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Prémices de l'Europe Robert Lafont
- Etude (broché). Paru en 11/2007
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Depuis sept siècles que les Etats corsètent l'Europe en leur armure, depuis cinquante ans qu'ils essaient, de traité en traité, de se dépasser sans se renier, il est temps de rappeler que ce continent est aussi fait d'espaces, de routes, de peuples, de langues et de cultures.
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Le Mot de l'éditeur : Prémices de l'Europe
Depuis sept siècles que les Etats corsètent l'Europe en leur armure, depuis cinquante ans qu'ils essaient, de traité en traité, de se dépasser sans se renier, il est temps de rappeler que ce continent est aussi fait d'espaces, de routes, de peuples, de langues et de cultures.
Sur cette carte dépliée et dans cette histoire sans bornage, l'auteur suit les grands mouvements humains qui nous ont faits, Européens, uns et divers, qu'il s'agisse d'invasions successives, de guerres inexpiables, de crimes dynastiques ou de vagues de création culturelle qui émergent et déferlent.
Le livre s'arrête au moment où naît l'État, avec la répression des grandes espérances chevaleresques de Frédéric le Germano-Sicilien et des Raimonds Toulousains, où s'éteint la lumière du Graal et s'allument les bûchers de l'Inquisition. Quand l'Europe se bétonne pour sept siècles.
Robert Lafont, professeur honoraire de l'université de Montpellier et docteur honoris causa de l'université de Vienne, a produit une oeuvre en deux volets, l'un littéraire en langue d'oc, l'autre scientifique en français et en d'autres langues. Historien de la littérature, il s'est intéressé à l'ensemble de la tradition occitane et à la poésie baroque; historien des sociétés et militant des espaces économiques, il a également payé de sa personne dans les mouvements populaires de la fin du XXe siècle.
COLLECTION DIRIGÉE PAR THIERRY GALIBERT
Extrait du livre :
6. LA SPLENDEUR AGITÉE DE CORDOUE
Si la société espagnole est devenue multiple, la classe de conquérants qui la domine est par nature déchirée. L'Islam la recouvre, mais ne la recoud pas. La faute en est à l'organisation tribale, qui a déjà sonné la fin à Damas du califat omeyyade, et que personne à Cordoue n'a jamais songé à réformer. En Espagne, elle se double de l'opposition Arabes-Imazighen. Une aristocratie arabe pleine de morgue, venue de la Mecque, occupe le haut de la hiérarchie, maîtresse de la foi et de la langue. Les plus ambitieux des Berbères ont bien essayé d'arabiser leurs noms (le principal est la nisba, le signifiant tribal d'origine), mais en dessous de l'apparence couve leur antique et nouvelle fierté : ils ont la prétention, justifiée, d'être les vrais conquérants d'al-Andalùs. S'ajoute la brutalité cruelle des moeurs, qui est la même chez les grands Musulmans que chez les souverains chrétiens. Plus les pressions sociales qui se font sentir à partir des populations occupées, lentement assimilées, et les raids des Normands. Toutes les causes sont réunies pour que le pouvoir cordouan (six émirs et six califes) soit menacé de tempête.
'Abd ar-Rahmân I avait eu à lutter contre la sédition de Munussa et la complexité de la situation en pays vascon. Le quatrième émir, 'Abd ar-Rahmân II, dut affronter l'incursion des Vikings qui débarquèrent à Algésiras, remontèrent le Tage et le Guadalquivir et mirent Séville à sac. Le cinquième Muhammad Ibn 'Abd ar-Rahmān se trouva devant la révolte des muladis qui secoua le pays. A la fin du IXe siècle, éclata une véritable guerre civile entre mozarabes et «renégats». 'Umar ibn Hafsun, un descendant des Wisigoths, en fut la grande figure. Il abjura l'Islam, se tailla un domaine indépendant dans les monts de Málaga, mais ne put s'entendre avec les Chrétiens de la Frontière. Son projet s'écroula en 917; le califat avait déjà vécu. L'équilibre et la paix civile furent trouvés sous le long règne (912-961) de 'Abd ar-Rahmān II ibn Muhammad an-Nāsir, qui rompit définitivement avec Baghdad en se faisant calife.
