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Goya Claude-Henri Rocquet
- Biographie (broché). Paru en 04/2008
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Goya meurt à Bordeaux, le 16 avril 1828, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. En exil. Avec lui s'est rompu pour la première Fois le lien de l'art et de La beauté. Pour le peintre espagnol, il s'est agi d'autre chose. De quoi, exactement ? Quelle est la nature et l'enjeu de ce procès tacite que l...
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Le Mot de l'éditeur : Goya
Goya meurt à Bordeaux, le 16 avril 1828, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. En exil. Avec lui s'est rompu pour la première Fois le lien de l'art et de La beauté. Pour le peintre espagnol, il s'est agi d'autre chose. De quoi, exactement ? Quelle est la nature et l'enjeu de ce procès tacite que l'artiste de génie intente à la beauté ?
Goya dialogue avec Vélasquez et Rembrandt. Il est frère de Baudelaire, et ressurgit en Picasso. Il est le témoin de la guerre d'Espagne et ses Désastres portent le «pressentiment» des génocides du XXe siècle. C'est la stupéfiante actualité de la peinture de Goya qu'explore cette biographie, qui s'attache à descendre dans les profondeurs de celui qui a gravé Les Caprices, et peint le Très de Maya ou les murs de sa maison La Quinta del Sordo.
Ce voyage fascinant revisite les oeuvres de Goya et nous fait découvrir l'auteur des Peintures noires sous un jour métaphysique et tragique. Moderne, il l'est aussi par la puissance en lui de l'inconscient et de la nuit.
Ce livre est une plongée dans l'histoire de l'Espagne et de l'Europe comme dans celle de la peinture, un retour sur la naissance de notre modernité, ses ambivalences et ses angoisses.
L'auteur : Claude-Henri Roquet est poète, dramaturge, essayiste, critique et historien d'art. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages et vit à Paris. Il a été l'interlocuteur et l'ami de Mircea Eliade et de Lanza del Vasto. Il est notamment l'auteur de Bruegel ou l'Atelier des songes (Denoël, 1987), Jérôme Bosch et l'Étoile des mages (Marne, 1995) et Vincent Van Gogh jusqu'au dernier soleil (Marne, 2000).
Extrait du livre :
notre contemporain, c'est qu'avec lui se rompt le lien de l'art et de la beauté, implicite ou non. Entre eux, voici la première rupture : originelle pour nous. Il s'agit soudain, pour un peintre, il s'agit pour Goya, d'autre chose. Mais de quoi, exactement ? Quelle est la nature et l'enjeu de ce procès tacite qu'un artiste de génie intente à la beauté, - ou bien : pourquoi cette indifférence ? Quel est le sens de cette révolte, de cette insurrection, qui est la sienne ? Quel continent nouveau, quel continent intérieur, a-t-il entrevu, atteint, conquis ?
Au milieu de son temps, contemporain de son temps, il est à l'écart. Il nous est présent.
Cette rupture entre l'art et la beauté est-elle une autre forme de l'absence ou du déclin de Dieu, du dieu chrétien, au coeur de l'homme, au coeur de notre monde ? Est-ce que l'absence de Dieu, son éloignement, est la clef de la modernité ?
L'horreur de la Crucifixion de Grünewald n'est pas «moderne»; elle est tragique, et ce tragique est chrétien : la mort et la décomposition, les souffrances, les plaies n'y ont pas le dernier mot - «Ô mort, où est ta victoire ?». Ce polyptyque est un retable, cette peinture est un tableau d'autel, d'église, et la Résurrection est annoncée, figurée, promise : Et expecto resurrectionem mortuorum. La représentation du mal est faite face aux malades et aux souffrants, aux mourants, pour eux, qui sont frères et soeurs de tous ceux qui dans l'Évangile se pressent autour du Christ et l'implorent; qui sont frères et soeurs du Christ en croix et se tiennent au pied de la croix comme Marie et Jean, Marie-Madeleine, - et Jean-Baptiste. Ce cri est celui de Job, qui ne doute pas du soutien éternel de son Défenseur, et de la victoire de la justice. La douleur de Job est la douleur et l'agonie du Christ. Le fumier où il subit l'épreuve est le charnier du Golgotha. La modernité commence lorsque le dernier mot de l'histoire - de toutes les souffrances de la création depuis l'origine, ou du monde, absurde, - n'est plus même une parole ; n'est plus que le noir du néant. Godot ne viendra pas. L'Ecriture est déserte.
