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Le faon Magda Szabo
- Roman (broché). Paru en 01/2008
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« Enfant, je me suis tue pendant de si longues années qu’il était trop tard, ensuite, pour apprendre à parler. Je ne sais que mentir ou me taire. Ma biographie est un mensonge. Ce qu’on dit de moi est un autre mensonge. Je mens avec tant de facilité que je pourrais en faire un métier. Quand j’ai...
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En résumé : Le faon
Née à Debrecen en 1917 dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie, décédée en novembre 2007, Magda Szabo est considérée comme un véritable classique de la littérature hongroise.
Avis de la Fnac : Le faon
« Enfant, je me suis tue pendant de si longues années qu’il était trop tard, ensuite, pour apprendre à parler. Je ne sais que mentir ou me taire. Ma biographie est un mensonge. Ce qu’on dit de moi est un autre mensonge. Je mens avec tant de facilité que je pourrais en faire un métier. Quand j’ai compris que je ne parviendrais pas à énoncer la vérité, même à toi, j’ai su que rien ne pourrait me sauver. » Dans un long monologue à l’homme qu’elle aime, Eszter Encsy, actrice notoire du Théâtre Lendvay et Prix Kossuth, raconte les frustrations d’une enfance marquée par la pauvreté et la honte. Née de parents aristocrates mais ruinés - un père avocat qui a l’art de refuser toutes les affaires qui lui sont proposées et une mère qui donne des leçons de piano pour permettre aux siens de ne pas mourir de faim -, Eszter n’est que haine maladive et jalousie pour Angela, une enfant de sa classe qui symbolise tout ce qu’elle n’a pas connu. Parvenue à l’âge adulte, Eszter a pourtant fait carrière et pris sa revanche : elle est plus riche qu’Angela, son nom est appelé à rester dans l’histoire du théâtre hongrois, et elle est en outre la maîtresse du mari de sa rivale. Que peut-elle lui prendre de plus ? Parce qu’il parle aussi bien d’amour et de haine, de jalousie et de trahison, de douleur et de violence, que d’un cheminement personnel au sein de l’histoire politique de la Hongrie, Le faon, deuxième roman de Magda Szabo à avoir été publié (en 1959), préfigure avec éclat les romans de la maturité.
Le Mot de l'éditeur : Le faon
Eszter est une comédienne célèbre.
Pourtant, les frustrations de son enfance - entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie - renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, l'ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme qu'elle aime, et qui l'aime. Le Faon dit la jalousie, plus, la haine, vécue comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n'a pas connu, n'a pas été.
Son monologue est celui d'une femme qui se donne, se confesse, et qui expie.
Le 3 octobre 2007, Magda Szabó fêtait ses 90 ans. Elle est morte quelques semaines plus tard, le 19 novembre 2007, un livre à la main. Après La Porte, Prix Femina étranger 2003, La Ballade d'Iza et Rue Katalin qui a obtenu Le Prix Cévennes du meilleur Roman européen en juillet 2007, les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur travail de découverte de l'" univers romanesque féroce, doux et entêtant de celle qui fut la grande dame des lettres hongroises.
Extrait du livre :
J'aurais voulu venir plus tôt, mais j'ai dû attendre Gyurica et tu sais qu'il est toujours en retard. Il s'était annoncé pour neuf heures, mais il était onze heures bien sonnées quand je l'ai vu franchir la porte cochère. Tout le monde le croit propagandiste ou démarcheur, en dépit de la trousse de médecin qu'il porte à la main. Il s'est arrêté au milieu de la cour, a cligné des yeux comme s'il cherchait ce numéro 39 où on l'avait appelé ; en le voyant, les bonnes femmes ont quitté leur galerie pour rentrer dans leur cuisine en faisant claquer les portes. Lorsque enfin il eut trouvé, il souffla bruyamment, s'épongea le front et réclama un verre d'eau à Gizi. Quant à mon pied, il n'avait rien de grave : il suffirait que je marche le moins possible et que j'applique des compresses. De toute façon, l'enflure ne passerait pas avant vingt-quatre heures et, d'ici-là, personne ne me demanderait de sauter en bas d'un arbre. De haut en bas, de haut en bas, je les porte de haut en bas.
Gyurica n'a pas parlé de toi. Non par discrétion, non, mais il n'avait rien à ajouter. Et puis qu'aurait-il ajouté ? Il fixait Gizi, assise toute raide à la table ronde, les mains sur les genoux en bonne maîtresse de maison. Lorsqu'il s'est levé, elle a versé de l'eau dans la cuvette et a déplié une serviette propre.
Le lit était refait mais, à voir mon sac et mes gants, on comprenait que j'avais passé la nuit ici. La canne et l'imperméable en plastique de Jozsi pendaient à la patère ; sur la tablette du lavabo, bien en évidence, s'étalaient son blaireau et le bâton de savon à barbe. J'avais enfilé le peignoir à grandes fleurs de mon amie ; elle, déjà vêtue de sa robe noire, repassait son tablier et sa coiffe au moment de l'arrivée du médecin. Tandis qu'il examinait mon pied, le chat, un grand tricolore, a sauté d'un bond de la galerie dans la chambre, s'est approché de lui et s'est frotté contre son pantalon en y laissant une traînée de poils. Gyurica parti, Gizi brossa soigneusement la cuvette, comme si elle craignait la contagion.
