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La mort de l'information Albert Du Roy
- Essai (broché). Paru en 10/2007
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Un testament, ça sert à léguer quelque chose à quelqu'un. Qu'est-ce que je lègue ? Une réflexion teintée d'amertume...
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En résumé : La mort de l'information
D?un côté, la démocratie devient de plus en plus « directe ». Par le suffrage universel, les référendums, les sondages, les citoyens pèsent à tout instant sur les décisions et font de moins en moins confiance à ceux qu?ils ont choisis pour les représenter. Mais ont-ils les moyens de ce nouveau rôle alors que les dirigeants maîtrisent de mieux en mieux les techniques de communication, c?est-à-dire de manipulation ?
De l?autre côté, le système d?information est discrédité par les connivences, les effets pervers de la concurrence, la perte des repères déontologiques. Il ne remplit plus sa fonction démocratique, qui est de permettre à chaque citoyen d?exercer en connaissance de cause ses responsabilités. Celui-ci se retrouve seul, avec le sentiment illusoire et dangereux que, grâce à Internet, il pourra s?informer et s?exprimer.
Mais dans une démocratie libérale, c?est pourtant lui qui est le maître ! Il a donc sa part de responsabilité dans la double crise du politique et du système d?information. Ce livre est à la fois un essai pugnace et le décryptage, par un très grand professionnel, de l?actualité de ces dernières années. Études de cas à l?appui, Albert Du Roy montre et démontre que ni les médias ni les journalistes ne peuvent, aujourd?hui, se prétendre indépendants ; que la concurrence effrénée produit des dérapages et non de la qualité ; que l?image, même non trafiquée, éloigne souvent de la vérité ; que le mythe de la « transparence » engendre de l?opacité. L?AUTEUR L?homme qui dresse ce constat sévère a derrière lui un parcours sans équivalent : éditorialiste à Europe 1 et RMC, rédacteur en chef adjoint de L?Express, grand interviewer pour « L?heure de vérité », directeur de la rédaction de L?Événement du jeudi et de L?Expansion, directeur de l?information à France 2.
Le Mot de l'éditeur : La mort de l'information
Un testament, ça sert à léguer quelque chose à quelqu'un. Qu'est-ce que je lègue ? Une réflexion teintée d'amertume sur un système d'information dont les faiblesses sont dues autant aux hommes qu'aux structures de notre société libérale. Une interrogation anxieuse sur notre vie démocratique. Une remarque enfin : dans un avenir que je ne connaîtrai pas, les citoyens auront encore plus de pouvoir, sur la gestion de la société comme sur les médias; la manière dont ils l'exercent aujourd'hui permet de s'inquiéter de ce qu'ils en feront demain. Le constat que dresse ce livre est sévère. Pour tous, y compris pour moi-même. Il suscitera bien des aigreurs chez mes confrères. Tant pis ! J'ai passé le temps de la prudence.»
En un demi-siècle de pratique, Albert du Roy a connu presque toutes les formes de journalisme : radio (Europe 1, RMC, France inter), télévision (France 2), presse écrite (l'Express, Le Nouvel Observateur, L'Evénement du jeudi, L'Expansion,...,) ; reportages, enquêtes, interviews («L'Heure de vérité»), éditoriaux; du statut de reporter à la fonction de directeur général.
