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Ca Franck Venaille
- Poésie (broché). Paru en 02/2009
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Je suis parti, il y a si longtemps, des rives du Schelde pour l'Ombrie et la Vénétie avec arrêt monumental à Paris.
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Le Mot de l'éditeur : Ca
Je suis parti, il y a si longtemps, des rives du Schelde pour l'Ombrie et la Vénétie avec arrêt monumental à Paris.
*
J'habitais alors sous le soleil tiède des plaines du nord de l'Europe. C'est peut-être pourquoi je me suis égaré dans cette banlieue de vivre
*
À quelques centimètres de l'eau du canal
De lourds pavés, venus dirait-on des Flandres, soutiennent les bâtiments, entrepôts, halls d'embarquement, ils en forment le sol.
Ils sont la force. Ils sont la puissance.
Ils ne fuient pas dans le remords, la mauvaise conscience. Ils sont lucides.
Et savent que la grandeur est passée : au revoir grandeur !
Désormais c'est à vous, écrivains du Nord, d'opérer la liaison avec ceux d'Ombrie et de Vénétie.
*
Mais qui parle de ça ? De quel droit ? Et selon quels critères ? Ça partage le monde de la forme en deux camps. Vocifèrent d'un côté ceux qui n'admettent pas la présence (en tant qu'esthétique) de ça. S'interrogent de l'autre, celles et ceux qui prêtent à ça quelques-unes de leurs angoisses soudainement matérialisées. Le monde de ça est étrange : gris comme la mer du Nord, mouvant et dur, intériorisé et bien avare de paroles. Ça, ne crie jamais. Ça est né muet. Et traîne avec soi des relents de faute. Il y a de la scène primitive là-dedans.
*
J'habitais alors sous le soleil tiède des plaines du nord de l'Europe. C'est peut-être pourquoi je me suis égaré dans cette banlieue de vivre
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À quelques centimètres de l'eau du canal
De lourds pavés, venus dirait-on des Flandres, soutiennent les bâtiments, entrepôts, halls d'embarquement, ils en forment le sol.
Ils sont la force. Ils sont la puissance.
Ils ne fuient pas dans le remords, la mauvaise conscience. Ils sont lucides.
Et savent que la grandeur est passée : au revoir grandeur !
Désormais c'est à vous, écrivains du Nord, d'opérer la liaison avec ceux d'Ombrie et de Vénétie.
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Mais qui parle de ça ? De quel droit ? Et selon quels critères ? Ça partage le monde de la forme en deux camps. Vocifèrent d'un côté ceux qui n'admettent pas la présence (en tant qu'esthétique) de ça. S'interrogent de l'autre, celles et ceux qui prêtent à ça quelques-unes de leurs angoisses soudainement matérialisées. Le monde de ça est étrange : gris comme la mer du Nord, mouvant et dur, intériorisé et bien avare de paroles. Ça, ne crie jamais. Ça est né muet. Et traîne avec soi des relents de faute. Il y a de la scène primitive là-dedans.
Fiche détaillée : Ca
| Auteur | Franck Venaille |
|---|---|
| Editeur | Mercure De France |
| Date de parution | février 2009 |
| Collection | Poesie |
| ISBN | 2715228813 |
| Illustration | Pas d'illustrations |
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