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Légendes, les déesses de l'amour M. Lesage
- Essai (broché). Paru en 10/2007
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Il y a 2 500 ans l'amour avait le visage des déesses de l'Olympe.
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Le Mot de l'éditeur : Légendes, les déesses de l'amour
Il y a 2 500 ans l'amour avait le visage des déesses de l'Olympe.
Envoûtante Vénus, terrible Junon, étonnante Minerve, farouche Diane, maternelle Cérès ou pure Vesta... nous croyons toutes les connaître et pourtant leurs sourires impénétrables ont traversé les siècles en gardant leur mystère.
Aussi Mireille Lesage a-t-elle voulu les ressusciter : pour chacune des six grandes Olympiennes, elle brosse un court portrait, riche en anecdotes et parallèles inattendus avec des femmes contemporaines puis, à travers une nouvelle inédite, éclaire d'un jour passionnant leur légende et leur caractère respectifs.
Alors qu'on dissèque plus que jamais le sentiment amoureux et la psyché féminine, voici une clé aussi originale qu'ancienne, profondément enfouie dans nos mémoires millénaires.
Un miroir éternel, offert aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui par les mythes d'hier...
Tendons l'oreille : les déesses de l'amour nous parlent.
Avec Les Ailes du matin et L'Envol de Clémence, Mireille Lesage a renouvelé le genre des grandes sagas historiques. Elle est l'auteur du "Cycle des anneaux" : Roma et Amor.
Dessins de Marc Faivre
Extrait du livre :
Descente aux Enfers
La déesse épouvantée appelle sa mère et ses compagnes, mais le plus souvent sa mère. Le ravisseur lance son char en avant.
Ovide
Au sortir du bois et de sa pénombre, les jeunes filles s'arrêtèrent un instant, éblouies par le soleil, fascinées par la vaste étendue claire qui ondoyait sous la brise. Elles étaient venues avec de grands paniers, escomptant trouver des narcisses sur ce versant de la colline, mais le spectacle dépassait leurs espérances.
Soudain excitées, bruyantes, joyeuses, elles se jetèrent sans plus attendre dans un océan vert, blanc et jaune, pointillé d'or, au parfum grisant.
Très vite, les paniers débordant de fleurs s'alignèrent en lisière des arbres. Mais la cueillette n'en fut pas terminée pour autant. Retroussant leurs tuniques sur leurs longues robes, ôtant les rubans de leurs cheveux pour lier les tiges, les jeunes filles s'égayèrent encore, toujours plus avant. L'euphorie du début avait cédé à plus de concentration. Les chansons avaient cessé ou presque, tandis que chacune s'absorbait dans sa tâche. Le calme retomba sur la prairie, souligné par les hirondelles qui s'agitaient, inlassables, dans le ciel pur de la Sicile.
Proserpine qui croulait sous les fleurs, décida qu'elle en avait assez et se redressa avec un petit coup de tête pour rejeter ses mèches noires en arrière. S'apercevant qu'elle s'était écartée de ses amies, elle en conçut une certaine satisfaction. Jamais elle n'était seule. Sa mère, Cérès, y veillait, connaissant mieux que personne les dangers que pouvait encourir une jolie jeune fille. Proserpine trouvait parfois cette surveillance contraignante bien que, pour rien au monde, elle n'eût voulu être privée de l'attention maternelle. Sa mère était tout pour elle. Son amour la rassurait, la comblait. La seconder dans son rôle de déesse de la terre suffisait à son bonheur. D'ailleurs les hommes en général lui faisaient peur.
Pourtant, en ce jour rayonnant, au milieu du pré parfumé, sans personne à ses côtés, un sentiment de liberté, de légèreté, gonfla sa poitrine sur laquelle se pressaient les fleurs. Elle eut l'impression curieuse que quelque chose se préparait, invisible, sans pouvoir déterminer s'il fallait s'en réjouir ou trembler.
Proserpine ferma les yeux tout en continuant à fouler l'herbe. Lorsqu'elle les rouvrit, sa marche aveugle l'avait menée hors de la vue de ses compagnes, tout à l'extrémité du pré. Il n'y avait plus de brise ; les oiseaux s'étaient tus. En revanche, Proserpine crut percevoir comme un grondement. Le volcan Etna peut-être, où travaillaient Vulcain et les Cyclopes, ces géants forgerons pourvus d'un oeil unique ? Elle n'avait aucune raison de s'en inquiéter. Toutefois, avec un brusque sursaut de crainte, elle voulut faire demi-tour. C'est alors qu'elle découvrit à courte distance la rareté, la merveille !