Sur cette carte dépliée et dans cette histoire sans bornage, l'auteur suit les grands mouvements humains qui nous ont faits, Européens, uns et divers, qu'il s'agisse d'invasions successives, de guerres inexpiables, de crimes dynastiques ou de vagues de création culturelle qui émergent et déferlent.
Le livre s'arrête au moment où naît l'État, avec la répression des grandes espérances chevaleresques de Frédéric le Germano-Sicilien et des Raimonds Toulousains, où s'éteint la lumière du Graal et s'allument les bûchers de l'Inquisition. Quand l'Europe se bétonne pour sept siècles.
Robert Lafont, professeur honoraire de l'université de Montpellier et docteur honoris causa de l'université de Vienne, a produit une oeuvre en deux volets, l'un littéraire en langue d'oc, l'autre scientifique en français et en d'autres langues. Historien de la littérature, il s'est intéressé à l'ensemble de la tradition occitane et à la poésie baroque; historien des sociétés et militant des espaces économiques, il a également payé de sa personne dans les mouvements populaires de la fin du XXe siècle.
COLLECTION DIRIGÉE PAR THIERRY GALIBERT
Extrait du livre :
6. LA SPLENDEUR AGITÉE DE CORDOUE
Si la société espagnole est devenue multiple, la classe de conquérants qui la domine est par nature déchirée. L'Islam la recouvre, mais ne la recoud pas. La faute en est à l'organisation tribale, qui a déjà sonné la fin à Damas du califat omeyyade, et que personne à Cordoue n'a jamais songé à réformer. En Espagne, elle se double de l'opposition Arabes-Imazighen. Une aristocratie arabe pleine de morgue, venue de la Mecque, occupe le haut de la hiérarchie, maîtresse de la foi et de la langue. Les plus ambitieux des Berbères ont bien essayé d'arabiser leurs noms (le principal est la nisba, le signifiant tribal d'origine), mais en dessous de l'apparence couve leur antique et nouvelle fierté : ils ont la prétention, justifiée, d'être les vrais conquérants d'al-Andalùs. S'ajoute la brutalité cruelle des moeurs, qui est la même chez les grands Musulmans que chez les souverains chrétiens. Plus les pressions sociales qui se font sentir à partir des populations occupées, lentement assimilées, et les raids des Normands. Toutes les causes sont réunies pour que le pouvoir cordouan (six émirs et six califes) soit menacé de tempête.
'Abd ar-Rahmân I avait eu à lutter contre la sédition de Munussa et la complexité de la situation en pays vascon. Le quatrième émir, 'Abd ar-Rahmân II, dut affronter l'incursion des Vikings qui débarquèrent à Algésiras, remontèrent le Tage et le Guadalquivir et mirent Séville à sac. Le cinquième Muhammad Ibn 'Abd ar-Rahmān se trouva devant la révolte des muladis qui secoua le pays. A la fin du IXe siècle, éclata une véritable guerre civile entre mozarabes et «renégats». 'Umar ibn Hafsun, un descendant des Wisigoths, en fut la grande figure. Il abjura l'Islam, se tailla un domaine indépendant dans les monts de Málaga, mais ne put s'entendre avec les Chrétiens de la Frontière. Son projet s'écroula en 917; le califat avait déjà vécu. L'équilibre et la paix civile furent trouvés sous le long règne (912-961) de 'Abd ar-Rahmān II ibn Muhammad an-Nāsir, qui rompit définitivement avec Baghdad en se faisant calife.
Fiche détaillée : Prémices de l'Europe
| Auteur | Robert Lafont |
|---|---|
| Editeur | Sulliver Eds |
| Date de parution | novembre 2007 |
| Collection | Archeologie De La Modernite |
| Format | 12 cm x 18 cm |
| ISBN | 2351220285 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 300 |
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