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L'origine de la tristesse Pablo Ramos, René Solis (Traduction)
- Roman (broché). Paru en 03/2008
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Le Mot de l'éditeur : L'origine de la tristesse
L'Origine de la tristesse telle que la raconte Pablo Ramos dans ce premier roman très autobiographique, c'est tout simplement la fin de l'enfance. Sans attendrissement ni nostalgie superflus, avec humour et passion, il signe un récit où triomphe la vitalité.
Pablo Ramos est né en 1966 dans une banlieue de Buenos Aires, il a connu une vie difficile dans la rue. Il a pris un tournant décisif en 1999 et depuis il se consacre à l'écriture. Poète, musicien de jazz, écrivain, il a reçu de nombreux prix littéraires, en particulier le Prix Casa de las Americas de Cuba.
Extrait du livre :
LE CADEAU
Comme tous les dimanches, il y avait foule dans le bar de l'Uruguayen. J'ai rejoint Rolando, qui, plus qu'assis, semblait affalé sur le comptoir. J'ai grimpé sur un des tabourets et je l'ai un peu secoué.
- Il est k-o, petit, m'a dit l'Uruguayen qui a essuyé un verre avec un torchon crasseux, l'a regardé en transparence, l'a essuyé encore et l'a accroché la tête en bas, comme une chauve-souris, entre les vieux rails en bois qui pendaient du plafond.
- Rolando, je lui ai dit, tu as oublié pour ma mère ?
L'Uruguayen s'est accroupi et a disparu sous le comptoir; il en est ressorti avec son torchon mouillé qu'il a pressé contre la nuque de mon ami.
- Hé, la Belle au bois dormant, c'est l'Épervier, le gamin du Noiraud, qui te parle, hé ! C'était pas aujourd'hui que tu devais lui donner son cours ?
- Lècsion number ouane, a dit Rolando comme réveillé en sursaut. Il s'est redressé et a tendu une main vers le plafond avant de retomber.
- Vaut mieux que tu reviennes ce soir, m'a dit l'Uruguayen, il a encore quelques heures de méditation devant lui.
- Oui, mais on a seulement jusqu'à dimanche, j'ai dit, plus pour moi-même que pour répondre à l'Uruguayen. Je me suis retourné vers mon ami et j'ai insisté : Rolando, tu devrais prendre un café, tout en lui donnant plein de petites tapes.
Mon ami a remué la tête pour m'indiquer qu'il était d'accord. Je me suis senti encouragé; il y avait encore de l'espoir. L'Uruguayen a préparé un double expresso et l'a posé devant moi. Faire en sorte que Rolando l'avale a été un problème en soi, parce que le café était très chaud et que lui n'arrivait même pas à tenir la tête droite. Il ressemblait à ces petits chiens avec un cou à ressort que l'on colle au-dessus du tableau de bord dans les autobus. J'ai essayé de le soutenir pendant que l'Uruguayen, qui avait fait le tour du comptoir, faisait ce qu'il pouvait pour porter la tasse à ses lèvres. Et puis Rolando a eu un geste brusque et il a renversé le café par terre et sur le gilet de l'Uruguayen. Alors, celui-ci s'est énervé : il a attrapé Rolando par les joues, il les a tirées jusqu'à faire disparaître les lèvres, l'a obligé à mettre la tête en arrière et lui a balancé dans le gosier une dose de café chaud à lui faire bouillir les tripes. Rolando a poussé un cri, s'est redressé, s'est appuyé sur le tabouret d'à côté et s'est mis à crier : "Moi, j'ai des livres !" Il a crié quatre fois la même chose, qu'il avait des livres, et l'Uruguayen lui a dit que la seule chose qu'il avait, c'était une cuite monumentale.
Fiche détaillée : L'origine de la tristesse
| Auteur | Pablo Ramos |
|---|---|
| Traduction | René Solis |
| Editeur | A.m. Metailie |
| Date de parution | mars 2008 |
| Collection | Bibl.hispano-Americaine |
| Format | 15cm x 22cm |
| ISBN | 286424652X |
| EAN | 978-2864246527 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 176 |
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