Ma première idée avait été de passer la nuit dans l'île Marguerite. Une fois Juli partie aux Vêpres, j'étais restée tout l'après-midi seule à la maison. Je lui écrivis un mot l'avertissant que je passerais la nuit au Grand Hôtel, fis ma valise et appelai un taxi. À la hauteur du Théâtre de Verdure, je l'arrêtai et réglai le prix de la course. De l'hôtel s'échappaient des flots de musique. J'allais entrer lorsque je me rendis compte qu'on relevait les stores au-dessus des tables : le soleil se couchait. On tournait la manivelle, la toile bleue remontait lentement, le cadre métallique se repliait. L'espace d'une seconde je revis la pièce que le tapissier avait cousue devant nous, respirai l'odeur de l'orage qui avait déchiré la bâche, et me retrouvai à l'abri sous la verrière du restaurant par laquelle nous avions regardé tomber la pluie et fulgurer les éclairs.
Pourtant, les frustrations de son enfance - entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie - renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, l'ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme qu'elle aime, et qui l'aime. Le Faon dit la jalousie, plus, la haine, vécue comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n'a pas connu, n'a pas été.
Son monologue est celui d'une femme qui se donne, se confesse, et qui expie.
Le 3 octobre 2007, Magda Szabó fêtait ses 90 ans. Elle est morte quelques semaines plus tard, le 19 novembre 2007, un livre à la main. Après La Porte, Prix Femina étranger 2003, La Ballade d'Iza et Rue Katalin qui a obtenu Le Prix Cévennes du meilleur Roman européen en juillet 2007, les Éditions Viviane Hamy poursuivent leur travail de découverte de l'" univers romanesque féroce, doux et entêtant de celle qui fut la grande dame des lettres hongroises.
Extrait du livre :
J'aurais voulu venir plus tôt, mais j'ai dû attendre Gyurica et tu sais qu'il est toujours en retard. Il s'était annoncé pour neuf heures, mais il était onze heures bien sonnées quand je l'ai vu franchir la porte cochère. Tout le monde le croit propagandiste ou démarcheur, en dépit de la trousse de médecin qu'il porte à la main. Il s'est arrêté au milieu de la cour, a cligné des yeux comme s'il cherchait ce numéro 39 où on l'avait appelé ; en le voyant, les bonnes femmes ont quitté leur galerie pour rentrer dans leur cuisine en faisant claquer les portes. Lorsque enfin il eut trouvé, il souffla bruyamment, s'épongea le front et réclama un verre d'eau à Gizi. Quant à mon pied, il n'avait rien de grave : il suffirait que je marche le moins possible et que j'applique des compresses. De toute façon, l'enflure ne passerait pas avant vingt-quatre heures et, d'ici-là, personne ne me demanderait de sauter en bas d'un arbre. De haut en bas, de haut en bas, je les porte de haut en bas.
Gyurica n'a pas parlé de toi. Non par discrétion, non, mais il n'avait rien à ajouter. Et puis qu'aurait-il ajouté ? Il fixait Gizi, assise toute raide à la table ronde, les mains sur les genoux en bonne maîtresse de maison. Lorsqu'il s'est levé, elle a versé de l'eau dans la cuvette et a déplié une serviette propre.
Le lit était refait mais, à voir mon sac et mes gants, on comprenait que j'avais passé la nuit ici. La canne et l'imperméable en plastique de Jozsi pendaient à la patère ; sur la tablette du lavabo, bien en évidence, s'étalaient son blaireau et le bâton de savon à barbe. J'avais enfilé le peignoir à grandes fleurs de mon amie ; elle, déjà vêtue de sa robe noire, repassait son tablier et sa coiffe au moment de l'arrivée du médecin. Tandis qu'il examinait mon pied, le chat, un grand tricolore, a sauté d'un bond de la galerie dans la chambre, s'est approché de lui et s'est frotté contre son pantalon en y laissant une traînée de poils. Gyurica parti, Gizi brossa soigneusement la cuvette, comme si elle craignait la contagion.
Ma première idée avait été de passer la nuit dans l'île Marguerite. Une fois Juli partie aux Vêpres, j'étais restée tout l'après-midi seule à la maison. Je lui écrivis un mot l'avertissant que je passerais la nuit au Grand Hôtel, fis ma valise et appelai un taxi. À la hauteur du Théâtre de Verdure, je l'arrêtai et réglai le prix de la course. De l'hôtel s'échappaient des flots de musique. J'allais entrer lorsque je me rendis compte qu'on relevait les stores au-dessus des tables : le soleil se couchait. On tournait la manivelle, la toile bleue remontait lentement, le cadre métallique se repliait. L'espace d'une seconde je revis la pièce que le tapissier avait cousue devant nous, respirai l'odeur de l'orage qui avait déchiré la bâche, et me retrouvai à l'abri sous la verrière du restaurant par laquelle nous avions regardé tomber la pluie et fulgurer les éclairs.
Fiche détaillée : Le faon
| Auteur | Magda Szabo |
|---|---|
| Editeur | Viviane Hamy |
| Date de parution | 16/01/2008 |
| Format | 13 cm x 22 cm |
| ISBN | 2878582632 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 220 |
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