille pour sa mère. Une adolescente qui, page à page, nous fait partager sa révolte, son désespoir et ses colères.
Une écriture coup de poing, haletante, percutante et si forte qu'on ne peut sortir indemne de la lecture de ce texte.
Valéry Meynadier est née à Paris et vit actuellement à Montpellier où elle anime des ateliers d'écriture dans les collèges, IUFM, maisons d'arrêt et chez elle. Elle est également co-scénariste et comédienne. L'écriture lui est moins qu'une passion et plus qu'une nécessité : c'est sa vie.
Extrait du livre :
Allô monsieur le directeur, excusez-moi pour hier, mais ma fille Gabrielle, la pauvre chérie, elle a encore fait une crise, c'est pour ça que j'ai pas pu venir ! Oui, je sais la deuxième fois en un mois, excusez-moi monsieur le directeur.
N'es-tu pas née pour ta fille ? Ne vas-tu pas mourir pour ta fille ? Tout pour ta fille ! Ne chies-tu pas pour ta fille ? Suffit ! Pardon, je sais, moi je n'ai que l'imagination marquée au fer rouge, toi c'est le corps en entier. Depuis l'aveu de la forêt, je sais ta honte, ma mie.
Allo, bonjour monsieur le directeur, si j'étais malade hier, oui les nerfs... Comment ? Pardon ! Ma mère, boire ? vous voulez rire ! Comme tout le monde.
J'ai honte moi des directeurs et des hôpitaux et des médecins, honte de toute la gent médicale qui n'a pas honte, elle, de bouter hors de ses murs cette espèce de désespérés gonflés de honte comme d'orgueil, ces déjà noyés, que rien ne retient dans leur désespérance et qui croupissent dans les caniveaux.
Comment, qu'est ce que j'ai dit ? Oh rien monsieur le directeur. Rien...
En même temps que moi naissait «quelque chose d'horrible».
Tu me l'as révélé une nuit ce bâtard, affaissée sur le canapé, tu m'as craché le morceau. Sans moi, ce «quelque chose d'horrible» n'avait pas de chance de survie. Sur ta fille, l'horrible a fait son lard. Horrible greffe opérée par grand-mère Raca. Ta mère t'a demandé «quelque chose d'horrible», de traduisible seulement par : «quelque chose d'horrible» et de continuer :
«Les larmes folles éclataient.
Me cacher.
La souffrance est un secret, ils ne devaient pas savoir mais tous déjà savaient et gloussaient dans l'ombre, spectacle réjouissant que mes larmes. Me planquer, vite ! Où ?
Dehors, dans la voiture de papa, dans le garage, vite... La souffrance a une mission secrète, Gab d'amour, que personne ne l'apprenne, sinon elle échouera.»
Depuis en rupture de voix, plus jamais piper mot de ce bâtard, mon frère, alors moi, je parle pour deux, je soliloque, je divague à tout bout de champ. Pauvre mie, j'enfreins ta loi du silence. C'est un trait de mon caractère, incurable, avec moi, la souffrance échoue ipso facto.
Fiche détaillée : Ma mère toute bue
| Auteur | Valérie Meynadier |
|---|---|
| Editeur | Chevrefeuille Etoilee |
| Date de parution | juin 2007 |
| ISBN | 2914467397 |
| Illustration | Pas d'illustrations |






