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Le chant des Arcanes Thierry Carmes
- Roman (poche). Paru en 01/2008
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L'Impératrice, le Pape, l'Amoureux... Les arcanes du tarot de Marseille se réveillent au prix de sacrifices humains : une carte, un meurtre. Une puissance secrète et maléfique vient de remporter la première manche et s'apprête à effectuer la prochaine levée. Quand Matthias quitte Paris, il ne se...
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Le Mot de l'éditeur : Le chant des Arcanes
L'Impératrice, le Pape, l'Amoureux... Les arcanes du tarot de Marseille se réveillent au prix de sacrifices humains : une carte, un meurtre. Une puissance secrète et maléfique vient de remporter la première manche et s'apprête à effectuer la prochaine levée. Quand Matthias quitte Paris, il ne se doute pas qu'il a été choisi comme atout majeur pour contrer l'ennemi. Après une escale au Chili où des esprits l'initient à des rites mystérieux, il part en quête d'une solution pour empêcher l'apocalypse, armé de son insouciance et des quelques notions de magie qu'on lui a inculquées. Prochaine étape, l'Australie, tandis que sur l'île de Pâques le croupier infernal se prépare encore à frapper...
«Premier tome d'une trilogie qui mêle occultisme et vaudou. Première manche gagnée.»
Libération
«Chair de poule assurée.»
Femme Actuelle
Extrait du livre :
Miami, janvier 2003
Il y a des jours où on se sent comme un singe de laboratoire sanglé sur une table d'opération dans un hangar, les yeux à vif, paupières découpées et larmes artificielles injectées dans les orbites, plus rien d'autre à faire que de regarder des apprentis chimistes en blouse verte mesurer notre pouls avant de nous faire la piqûre finale. Des jours où le Lexomil nous envoie direct dans un monde de cauchemars et où les amphets nous ramènent aussi sec dans un monde de merde. Des jours où, à la seule idée de ce qui arrive, notre bouche se déforme en cris muets d'horreur, nos mains déchirent frénétiquement le plastique d'un nouveau paquet de cigarettes, des jours où on voudrait juste disparaître de la surface de la planète et fuir la réalité.
Manque de bol, c'était exactement un de ces jours-là pour Beau Teller.
Un de ces jours pourris, impossible à imaginer dans les moments de dèche complète, et encore moins quand on a mené une vie bien tranquille jusque-là, une enfilade de fêtes, de gros rails et de petites putes cubaines dans les jacuzzis de Coral Gables.
Et aujourd'hui, alors que Beau roulait dans sa Buick sur les bandes noires des palmiers du McArthur Causeway, le spectacle du coucher de soleil sur le port lui en secouait une sans faire bouger l'autre. Il avait quitté South Beach, les immeubles Arts déco aux couleurs acidulées, pour se fondre dans le ballet des décapotables ouvertes et des autoradios qui dégueulaient de la salsa à deux balles. Des poupées Barbie siliconées rentraient chez elles avec un sourire figé de leur expédition Botox. Le long du port, au-dessus des amas de containers, une nuée de pélicans et de mouettes planait en cercle, des pigeons mécaniques presque fluorescents dans la lumière horizontale du soir. Avec la chaleur et la pollution, le ciel coulait comme une eau jaunâtre, pleine de poissons crevés.
Il avait l'impression de rouler dans un clip de MTV, avec les couleurs retouchées au synthé pour faire plus crade, une de ces conneries à passer en boucle devant des ados déjà obèses qui continuent à aller se goinfrer en bagnole dans les fast-foods au coin de la rue, un clip comme il en avait tourné des centaines avant de changer de vie. Les clips nases, Beau Teller en connaissait un rayon, et celui-ci, il le connaissait par coeur.
«Premier tome d'une trilogie qui mêle occultisme et vaudou. Première manche gagnée.»
Libération
«Chair de poule assurée.»
Femme Actuelle
Extrait du livre :
Miami, janvier 2003
Il y a des jours où on se sent comme un singe de laboratoire sanglé sur une table d'opération dans un hangar, les yeux à vif, paupières découpées et larmes artificielles injectées dans les orbites, plus rien d'autre à faire que de regarder des apprentis chimistes en blouse verte mesurer notre pouls avant de nous faire la piqûre finale. Des jours où le Lexomil nous envoie direct dans un monde de cauchemars et où les amphets nous ramènent aussi sec dans un monde de merde. Des jours où, à la seule idée de ce qui arrive, notre bouche se déforme en cris muets d'horreur, nos mains déchirent frénétiquement le plastique d'un nouveau paquet de cigarettes, des jours où on voudrait juste disparaître de la surface de la planète et fuir la réalité.
Manque de bol, c'était exactement un de ces jours-là pour Beau Teller.
Un de ces jours pourris, impossible à imaginer dans les moments de dèche complète, et encore moins quand on a mené une vie bien tranquille jusque-là, une enfilade de fêtes, de gros rails et de petites putes cubaines dans les jacuzzis de Coral Gables.
Et aujourd'hui, alors que Beau roulait dans sa Buick sur les bandes noires des palmiers du McArthur Causeway, le spectacle du coucher de soleil sur le port lui en secouait une sans faire bouger l'autre. Il avait quitté South Beach, les immeubles Arts déco aux couleurs acidulées, pour se fondre dans le ballet des décapotables ouvertes et des autoradios qui dégueulaient de la salsa à deux balles. Des poupées Barbie siliconées rentraient chez elles avec un sourire figé de leur expédition Botox. Le long du port, au-dessus des amas de containers, une nuée de pélicans et de mouettes planait en cercle, des pigeons mécaniques presque fluorescents dans la lumière horizontale du soir. Avec la chaleur et la pollution, le ciel coulait comme une eau jaunâtre, pleine de poissons crevés.
Il avait l'impression de rouler dans un clip de MTV, avec les couleurs retouchées au synthé pour faire plus crade, une de ces conneries à passer en boucle devant des ados déjà obèses qui continuent à aller se goinfrer en bagnole dans les fast-foods au coin de la rue, un clip comme il en avait tourné des centaines avant de changer de vie. Les clips nases, Beau Teller en connaissait un rayon, et celui-ci, il le connaissait par coeur.
Fiche détaillée : Le chant des Arcanes
| Auteur | Thierry Carmes |
|---|---|
| Editeur | |
| Date de parution | janvier 2008 |
| Collection | Pocket Thriller, numéro 13185 |
| ISBN | 2266167650 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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