Publié pour la première fois en 1952, Casse-pipe
raconte la première nuit en caserne de Ferdinand,
au 17e régiment de cuirassiers à Rambouillet.
Il découvre rapidement des soldats ivrognes
qui discutent de leur vie militaire, chargée
de règles et de discipline. Ferdinand le bleu subit
les...
Publié pour la première fois en 1952, Casse-pipe
raconte la première nuit en caserne de Ferdinand,
au 17e régiment de cuirassiers à Rambouillet.
Il découvre rapidement des soldats ivrognes
qui discutent de leur vie militaire, chargée
de règles et de discipline. Ferdinand le bleu subit
les insultes et les humiliations. Les personnages
sont dignes de toutes les infanteries
du monde, parce qu’ils ont perdu toute
dignité humaine en endossant celle du soldat.
De ce sujet minimum, Céline tire une vision
apocalyptique, pleine de jurons, de tonnerre,
de chevaux, et de bêtise. Il est ici dans toute la
maîtrise de ses moyens. « Livre capital, écrivait
Roger Nimier, puisqu’il paraît autobiographique ».
Que ce soit par le discours comme par le langage
des militaires, Céline peut s’en donner à coeur joie.
Le style est là, haché, vivant, rythmé, musical.
De cette transposition du vécu en mots, Jacques
Tardi a fait à son tour une transposition visuelle,
avec la mêmefidélité à la sensibilité célinienne
dont il avait déjà fait preuve dans son travail
d’illustration de Voyage au bout de la nuit.
Les dessins en noir et blanc, les nuances
de gris de Tardi, collent parfaitement
à la noirceur, le désespoir, mais aussi
l’humour qui hantent les personnages
du roman. En découle une oeuvre à part entière
qui n’est pas seulement une illustration mais
surtout une variation en images. Du grand art !