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Quelque chose de Johnny
Guy Carlier
- Biographie (broché). Paru en 11/2007
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En résumé : Quelque chose de Johnny
Le Mot de l'éditeur : Quelque chose de Johnny
Un bandeau blanc défile au bas de l'écran :
«JOHNNY HALLYDAY EST MORT CE SOIR A SON DOMICILE DE MARNES-LA-COQUETTE.»
Un ascenseur tombe dans mes entrailles...
...J'avais neuf ans. Et cette pochette de disque dans la vitrine du magasin Toutélec à Argenteuil. Johnny, veste à paillettes, guitare sèche en bandoulière, la tête étrangement penchée sur le côté, tombait à genoux comme les toreros qui friment devant la porte du toril.
Le Noël suivant, on m'offrit le disque.
J'embrassais la photo de la pochette chaque soir avant de m'endormir.
Quarante-cinq ans plus tard, dans sa loge du palais des Sports, Johnny Hallyday m'a appelé Guy et m'a embrassé à son tour.
Maintenant, je connais le sens de la vie : c'est un baiser de Johnny Hallyday.
Extrait du livre :
Ma gueule
Qu'est-ce qu'elle a, ma gueule ?
2e JOUR APRÈS J. H.
Merde, je n'ai pas rêvé !
On ne voit que sa «gueule» dans le kiosque à journaux.
La une de Libé est constituée d'une photo pleine page, où Johnny sur scène, avec un mur de projecteurs derrière lui, ressemble à une éclipse, et en dessous cette phrase : «Pour moi la mort va commencer».
Le Parisien titre : «Mort d'une idole».
France-Soir, qui, quel que soit l'événement, trouve le moyen de parler de Sarkozy, n'a pas dérogé à sa déontologie. Sous un cliché du Président pris la veille à son arrivée à Marnes-la-Coquette et cadré avec pudeur au-dessus des santiags, on peut lire : «Les larmes du Président».
A la une du Figaro, sous le titre austère : «Johnny Hallyday est mort», une photo de RafFarin jeune. Déjà RafFarin jeune, ça surprend, tant ces deux mots sont anachroniques. Pourtant sur la photo, prise avant la bosse, on le voit déguisé en rocker, la chemise grande ouverte, hurler dans un micro. La légende affirme qu'il chantait Ma gueule. Il avait raconté ça chez Drucker probablement pour contrebalancer son image sénatoriale. C'est drôle, mais on n'y croit pas. C'est comme Balladur, on a du mal à imaginer ces types-là, au physique de Bourbon, Faire les cons, délirer en fumant un pétard et emballer sur un slow de Johnny. Et pourtant, ils vont raconter ces conneries chez Drucker qui prend l'air étonné et admiratif, comme le jour où Balladur avait déclaré sans rire qu'il avait beaucoup pratiqué le roller dans son adolescence.
J'ouvre les journaux.
Dans Libé, deux pages de nécro préparées à l'avance. Les trente glorieuses, la révolte des enfants du baby-boom, le phénomène yé-yé, les blousons noirs, c'est sociologique, c'est politique, c'est chiant, c'est Libé.
«JOHNNY HALLYDAY EST MORT CE SOIR A SON DOMICILE DE MARNES-LA-COQUETTE.»
Un ascenseur tombe dans mes entrailles...
...J'avais neuf ans. Et cette pochette de disque dans la vitrine du magasin Toutélec à Argenteuil. Johnny, veste à paillettes, guitare sèche en bandoulière, la tête étrangement penchée sur le côté, tombait à genoux comme les toreros qui friment devant la porte du toril.
Le Noël suivant, on m'offrit le disque.
J'embrassais la photo de la pochette chaque soir avant de m'endormir.
Quarante-cinq ans plus tard, dans sa loge du palais des Sports, Johnny Hallyday m'a appelé Guy et m'a embrassé à son tour.
Maintenant, je connais le sens de la vie : c'est un baiser de Johnny Hallyday.
Extrait du livre :
Ma gueule
Qu'est-ce qu'elle a, ma gueule ?
2e JOUR APRÈS J. H.
Merde, je n'ai pas rêvé !
On ne voit que sa «gueule» dans le kiosque à journaux.
La une de Libé est constituée d'une photo pleine page, où Johnny sur scène, avec un mur de projecteurs derrière lui, ressemble à une éclipse, et en dessous cette phrase : «Pour moi la mort va commencer».
Le Parisien titre : «Mort d'une idole».
France-Soir, qui, quel que soit l'événement, trouve le moyen de parler de Sarkozy, n'a pas dérogé à sa déontologie. Sous un cliché du Président pris la veille à son arrivée à Marnes-la-Coquette et cadré avec pudeur au-dessus des santiags, on peut lire : «Les larmes du Président».
A la une du Figaro, sous le titre austère : «Johnny Hallyday est mort», une photo de RafFarin jeune. Déjà RafFarin jeune, ça surprend, tant ces deux mots sont anachroniques. Pourtant sur la photo, prise avant la bosse, on le voit déguisé en rocker, la chemise grande ouverte, hurler dans un micro. La légende affirme qu'il chantait Ma gueule. Il avait raconté ça chez Drucker probablement pour contrebalancer son image sénatoriale. C'est drôle, mais on n'y croit pas. C'est comme Balladur, on a du mal à imaginer ces types-là, au physique de Bourbon, Faire les cons, délirer en fumant un pétard et emballer sur un slow de Johnny. Et pourtant, ils vont raconter ces conneries chez Drucker qui prend l'air étonné et admiratif, comme le jour où Balladur avait déclaré sans rire qu'il avait beaucoup pratiqué le roller dans son adolescence.
J'ouvre les journaux.
Dans Libé, deux pages de nécro préparées à l'avance. Les trente glorieuses, la révolte des enfants du baby-boom, le phénomène yé-yé, les blousons noirs, c'est sociologique, c'est politique, c'est chiant, c'est Libé.
Fiche détaillée : Quelque chose de Johnny
| Auteur | Guy Carlier |
|---|---|
| Editeur | Plon |
| Date de parution | novembre 2007 |
| ISBN | 2259206174 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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