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Bessie Coleman, l'ange noir J. Beal
- Essai (broché). Paru en 03/2008
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Novembre 1920. Bessie Coleman, originaire de Chicago, débarque du SS Imperator à Cherbourg. Elle vient en France pour apprendre à voler. Aux États-Unis, pour cause de ségrégation raciale, aucune école de pilotage n'a accepté de l'accueillir. Après sept mois de formation au Crotoy, petit port de la...
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Le Mot de l'éditeur : Bessie Coleman, l'ange noir
Novembre 1920. Bessie Coleman, originaire de Chicago, débarque du SS Imperator à Cherbourg. Elle vient en France pour apprendre à voler. Aux États-Unis, pour cause de ségrégation raciale, aucune école de pilotage n'a accepté de l'accueillir. Après sept mois de formation au Crotoy, petit port de la baie de Somme, la jeune Afro-Américaine de 28 ans obtient le brevet de pilote de la Fédération aéronautique internationale, devenant la première femme noire au monde à pouvoir piloter un avion. Dès lors, Bessie n'a plus qu'un désir : créer une école de pilotage ouverte à tous, l'aviation étant pour elle une façon active de combattre les discriminations. Après s'être spécialisée dans la voltige aérienne, «l'ange noir» participe à de multiples shows aériens pour financer son école d'aviation. Devenue une icône dans la communauté noire américaine, elle impose la mixité raciale dans les tribunes. Bessie Coleman trouvera la mort lors d'un meeting aérien en 1926. À 34 ans.
Première biographie française consacrée à cette personnalité exceptionnelle, Bessie Coleman, l'ange noir plonge le lecteur au coeur de l'Amérique des années 1920. Suivre cette aventurière des cieux dans ses folles soirées à Chicago, c'est aller à la rencontre du jazz, du blues, de Louis Armstrong ou passer des nuits enfiévrées en compagnie de quelques gangsters fameux. C'est faire connaissance avec des personnages étonnants du Black Chicago comme le patron de presse Robert S. Abbott, le banquier Jesse Binga ou encore C. J. Walker, première milliardaire noire. Au fil des pages, on découvrira l'incroyable destin d'une jeune femme qui parvint à imposer son rêve d'émancipation à tout un pays.
Jacques Béal est grand reporter au Courrier picard. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont une biographie du général Leclerc et une anthologie sur les poètes de la Grande Guerre.
Extrait du livre :
TEXAS
Atlanta, Texas, dans les années 1890, est une ville en devenir d'un millier d'habitants qui s'étire le long d'une rue centrale ombragée par des chênes avec, en son milieu, le grand magasin Allday vers lequel converge la population blanche. Les Noirs sont confinés à l'extrémité ouest de la cité, là où de minuscules maisons en bois s'alignent le long d'une route défoncée et poussiéreuse.
Atlanta fait comme une encoignure, une fin de Texas qui éperonne l'Arkansas et la Louisiane. Les alentours sont verdoyants avec des forêts, des lacs et des cascades. La cité vit au rythme des échanges avec Jefferson, à une quarantaine de kilomètres de là. Seul port au nord du Texas, Jefferson est une escale pour les bateaux à aubes, dont les pales giflent l'eau boueuse, défilant le long des berges sur lesquelles s'épanouissent des sassafras, des micocouliers, des pacaniers, des prairies où paissent des angus, ces bovins à robe noire. Les lourds vaisseaux qui glissent sur le Mississippi, ce boulevard liquide des États-Unis, empruntent ensuite la Red River en traversant le Caddo Lake.
Jefferson, cernée par les champs de coton, rayonne sur 400 kilomètres jusqu'aux abords opulents de Dallas, au Sud.
La ville a hérité des années fastes de la guerre de Sécession, où elle était à la fois l'intendante et le fourrier des troupes de la confédération. Elles y trouvaient viande, produits alimentaires, armes, munitions et équipements divers.
Après la guerre civile, Jefferson devient le refuge des populations fuyant les régions dévastées pour recommencer une nouvelle vie. De nombreux et riches planteurs s'installent avec leurs familles et leurs esclaves sur le bayou, créant un nouvel empire du coton. La ville est alors à son apogée.
