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Sur le vif Michal Govrin, Valérie Zenatti
- Roman (broché). Paru en 03/2008
- Expédié sous 4 à 8 jours
« Quand Alain appela, il me fallu un moment pour réaliser que c’était lui. Le ton forcé (comme s’il n’avait cessé de courir depuis cete nuit-là) voilait la voix réservée dont j’avais le souvenir. « Ilana a trouvé la mort dans un accident sur l’autoroute Strasbourg-Munich. Oui, elle conduisait seule...
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Emouvant et Enthousiasmant.
De très belles pages sur la Bible et Abraham, sur l'Amour et la filiation, autant de signes d'ouverture et de recherche de compréhension d'une réalité souvent brutale et violente qui n'est pas facile à affronter.
De très belles pages sur la Bible et Abraham, sur l'Amour et la filiation, autant de signes d'ouverture et de recherche de compréhension d'une réalité souvent brutale et violente qui n'est pas facile à affronter.
En résumé : Sur le vif
Née en Israël en 1953 de survivants de l’Holocauste, Lizzie Doron vit à Tel-Aviv. Pourquoi n’es-tu pas venue avant la guerre ?, dont la lecture est conseillée dans les écoles israéliennes, est son premier roman.
Avis de la Fnac : Sur le vif
« Quand Alain appela, il me fallu un moment pour réaliser que c’était lui. Le ton forcé (comme s’il n’avait cessé de courir depuis cete nuit-là) voilait la voix réservée dont j’avais le souvenir. « Ilana a trouvé la mort dans un accident sur l’autoroute Strasbourg-Munich. Oui, elle conduisait seule, de nuit, elle se rendait à un colloque d’architectes… J’étais avec les garçons à l’enterrement… », puis sa voix se brisa. Je ne compris pas tout de suite de quoi il parlait, à travers l’écran du choc. Il m’avait téléphoné. La première à laquelle il avait pensé. À cause de la langue, bien sûr. » Parce qu’il a retrouvé les notes personnelles d’Ilana, écrites en hébreu, et qu’il ne sait qu’en faire, Alain propose à Tirts-za, l’amie de jeunese d’Haïfa de la défunte, de les lui confier. Le caractère fragmentaire de ces écrits rend le déchiffrage ardu, mais elle s’y attelle, déterminée à mettre à jour les instantanés de son amie. D’Ilana, Tirts-za connaissait les études d’architecture au Technion de Haïfa, le départ d’Israël sur fond d’engagement de la gauche radicale, l’inscription aux Beaux-Arts de Paris, le mariage avec l’historien spécialiste de la Shoah Alain Grinenberg, la naissance de ses deux garçons. Comment aurait-elle pu deviner ce qui poindrait de ces pages ? Si peu sur sa mère. Et tout ce qui avait été caché durant toutes ces années, entre elle et son père. Fresque intimiste, Sur le vif pénètre au cœur des événements de l’Histoire et offre une leçon magistrale, essentielle. Michal Govrin trouve ici sa vraie carrure d’écrivain.
Le Mot de l'éditeur : Sur le vif
SUR LE VIF. Des routes du New Jersey aux collines de Jérusalem, de Paris à Munich, ce roman, qui articule plusieurs registres, retrace la quête d'une femme passionnée et lumineuse. Brillante architecte, partageant sa vie entre ses deux fils, son mari Alain, historien spécialiste de l'Holocauste, et son impossible amour pour Saïd, l'amant palestinien, llana Tsouriel incarnait l'ouverture aux autres, la lucidité, la séduction et la liberté. Elle vient de mourir dans un accident de voiture, et laisse derrière elle un épais dossier d'instantanés de sa vie : des notes du quotidien, des fragments murmurés de journal intime, des dessins et des plans s'ajoutent à une longue lettre à son père, un des fondateurs de l'État d'Israël, mort un an auparavant.
