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L'affaire Vaneste F. Billot
- Essai (broché). Paru en 01/2008
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L'affaire Vanneste
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Le Mot de l'éditeur : L'affaire Vaneste
L'affaire Vanneste
la mise à mort de la liberté d'opinion
L'affaire Vanneste est une affaire d'Etat.
Elle doit être qualifiée ainsi dans la mesure où elle atteint en profondeur les fondements de la démocratie : liberté d'opinion et son corollaire, liberté d'expression.
Elle n'intéresse pourtant que peu de monde : l'ébranlement de la société qu'elle génère se produit dans l'indifférence majoritaire.
La France pense être un pays de liberté. Derrière l'apparence flatteuse, est-ce encore vraiment la réalité ? Ou bien serions-nous devenus, sans nous en apercevoir, un peuple de rhumatisants... dans l'ordre de la pensée ?
Pour nous en rendre compte, revisiter l'affaire Vanneste sera un petit test d'effort, un parcours de santé, une occasion de nous dégourdir les jambes et les méninges, tant il est vrai que, selon le bon mot d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi, «la liberté ne s'use que si on ne s'en sert pas» !
«A force de dire par la loi où est la vérité, ceux qui espéraient pouvoir la découvrir par un effort intellectuel se sentiront non seulement dispensés, mais encore mal venus à poursuivre leur chemin. En bannissant les mots, on croit à tort éteindre les pensées. La perspective d'un peuple sous barbituriques n'est qu'une illusion de paix et de concorde. La cohorte de ceux qui ploient aujourd'hui sous les lois mémorielles et porteuses d'une image définitive de l'histoire, risque de s'habituer à ce qu'on lui montre où est le vrai. Les penseurs et les philosophes sont accoutumés à dire non. N'en éteignons pas la race...»
Jean-Yves LE BORGNE
Avocat au Barreau de Paris
Président de l'Association des Avocats Pénalistes
Extrait du livre :
UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE
La sauvagerie du crime révulse la France tout entière. Le 16 janvier 2004, à Noeux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, le jeune Sébastien Nouchet nourrit ses oiseaux exotiques dans le sous-sol de sa maison. Il entend soudain un bruit anormal, qui semble venir de son jardin. Il s'y rend, et aperçoit trois inconnus, qui se précipitent sur lui, l'aspergent d'essence et allument un briquet par lequel ils mettent le feu à ses vêtements. Leur méfait réalisé, les agresseurs prennent la fuite. Alertés par les cris, des voisins se précipitent chez la victime pour lui porter secours, et appellent dans la plus grande urgence les pompiers. Juste avant de sombrer dans un coma profond, et alors que son corps est gravement brûlé, Sébastien Nouchet a juste le temps de dire aux pompiers qu'il vient d'être la victime d'une agression.
La France sous le choc
Le crime commis devient instantanément une affaire nationale. La totalité des médias s'empare de l'affaire qui semble, à juste titre, particulièrement odieuse, et évidemment condamnable sans appel. Comment un pays ayant atteint le degré de civilisation qui est le nôtre peut-il produire des comportements d'une telle barbarie ? Les médias mènent leur propre enquête, en prenant le parti de mettre systématiquement en avant un fait qui leur semble être d'une importance capitale : Sébastien Nouchet est homosexuel.
Ainsi, de jour en jour, le crime glisse insidieusement de la catégorie «crime crapuleux» à la catégorie «crime homophobe». Le président Chirac lui-même, dans une lettre du 10 février 2004 adressée à Patrice Jondreville, le «compagnon» de Sébastien Nouchet, assure que les auteurs de ce «crime odieux» seront «arrêtés et sanctionnés comme ils le méritent».
la mise à mort de la liberté d'opinion
L'affaire Vanneste est une affaire d'Etat.
Elle doit être qualifiée ainsi dans la mesure où elle atteint en profondeur les fondements de la démocratie : liberté d'opinion et son corollaire, liberté d'expression.
Elle n'intéresse pourtant que peu de monde : l'ébranlement de la société qu'elle génère se produit dans l'indifférence majoritaire.
La France pense être un pays de liberté. Derrière l'apparence flatteuse, est-ce encore vraiment la réalité ? Ou bien serions-nous devenus, sans nous en apercevoir, un peuple de rhumatisants... dans l'ordre de la pensée ?
Pour nous en rendre compte, revisiter l'affaire Vanneste sera un petit test d'effort, un parcours de santé, une occasion de nous dégourdir les jambes et les méninges, tant il est vrai que, selon le bon mot d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi, «la liberté ne s'use que si on ne s'en sert pas» !
«A force de dire par la loi où est la vérité, ceux qui espéraient pouvoir la découvrir par un effort intellectuel se sentiront non seulement dispensés, mais encore mal venus à poursuivre leur chemin. En bannissant les mots, on croit à tort éteindre les pensées. La perspective d'un peuple sous barbituriques n'est qu'une illusion de paix et de concorde. La cohorte de ceux qui ploient aujourd'hui sous les lois mémorielles et porteuses d'une image définitive de l'histoire, risque de s'habituer à ce qu'on lui montre où est le vrai. Les penseurs et les philosophes sont accoutumés à dire non. N'en éteignons pas la race...»
Jean-Yves LE BORGNE
Avocat au Barreau de Paris
Président de l'Association des Avocats Pénalistes
Extrait du livre :
UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE
La sauvagerie du crime révulse la France tout entière. Le 16 janvier 2004, à Noeux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, le jeune Sébastien Nouchet nourrit ses oiseaux exotiques dans le sous-sol de sa maison. Il entend soudain un bruit anormal, qui semble venir de son jardin. Il s'y rend, et aperçoit trois inconnus, qui se précipitent sur lui, l'aspergent d'essence et allument un briquet par lequel ils mettent le feu à ses vêtements. Leur méfait réalisé, les agresseurs prennent la fuite. Alertés par les cris, des voisins se précipitent chez la victime pour lui porter secours, et appellent dans la plus grande urgence les pompiers. Juste avant de sombrer dans un coma profond, et alors que son corps est gravement brûlé, Sébastien Nouchet a juste le temps de dire aux pompiers qu'il vient d'être la victime d'une agression.
La France sous le choc
Le crime commis devient instantanément une affaire nationale. La totalité des médias s'empare de l'affaire qui semble, à juste titre, particulièrement odieuse, et évidemment condamnable sans appel. Comment un pays ayant atteint le degré de civilisation qui est le nôtre peut-il produire des comportements d'une telle barbarie ? Les médias mènent leur propre enquête, en prenant le parti de mettre systématiquement en avant un fait qui leur semble être d'une importance capitale : Sébastien Nouchet est homosexuel.
Ainsi, de jour en jour, le crime glisse insidieusement de la catégorie «crime crapuleux» à la catégorie «crime homophobe». Le président Chirac lui-même, dans une lettre du 10 février 2004 adressée à Patrice Jondreville, le «compagnon» de Sébastien Nouchet, assure que les auteurs de ce «crime odieux» seront «arrêtés et sanctionnés comme ils le méritent».
Fiche détaillée : L'affaire Vaneste
| Auteur | F. Billot |
|---|---|
| Editeur | L'oeil F.x. De Guibert |
| Date de parution | janvier 2008 |
| ISBN | 2755402474 |