Envoûtante Vénus, terrible Junon, étonnante Minerve, farouche Diane, maternelle Cérès ou pure Vesta... nous croyons toutes les connaître et pourtant leurs sourires impénétrables ont traversé les siècles en gardant leur mystère.
Aussi Mireille Lesage a-t-elle voulu les ressusciter : pour chacune des six grandes Olympiennes, elle brosse un court portrait, riche en anecdotes et parallèles inattendus avec des femmes contemporaines puis, à travers une nouvelle inédite, éclaire d'un jour passionnant leur légende et leur caractère respectifs.
Alors qu'on dissèque plus que jamais le sentiment amoureux et la psyché féminine, voici une clé aussi originale qu'ancienne, profondément enfouie dans nos mémoires millénaires.
Un miroir éternel, offert aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui par les mythes d'hier...
Tendons l'oreille : les déesses de l'amour nous parlent.
Avec Les Ailes du matin et L'Envol de Clémence, Mireille Lesage a renouvelé le genre des grandes sagas historiques. Elle est l'auteur du "Cycle des anneaux" : Roma et Amor.
Dessins de Marc Faivre
Extrait du livre :
Descente aux Enfers
La déesse épouvantée appelle sa mère et ses compagnes, mais le plus souvent sa mère. Le ravisseur lance son char en avant.
Ovide
Au sortir du bois et de sa pénombre, les jeunes filles s'arrêtèrent un instant, éblouies par le soleil, fascinées par la vaste étendue claire qui ondoyait sous la brise. Elles étaient venues avec de grands paniers, escomptant trouver des narcisses sur ce versant de la colline, mais le spectacle dépassait leurs espérances.
Soudain excitées, bruyantes, joyeuses, elles se jetèrent sans plus attendre dans un océan vert, blanc et jaune, pointillé d'or, au parfum grisant.
Très vite, les paniers débordant de fleurs s'alignèrent en lisière des arbres. Mais la cueillette n'en fut pas terminée pour autant. Retroussant leurs tuniques sur leurs longues robes, ôtant les rubans de leurs cheveux pour lier les tiges, les jeunes filles s'égayèrent encore, toujours plus avant. L'euphorie du début avait cédé à plus de concentration. Les chansons avaient cessé ou presque, tandis que chacune s'absorbait dans sa tâche. Le calme retomba sur la prairie, souligné par les hirondelles qui s'agitaient, inlassables, dans le ciel pur de la Sicile.
Proserpine qui croulait sous les fleurs, décida qu'elle en avait assez et se redressa avec un petit coup de tête pour rejeter ses mèches noires en arrière. S'apercevant qu'elle s'était écartée de ses amies, elle en conçut une certaine satisfaction. Jamais elle n'était seule. Sa mère, Cérès, y veillait, connaissant mieux que personne les dangers que pouvait encourir une jolie jeune fille. Proserpine trouvait parfois cette surveillance contraignante bien que, pour rien au monde, elle n'eût voulu être privée de l'attention maternelle. Sa mère était tout pour elle. Son amour la rassurait, la comblait. La seconder dans son rôle de déesse de la terre suffisait à son bonheur. D'ailleurs les hommes en général lui faisaient peur.
Pourtant, en ce jour rayonnant, au milieu du pré parfumé, sans personne à ses côtés, un sentiment de liberté, de légèreté, gonfla sa poitrine sur laquelle se pressaient les fleurs. Elle eut l'impression curieuse que quelque chose se préparait, invisible, sans pouvoir déterminer s'il fallait s'en réjouir ou trembler.
Proserpine ferma les yeux tout en continuant à fouler l'herbe. Lorsqu'elle les rouvrit, sa marche aveugle l'avait menée hors de la vue de ses compagnes, tout à l'extrémité du pré. Il n'y avait plus de brise ; les oiseaux s'étaient tus. En revanche, Proserpine crut percevoir comme un grondement. Le volcan Etna peut-être, où travaillaient Vulcain et les Cyclopes, ces géants forgerons pourvus d'un oeil unique ? Elle n'avait aucune raison de s'en inquiéter. Toutefois, avec un brusque sursaut de crainte, elle voulut faire demi-tour. C'est alors qu'elle découvrit à courte distance la rareté, la merveille !
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