Extrait du livre :
De la démocratie directe
Le 6 mai 2007, les Français ont élu, avec netteté, un nouveau président. Ont-ils fait le bon choix ? L'avenir le dira, et ce n'est pas l'objet de ce livre que d'en discuter. Dès le résultat connu, le soir même à l'oral sur radios et télés, le lendemain à l'écrit dans les quotidiens, puis avec plus d'emphase encore dans les hebdos, les commentateurs des deux bords, professionnels de la politique ou du journalisme (on verra que c'est parfois la même chose), se sont félicités à l'unisson : les Français étaient ré-con-ci-liés avec la politique ! Et l'on sentait chez tous un immense soulagement. Après bizarreries sondagières, incongruités électorales et pataquès référendaire, les «choses» reprenaient enfin leur cours normal, le fleuve politique, un temps incontrôlable, était rentré dans son lit. Chacun retrouvait ses marques. Effacé, le traumatisme de 2002 : les fluxions extrémistes enfin réduites, nous étions revenus en terrain connu, à l'affrontement classique droite/gauche. Corrigé, l'accident du référendum européen de 2005 : les deux finalistes de l'élection étaient des partisans du «oui» et avaient promis la relance institutionnelle de l'Union. Inversée, la courbe désastreuse de la participation électorale, en baisse continue depuis trente ans : 15 % d'abstentions seulement après une forte vague d'inscriptions sur les listes électorales. Oubliées, les campagnes étiques où les militants encartés rameutés à grands frais remplissaient difficilement les salles municipales : les foules débordaient des stades, des zéniths, des palais des sports que seules les stars de la chanson réussissent d'ordinaire à combler, et les débats télévisés, revenus à l'occasion sur les écrans à des horaires de séries américaines, dopaient l'Audimat. Interrompue enfin, cette fatalité qui semblait frapper tout pouvoir en place : depuis 1981, tous les scrutins présidentiels ou législatifs ont alternativement sanctionné soit le président, soit le gouvernement en exercice. Le vainqueur, cette fois, s'inscrit dans la continuité politique de la majorité sortante, même si c'est paradoxalement au nom de la «rupture».
De plus, l'élection phare retrouvait un éclat perdu depuis un quart de siècle. Non seulement l'élu était bien élu (53 %), mais en plus il l'était dans la clarté. En 1988 avec l'hypocrite «ni-ni» mitterrandien, en 1995 avec l'entourloupe chiraquienne de la «fracture sociale», en 2002 avec la surréaliste vague antiraciste, c'était le triomphe de l'ambiguïté et du faux-semblant. Cette fois, l'électeur s'est trouvé devant un vrai choix exprimé ; il ne pouvait ignorer en faveur de qui et de quoi il votait. Pour peu que l'élu soit fidèle à ce qu'il est et à ce qu'il a promis - et il a commencé à l'être jusqu'à la caricature -, le citoyen obtiendra ce qu'il a voulu avoir. S'il n'est pas content, il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.
Tout cela était bel et bon. Et l'on tourna la page avec le sentiment du devoir accompli et la satisfaction d'une démocratie réconciliée avec elle-même, appréciant au passage l'activisme trépidant du nouveau président, son habileté manoeuvrière pour déstabiliser l'adversaire, et le look surprenant, moitié Clinton, moitié Grimaldi, qu'il imprimait à sa fonction. Mais tourner la page ne signifie pas que les pages précédentes n'ont pas été écrites. Les dysfonctionnements constatés depuis l'aube de la Ve République, les doutes émis, les craintes exprimées tout au long de la campagne, demeurent. Peut-on les oublier ? Le pouvoir déséquilibré a-t-il été rééquilibré par un coup de baguette magique ? Le sera-t-il grâce à la réforme en projet ? La monarchie présidentielle, que l'on pourrait aussi nommer la présidence impériale, s'est-elle républicanisée ? La toute-puissance élyséenne, encore renforcée par la conception que le nouvel élu a de sa fonction, sera-t-elle davantage contrôlée ? Et, pour rester sur le terrain que nous avons choisi, les électeurs, qui ont indéniablement exercé leur responsabilité citoyenne, ont-ils eu les moyens de le faire en toute connaissance de cause ? Et les auront-ils à l'avenir lorsqu'on les interrogera à nouveau ? Autrement dit : l'«opinion», que chacun évoque à sa guise, et dont tout le monde prétend mesurer les moindres pulsions, a-t-elle été, est-elle encore vraiment à même de trancher en conscience et compétence les grands choix qu'on lui soumet ?
Fiche détaillée : La mort de l'information
| Auteur | Albert Du Roy |
|---|---|
| Editeur | Stock |
| Date de parution | octobre 2007 |
| Format | 14cm x 22cm |
| ISBN | 2234059879 |
| EAN | 978-2234059870 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 198 |
Droits numériques : La mort de l'information
| Format | ePub |
|---|---|
| Editeur | Stock |
| Date de parution | 03/10/2007 |
| Type de DRM | Adobe DRM |
| Droit d'impression | Non autorisé |
| Droit de Copier/Coller | Non autorisé |
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