Comme Les Fusillés du 3 mai est pour nous un écho du Retable de Colmar, Guernica se souvient des Fusillés et se souvient de la Crucifixion d'Issenheim.
Goya dialogue avec Vélasquez et Rembrandt. Il est frère de Baudelaire, et ressurgit en Picasso. Il est le témoin de la guerre d'Espagne et ses Désastres portent le «pressentiment» des génocides du XXe siècle. C'est la stupéfiante actualité de la peinture de Goya qu'explore cette biographie, qui s'attache à descendre dans les profondeurs de celui qui a gravé Les Caprices, et peint le Très de Maya ou les murs de sa maison La Quinta del Sordo.
Ce voyage fascinant revisite les oeuvres de Goya et nous fait découvrir l'auteur des Peintures noires sous un jour métaphysique et tragique. Moderne, il l'est aussi par la puissance en lui de l'inconscient et de la nuit.
Ce livre est une plongée dans l'histoire de l'Espagne et de l'Europe comme dans celle de la peinture, un retour sur la naissance de notre modernité, ses ambivalences et ses angoisses.
L'auteur : Claude-Henri Roquet est poète, dramaturge, essayiste, critique et historien d'art. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages et vit à Paris. Il a été l'interlocuteur et l'ami de Mircea Eliade et de Lanza del Vasto. Il est notamment l'auteur de Bruegel ou l'Atelier des songes (Denoël, 1987), Jérôme Bosch et l'Étoile des mages (Marne, 1995) et Vincent Van Gogh jusqu'au dernier soleil (Marne, 2000).
Extrait du livre :
notre contemporain, c'est qu'avec lui se rompt le lien de l'art et de la beauté, implicite ou non. Entre eux, voici la première rupture : originelle pour nous. Il s'agit soudain, pour un peintre, il s'agit pour Goya, d'autre chose. Mais de quoi, exactement ? Quelle est la nature et l'enjeu de ce procès tacite qu'un artiste de génie intente à la beauté, - ou bien : pourquoi cette indifférence ? Quel est le sens de cette révolte, de cette insurrection, qui est la sienne ? Quel continent nouveau, quel continent intérieur, a-t-il entrevu, atteint, conquis ?
Au milieu de son temps, contemporain de son temps, il est à l'écart. Il nous est présent.
Cette rupture entre l'art et la beauté est-elle une autre forme de l'absence ou du déclin de Dieu, du dieu chrétien, au coeur de l'homme, au coeur de notre monde ? Est-ce que l'absence de Dieu, son éloignement, est la clef de la modernité ?
L'horreur de la Crucifixion de Grünewald n'est pas «moderne»; elle est tragique, et ce tragique est chrétien : la mort et la décomposition, les souffrances, les plaies n'y ont pas le dernier mot - «Ô mort, où est ta victoire ?». Ce polyptyque est un retable, cette peinture est un tableau d'autel, d'église, et la Résurrection est annoncée, figurée, promise : Et expecto resurrectionem mortuorum. La représentation du mal est faite face aux malades et aux souffrants, aux mourants, pour eux, qui sont frères et soeurs de tous ceux qui dans l'Évangile se pressent autour du Christ et l'implorent; qui sont frères et soeurs du Christ en croix et se tiennent au pied de la croix comme Marie et Jean, Marie-Madeleine, - et Jean-Baptiste. Ce cri est celui de Job, qui ne doute pas du soutien éternel de son Défenseur, et de la victoire de la justice. La douleur de Job est la douleur et l'agonie du Christ. Le fumier où il subit l'épreuve est le charnier du Golgotha. La modernité commence lorsque le dernier mot de l'histoire - de toutes les souffrances de la création depuis l'origine, ou du monde, absurde, - n'est plus même une parole ; n'est plus que le noir du néant. Godot ne viendra pas. L'Ecriture est déserte.
Comme Les Fusillés du 3 mai est pour nous un écho du Retable de Colmar, Guernica se souvient des Fusillés et se souvient de la Crucifixion d'Issenheim.
Fiche détaillée : Goya
| Auteur | Claude-Henri Rocquet |
|---|---|
| Editeur | Buchet-Chastel |
| Date de parution | avril 2008 |
| Collection | Documents |
| Format | 15 cm x 22 cm |
| ISBN | 2283020611 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
| Nombre de pages | 555 |
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