Paris murmures
Claude Renaud, broché
PARIS murmures
Murmures de Paris,
Murmures des images, murmures de l'eau
Le temps passe, le temps revient...
Claude Renaud nous invite à partager, grâce à une centaine de photographies inédites, les découvertes et la poésie de ses reportages dans le Paris des années soixante.
Dans la grande tradition des photographes humanistes, il porte sur la ville et ses paysages comme dans le choix de ses sujets, un regard plein de sensibilité et de connivence, le regard d'un amoureux. Il y a dans ces images l'authenticité fidèle de son témoignage et une recherche esthétique qui le caractérise comme le souligne dans sa préface, Laure Beaumont-Maillet, directeur honoraire du Département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale de France.
Paris Murmures est le second volet d'un diptyque inauguré avec l'ouvrage Paris en Mémoire.
Murmurs of Paris... this book conveys us back to the Paris of the sixties through the sharp lens of a photographer who has been in love with the city all his life.
Extrait du livre :
Puisant dans la vaste collection des photographies qu'il a prises au cours de plusieurs décennies, au hasard de ses promenades de piéton parisien, pour livrer au public les images qui ont façonné son regard et nourri sa sensibilité, Claude Renaud a déjà publié le joli Paris en mémoire auquel ce nouvel ouvrage fait suite. La centaine de photographies qui constitue ce deuxième volume a été prise entre 1957 et 1967, c'est-à-dire dans les dernières années où la photographie humaniste régnait encore, toute-puissante, avant de connaître l'éclipsé que l'on sait, due au déferlement de la photographie américaine.
S'il m'a demandé quelques mots en guise de préface et si j'ai bien volontiers accepté, c'est qu'il se place dans la double tradition, qui me tient à coeur depuis des années - pour ne pas dire depuis toujours - de la photographie humaniste et de l'iconographie parisienne, qui sont d'ailleurs inséparables.
Mon goût pour la photographie humaniste, je ne cherche pas à le dissimuler, réside aussi dans un regret du passé (que je me reproche !). Chaque image m'évoque un souvenir. Le Quatorze-juillet, fête populaire par excellence... aujourd'hui la forêt des périscopes a disparu. Les peintres des rues aussi (où sont-ils donc allés ? Chassés par la pollution, par la circulation, exterminés par la mévente de leurs croûtes ?). Les religieuses en costume appartiennent à des temps révolus, comme les belles corbeilles ovales de fruits et légumes du marché de la rue Mouffetard, remplacées par d'horribles cageots aux angles agressifs. Les «pipos» promenaient naguère encore leurs uniformes et leurs bicornes sur la montagne Sainte-Geneviève, jusque dans certain bistrot auquel leur surnom avaient donné un nom, bistrot qui régalait de la même bibine polytechniciens et élèves des «prépas» du lycée Henri IV. Hélas ! La prestigieuse école a quitté la rue Descartes pour une lointaine banlieue. La neige même, dont Marcel Bovis disait si joliment qu'elle «transfigure la demeure des hommes et garde les traces éphémères de leur cheminement laborieux», la neige même disparaît de Paris.
En feuilletant la maquette, une surprise : j'aperçois l'entrée, condamnée, des anciens ateliers de Roullet et Decamps, rue du Parc-Royal, fabricants d'automates et réalisateurs, pendant de longues années, des vitrines animées qui enchantaient petits et grands à l'approche de Noël. Cette vision me fait pousser un petit soupir de mélancolie : c'est la fin du rêve.
Extrait de la présentation de Laure Beaumont-Maillet, Directeur honoraire du Département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale de France :