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Conversation avec François Dufay Georges-Arthur Goldschmidt
- Essai (broché). Paru en 04/2008
- Expédié sous 4 à 8 jours
«Longtemps, comme beaucoup de lecteurs français, je suis passé à côté de l'oeuvre de Georges-Arthur Goldschmidt. Jusqu'au jour où le poète Philippe Jaccottet m'a confié son admiration pour la traduction que celui qui signe avec humour "G.A.G." avait donnée de L'Homme sans postérité, un roman d...
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Le Mot de l'éditeur : Conversation avec François Dufay
«Longtemps, comme beaucoup de lecteurs français, je suis passé à côté de l'oeuvre de Georges-Arthur Goldschmidt. Jusqu'au jour où le poète Philippe Jaccottet m'a confié son admiration pour la traduction que celui qui signe avec humour "G.A.G." avait donnée de L'Homme sans postérité, un roman d'Adalbert Stifter. J'ai ensuite rattrapé le temps perdu, en me plongeant dans son autobiographie, ses essais et ses traductions d'auteurs romantiques ou contemporains. Une rencontre avec Georges-Arthur Goldschmidt a suffi à me convaincre de lintérêt que pourrait revêtir un livre d'entretiens où seraient raccordées les différentes facettes de cet "enfant aux cheveux gris" (ainsi qu'Hölderlin définissait le poète), en qui se conjuguent la littérature et la philosophie, le christianisme et le judaïsme, la France et l'Allemagne.»
François DUFAY
Ecrivain, essayiste et traducteur, Georges-Arthur Goldschmidt a publié de nombreux ouvrages, dont Le Poing dans la Bouche, La Traversée des fleuves, et reçu plusieurs distinctions importantes outre-Rhin.
François Dufay est le rédacteur en chef de la rubrique Livres de l'Express.
Extrait du livre :
UN ENFANT BLOND SOUS LE IIIe REICH
- François Dufay : Peu de nos contemporains ont, comme vous, le terrible privilège d'avoir grandi dans l'Allemagne nationale-socialiste. Reconnaissez-vous votre propre expérience dans l'image que donnent de la période nazie les innombrables livres et films qui lui sont aujourd'hui consacrés ?
- Que les auteurs de ces livres et de ces films me pardonnent : tout ce que l'on écrit sur le nazisme, quand cela ne procède pas d'une connaissance en profondeur de l'Allemagne, me paraît bien souvent un peu vain. Car il y manque généralement une dimension essentielle : on n'y ressent pas ce qu'enfant, j'ai éprouvé au plus profond de moi-même, la peur.
La peur, à cette époque, était permanente, totale, omniprésente, elle imprégnait tout, mêlée d'enthousiasme national contraint. Elle prenait l'aspect de types revêtus d'uniformes caca d'oie, les SA, devant qui il fallait lever le bras et crier «Heil Hitlaa», avec deux «a». Ou même d'enfants en uniformes noirs qui, sous prétexte de quêter pour l'«aide d'hiver», (Winterhilfe) venaient vérifier à votre domicile que vous aviez bien un exemplaire de Me in Kampfet un portrait du führer ! J'ai vu, un jour de 1936 ou 1937, une de mes camarades de classe, aux nattes blondes, dénoncer un habitant du village qui avait dit du mal d'Hitler. La terreur régnait. Le monde entier devenait menaçant - à partir de 1933, même la lisière de la forêt, à l'arrière de notre jardin, qui provoquait l'émerveillement de l'enfant que j'étais, semblait être devenue hostile.
François DUFAY
Ecrivain, essayiste et traducteur, Georges-Arthur Goldschmidt a publié de nombreux ouvrages, dont Le Poing dans la Bouche, La Traversée des fleuves, et reçu plusieurs distinctions importantes outre-Rhin.
François Dufay est le rédacteur en chef de la rubrique Livres de l'Express.
Extrait du livre :
UN ENFANT BLOND SOUS LE IIIe REICH
- François Dufay : Peu de nos contemporains ont, comme vous, le terrible privilège d'avoir grandi dans l'Allemagne nationale-socialiste. Reconnaissez-vous votre propre expérience dans l'image que donnent de la période nazie les innombrables livres et films qui lui sont aujourd'hui consacrés ?
- Que les auteurs de ces livres et de ces films me pardonnent : tout ce que l'on écrit sur le nazisme, quand cela ne procède pas d'une connaissance en profondeur de l'Allemagne, me paraît bien souvent un peu vain. Car il y manque généralement une dimension essentielle : on n'y ressent pas ce qu'enfant, j'ai éprouvé au plus profond de moi-même, la peur.
La peur, à cette époque, était permanente, totale, omniprésente, elle imprégnait tout, mêlée d'enthousiasme national contraint. Elle prenait l'aspect de types revêtus d'uniformes caca d'oie, les SA, devant qui il fallait lever le bras et crier «Heil Hitlaa», avec deux «a». Ou même d'enfants en uniformes noirs qui, sous prétexte de quêter pour l'«aide d'hiver», (Winterhilfe) venaient vérifier à votre domicile que vous aviez bien un exemplaire de Me in Kampfet un portrait du führer ! J'ai vu, un jour de 1936 ou 1937, une de mes camarades de classe, aux nattes blondes, dénoncer un habitant du village qui avait dit du mal d'Hitler. La terreur régnait. Le monde entier devenait menaçant - à partir de 1933, même la lisière de la forêt, à l'arrière de notre jardin, qui provoquait l'émerveillement de l'enfant que j'étais, semblait être devenue hostile.
Fiche détaillée : Conversation avec François Dufay
| Auteur | Georges-Arthur Goldschmidt |
|---|---|
| Editeur | CNRS Eds |
| Date de parution | avril 2008 |
| ISBN | 2271066492 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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