Le déclin de Jefferson s'amorce avec la construction du Texas & Pacific Railway. Cette ligne ferroviaire, approuvée par une charte fédérale en 1871, doit relier Marshall, Texas, à San Diego, Californie. Cette liaison transcontinentale surnommée «T & P» désenclave Atlanta qui se trouve sur son tracé. Une chance pour cette bourgade : aux débouchés du coton s'ajoutent les ressources en pétrole et en bois de construction que fournissent les forêts voisines. Des migrants arrivent en masse pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre.
Parmi les nouveaux habitants d'Atlanta, il y a les Coleman, originaires de Géorgie. Une famille noire parmi des dizaines d'autres. George et Susan Coleman ont décidé de s'installer, comme la plupart des descendants d'esclaves affranchis, dans ce nouveau Black Land, où s'épanouissent à perte de vue d'immenses et opulents champs de coton.
Première biographie française consacrée à cette personnalité exceptionnelle, Bessie Coleman, l'ange noir plonge le lecteur au coeur de l'Amérique des années 1920. Suivre cette aventurière des cieux dans ses folles soirées à Chicago, c'est aller à la rencontre du jazz, du blues, de Louis Armstrong ou passer des nuits enfiévrées en compagnie de quelques gangsters fameux. C'est faire connaissance avec des personnages étonnants du Black Chicago comme le patron de presse Robert S. Abbott, le banquier Jesse Binga ou encore C. J. Walker, première milliardaire noire. Au fil des pages, on découvrira l'incroyable destin d'une jeune femme qui parvint à imposer son rêve d'émancipation à tout un pays.
Jacques Béal est grand reporter au Courrier picard. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont une biographie du général Leclerc et une anthologie sur les poètes de la Grande Guerre.
Extrait du livre :
TEXAS
Atlanta, Texas, dans les années 1890, est une ville en devenir d'un millier d'habitants qui s'étire le long d'une rue centrale ombragée par des chênes avec, en son milieu, le grand magasin Allday vers lequel converge la population blanche. Les Noirs sont confinés à l'extrémité ouest de la cité, là où de minuscules maisons en bois s'alignent le long d'une route défoncée et poussiéreuse.
Atlanta fait comme une encoignure, une fin de Texas qui éperonne l'Arkansas et la Louisiane. Les alentours sont verdoyants avec des forêts, des lacs et des cascades. La cité vit au rythme des échanges avec Jefferson, à une quarantaine de kilomètres de là. Seul port au nord du Texas, Jefferson est une escale pour les bateaux à aubes, dont les pales giflent l'eau boueuse, défilant le long des berges sur lesquelles s'épanouissent des sassafras, des micocouliers, des pacaniers, des prairies où paissent des angus, ces bovins à robe noire. Les lourds vaisseaux qui glissent sur le Mississippi, ce boulevard liquide des États-Unis, empruntent ensuite la Red River en traversant le Caddo Lake.
Jefferson, cernée par les champs de coton, rayonne sur 400 kilomètres jusqu'aux abords opulents de Dallas, au Sud.
La ville a hérité des années fastes de la guerre de Sécession, où elle était à la fois l'intendante et le fourrier des troupes de la confédération. Elles y trouvaient viande, produits alimentaires, armes, munitions et équipements divers.
Après la guerre civile, Jefferson devient le refuge des populations fuyant les régions dévastées pour recommencer une nouvelle vie. De nombreux et riches planteurs s'installent avec leurs familles et leurs esclaves sur le bayou, créant un nouvel empire du coton. La ville est alors à son apogée.
Le déclin de Jefferson s'amorce avec la construction du Texas & Pacific Railway. Cette ligne ferroviaire, approuvée par une charte fédérale en 1871, doit relier Marshall, Texas, à San Diego, Californie. Cette liaison transcontinentale surnommée «T & P» désenclave Atlanta qui se trouve sur son tracé. Une chance pour cette bourgade : aux débouchés du coton s'ajoutent les ressources en pétrole et en bois de construction que fournissent les forêts voisines. Des migrants arrivent en masse pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre.
Parmi les nouveaux habitants d'Atlanta, il y a les Coleman, originaires de Géorgie. Une famille noire parmi des dizaines d'autres. George et Susan Coleman ont décidé de s'installer, comme la plupart des descendants d'esclaves affranchis, dans ce nouveau Black Land, où s'épanouissent à perte de vue d'immenses et opulents champs de coton.
Fiche détaillée : Bessie Coleman, l'ange noir
| Auteur | J. Beal |
|---|---|
| Editeur | Michalon Eds |
| Date de parution | mars 2008 |
| ISBN | 2841864405 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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