Frappée par la «malédiction de l'errance», désireuse d'affronter la réalité proche-orientale en sortant des sentiers battus, llana, qui avait quitté Israël dans sa jeunesse, éprouve, au moment de la guerre du Golfe, le besoin d'y retourner. Le souvenir de son père, figure éclatante de pionnier, la hante, elle veut en allant sur sa tombe poursuivre le dialogue trop tôt interrompu. Elle veut aussi mettre en chantier à Jérusalem un ambitieux et singulier monument pour la paix, inspiré par une relecture humaniste et écologique de la Bible. Au coeur des chambres hermétiques où se terrent les Israéliens durant l'hiver 1991, avec ses enfants qu'elle a entraînés là, et parmi la communauté chaleureuse et magnifique de son quartier, elle trouve les clefs qui lui manquaient, et parvient enfin à interroger la complexité de son pays dans les différentes strates de son histoire. Avec sa générosité et sa force de vie, llana donne de sa terre natale une vision d'une vivifiante intelligence.
MICHAL GOVRIN est née à Tel Aviv. Romancière, poétesse et directrice de théâtre, elle a publié une dizaine de livres et de nombreux textes dans des revues du monde entier, dont Les Temps modernes. Elle a fait ses études à Paris et vit aujourd'hui à Jérusalem.
Extrait du livre :
Quand Alain appela, il me fallut un moment pour réaliser que c'était lui. Le ton forcé (comme s'il n'avait cessé de courir depuis cette nuit-là) voilait la voix réservée dont j'avais le souvenir.
«Ilana a trouvé la mort dans un accident sur l'autoroute Strasbourg-Munich. Oui, elle conduisait seule, de nuit, elle se rendait à un colloque d'architectes... J'étais avec les garçons à l'enterrement...», puis sa voix se brisa.
Je ne compris pas tout de suite de quoi il parlait, à travers l'écran du choc. Il m'avait téléphoné. La première à laquelle il avait pensé. À cause de la langue, bien sûr.
«Des notes personnelles... dans son sac à main... Tout est en hébreu. Il va me falloir des années pour déchiffrer tout ça... Vous savez bien, notre gouffre intime... Oui, le plus tôt possible, Tirts-za... Demain, si vous pouvez...»
Puis, le lendemain après-midi : l'appartement au sommet d'une tour, au milieu des immeubles de ce quartier en construction sur les rives de la Seine. L'éclat lointain du pont Mirabeau qui se reflète au pied de la façade en verre, derrière le dos d'Alain cloué au fauteuil. Il ne bougera presque pas, tout le temps que durera notre conversation. Un négatif noir qui imprimera peu à peu ma rétine.
Alain Grinenberg. Le mari d'Ilana. Historien. Spécialiste de la Shoah. Tel que dans mon souvenir depuis notre seule et furtive rencontre. Des cheveux clairs rejetés sur le côté, le regard songeur. Il sortait du café où j'avais rendez-vous avec Ilana. S'était excusé poliment, avait coupé court par une rapide poignée de main.
11 m'accueillit sur le pas de la porte dans la même veste en tweed et avec la même courtoisie distante. Les bras ballants, comme s'il ne savait qu'ajouter, en dehors de quelques phrases pour me donner des pistes. (Moins d'une demi-heure. À peine un mot sur l'accident, rien sur les garçons, ni sur leurs projets à présent. Et moi, face à lui, enfermée dans cette bulle de mots stériles.) «Environ à une heure du matin, selon la police. Dans la Forêt Noire. Tuée sur le coup. L'ambulance l'a ramenée à Paris. Nous l'avons enterrée comme elle l'aurait certainement souhaité. À Haïfa.»
Alors, il me confia le dossier : «Voilà, Tirts-za.» La seule fois où il leva les yeux vers moi, et la douleur pointa dans la pâleur de son visage.
«Les notes de Lana. Vous saurez qu'en faire.»
Frappée par la «malédiction de l'errance», désireuse d'affronter la réalité proche-orientale en sortant des sentiers battus, llana, qui avait quitté Israël dans sa jeunesse, éprouve, au moment de la guerre du Golfe, le besoin d'y retourner. Le souvenir de son père, figure éclatante de pionnier, la hante, elle veut en allant sur sa tombe poursuivre le dialogue trop tôt interrompu. Elle veut aussi mettre en chantier à Jérusalem un ambitieux et singulier monument pour la paix, inspiré par une relecture humaniste et écologique de la Bible. Au coeur des chambres hermétiques où se terrent les Israéliens durant l'hiver 1991, avec ses enfants qu'elle a entraînés là, et parmi la communauté chaleureuse et magnifique de son quartier, elle trouve les clefs qui lui manquaient, et parvient enfin à interroger la complexité de son pays dans les différentes strates de son histoire. Avec sa générosité et sa force de vie, llana donne de sa terre natale une vision d'une vivifiante intelligence.
MICHAL GOVRIN est née à Tel Aviv. Romancière, poétesse et directrice de théâtre, elle a publié une dizaine de livres et de nombreux textes dans des revues du monde entier, dont Les Temps modernes. Elle a fait ses études à Paris et vit aujourd'hui à Jérusalem.
Extrait du livre :
Quand Alain appela, il me fallut un moment pour réaliser que c'était lui. Le ton forcé (comme s'il n'avait cessé de courir depuis cette nuit-là) voilait la voix réservée dont j'avais le souvenir.
«Ilana a trouvé la mort dans un accident sur l'autoroute Strasbourg-Munich. Oui, elle conduisait seule, de nuit, elle se rendait à un colloque d'architectes... J'étais avec les garçons à l'enterrement...», puis sa voix se brisa.
Je ne compris pas tout de suite de quoi il parlait, à travers l'écran du choc. Il m'avait téléphoné. La première à laquelle il avait pensé. À cause de la langue, bien sûr.
«Des notes personnelles... dans son sac à main... Tout est en hébreu. Il va me falloir des années pour déchiffrer tout ça... Vous savez bien, notre gouffre intime... Oui, le plus tôt possible, Tirts-za... Demain, si vous pouvez...»
Puis, le lendemain après-midi : l'appartement au sommet d'une tour, au milieu des immeubles de ce quartier en construction sur les rives de la Seine. L'éclat lointain du pont Mirabeau qui se reflète au pied de la façade en verre, derrière le dos d'Alain cloué au fauteuil. Il ne bougera presque pas, tout le temps que durera notre conversation. Un négatif noir qui imprimera peu à peu ma rétine.
Alain Grinenberg. Le mari d'Ilana. Historien. Spécialiste de la Shoah. Tel que dans mon souvenir depuis notre seule et furtive rencontre. Des cheveux clairs rejetés sur le côté, le regard songeur. Il sortait du café où j'avais rendez-vous avec Ilana. S'était excusé poliment, avait coupé court par une rapide poignée de main.
11 m'accueillit sur le pas de la porte dans la même veste en tweed et avec la même courtoisie distante. Les bras ballants, comme s'il ne savait qu'ajouter, en dehors de quelques phrases pour me donner des pistes. (Moins d'une demi-heure. À peine un mot sur l'accident, rien sur les garçons, ni sur leurs projets à présent. Et moi, face à lui, enfermée dans cette bulle de mots stériles.) «Environ à une heure du matin, selon la police. Dans la Forêt Noire. Tuée sur le coup. L'ambulance l'a ramenée à Paris. Nous l'avons enterrée comme elle l'aurait certainement souhaité. À Haïfa.»
Alors, il me confia le dossier : «Voilà, Tirts-za.» La seule fois où il leva les yeux vers moi, et la douleur pointa dans la pâleur de son visage.
«Les notes de Lana. Vous saurez qu'en faire.»
Fiche détaillée : Sur le vif
| Auteur | Michal Govrin |
|---|---|
| Traduction | Valérie Zenatti |
| Editeur | Sabine Wespieser Eds |
| Date de parution | mars 2008 |
| Format | 15 cm x 19 cm |
| ISBN | 2848050616 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 480 |
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